Association for Free Research and International Cooperation

Mercy Ships : les navires de l’espoir

13.12.2019
Article de la rédaction AFRIC
La santé n’a pas de prix. Si ce dicton devenu populaire est vrai dans son principe compte tenu de l’influence négative que peut avoir la maladie dans la société, force est de constater que rester en santé n’est pas toujours aisé. Parfois la santé demande un coût énorme qui n’est pas de l’apanage de tous. Pour pallier à ce manque d’opportunités sanitaires, plusieurs associations bénévoles, spécialisés dans le domaine médical, ont décidé de se mobiliser pour apporter leur concours et donner le sourire aux personnes les plus vulnérables. Dans leurs rangs, figure l’ONG humanitaire internationale Mercy Ships. Signifiant en français navires de l’espoir, Mercy Ships, est une association à but non lucratif basée sur des valeurs chrétiennes dont la mission consiste à améliorer l’accès aux soins de santé dans les pays d’Afrique en voie de développement.

L’objectif de Mercy Ships est très simple. Si des personnes vulnérables ne peuvent aller vers la santé faute de moyens ou de proximité, la logique serait que ce soit la santé qui vienne à eux ; même si ce n’est que de manière sporadique à travers des navires-hôpitaux. Pour réaliser cet objectif, trois bateaux ont déjà été armés par l’association suisse. Après les deux premiers bateaux constitués pour la cause ; l’ « Anastasis », un paquebot italien, et le « Caribbean Mercy », un ferry danois, c’est aujourd’hui l’ « Africa Mercy » qui traverse les mers du globe pour prodiguer des soins aux personnes les plus démunis et plus nécessiteuses. Depuis sa création en 1978, Mercy Ships totalise un bilan positif qui fait de lui, avec son nouveau bateau armé, l’Africa Mercy, l’une des associations les plus importantes au monde.

Présentation de l’Africa Mercy

La seule résonnance du nom Mercy Ships dans un pays suffit à redonner de l’espoir à plusieurs personnes. À nos jours, les habitants de 18 pays de l’Afrique, la principale région bénéficiaire, ont déjà connu la joie de recevoir des soins médicaux gratuits des navires-hôpitaux de Mercy Ships. Alléger le fardeau de la maladie et de la détresse parmi les pauvres et les exclus en offrant des interventions chirurgicales correctrices et spécialisées est ainsi devenu son seul crédo.

D’une capacité de 1.200 m2, l’Africa Mercy est le plus grand navire-hôpital au monde. Comme tout hôpital moderne, il est divisé en plusieurs compartiments. Pour son cas spécifique, il se divise en cadrans contenant des équipements et des services. Avec cinq blocs opératoires et une salle de réveil de soins intensifs de 4 lits, le navire Africa Mercy, loin devant ses prédécesseurs, présente aujourd’hui la composition la plus complète. Il dispose aussi de multiples salles d’hospitalisation, de 80 lits, d’un scanner, d’un service de radiologie et de laboratoire. D’autres infrastructures, nécessaires pour l’épanouissement des personnes qui sont prises en charges, existent à bord de l’Africa Mercy. Entre autres infrastructures, on peut citer des écoles, une piscine, des supermarchés ou encore des espaces de sports.

À bord de l’Africa Mercy, c’est en moyenne 400 professionnels qualifiés, venant de 40 nations différentes qui offrent leurs services bénévolement. Contrairement aux malades présélectionnés qui reçoivent des soins gratuitement, ces professionnels eux, doivent encore payer pour assurer le fonctionnement du navire.

Organisation et sources de financement

Avec des actions concentrées sur le continent africain par le biais des activités de l’Africa Mercy, Mercy Ships enregistre chaque année plus de 1 100 bénévoles qui mettent leurs atouts et leur philanthropie au service des plus démunis. Outre les 400 professionnels du corps médical provenant de 40 nations qui composent cet effectif de qualité, il faut relever que le navire a aussi besoin d’électriciens, de menuisiers, de cuisiniers, de coiffeurs, d’hôtesses, de réceptionnistes, d’officiers, de mécaniciens, d’enseignants, d’aumôniers, entre autres. Pour Charlie Camilleri, gestionnaire principal de l’ingénierie au sein du navire, « chacune de ces personnes est un maillon indispensable dans la chaîne. Le chirurgien est certes très important, mais il a besoin de l’électricien, car sans lui, il ne peut rien faire ».

Pour ce qui est des sources de financement, l’ONG Mercy Ships, pour exercer correctement ses missions à travers le monde fait beaucoup plus appel aux dons et legs. D’après le « rapport financier Mercy Ships Suisse 2017 », il ressort que pour l’année 2017 par exemple, Mercy Ships a dû compter sur la fidélité de ses donateurs pour pouvoir couvrir ses charges et soutenir le travail du navire flottant. En plus du nombre croissant de bénévoles suisses qui se sont engagés à bord du navire cette année-là, 62 autres bénévoles ont offert un total de 5439 jours de service, représentant une économie record de 3,7 millions de francs Suisse (CHF). Pour un total de 4 698 315 CHF moins les charges qui s’élevaient à 9 692 CHF, la ventilation des revenus financiers de l’année 2017 s’est faite entre plusieurs rubriques bien spécifiques. 3 187 614 CHF pour les dons et legs (dons non désignés), 1 246 071 CHF pour le compte des dons désignés, 241 379 CHF dons du Personnel Africa Mercy et 32 944 comme autres produits. 25% de cette somme a été utilisé comme frais de fonctionnement et les autres 75% comme dépenses sur le terrain.

Des soins gratuits

La nature première de l’ONG humanitaire internationale Mercy Ships est qu’elle est constituée pour offrir « gratuitement » des soins aux personnes les plus démunies des pays du Sud. Les personnes présélectionnées pour y recevoir des soins ne doivent donc débourser le moindre centime. Tout le package est gratuit, quelle que soit la maladie qui est prise en charge. Seuls les gouvernements des pays où le bateau accoste, généralement pour des missions de dix mois, doivent dans la majeure partie des cas s’impliquer financièrement et matériellement pour permettre et faciliter le bon déroulement de la mission. Pour le cas du Cameroun par exemple, le gouvernement avait dû financer le carburant du navire Africa Mercy, le transport des patients jusqu’au bateau hôpital et participe à la communication autour de l’initiative de l’ONG.

Actuellement, le navire-hôpital qui séjourne au Sénégal, depuis le 14 août 2019 et ce jusqu’en juin 2020 est dans la même configuration de la gratuité des soins. Pendant ces dix mois, des milliers de sénégalais auront donc la chance de se faire soigner gratuitement à bord du bateau qui séjourne au port autonome de Dakar. Estimés à environ 3 000, les patients qui sont présentement traités à son bord, n’ont pour la majorité pas les moyens de se faire opérer dans les structures publiques du pays. En plus de cette gratuité des soins, c’est aussi des emplois qui sont créés chaque fois que le navire-hôpital Africa Mercy accoste dans un pays.

Des emplois créés et des formations offertes

Chaque fois que le navire-hôpital Africa Mercy accoste dans un pays, en plus des soins gratuits qui sont généralement offerts, c’est aussi des emplois qui sont créés et des formations qui sont données aux aspirants de la médecine. Au Sénégal par exemple où le navire séjourne actuellement, le ministre de la santé a tenu à préciser que la venue du navire dans le pays présente une opportunité pour les nombreux jeunes sénégalais qui voudraient mettre leurs compétences au service de la communauté. Ces jeunes sénégalais exercent dans le bateau en tant que volontaires et sont rémunérés de manière proportionnelle.

En plus de ces emplois créés, la venue des navires de Mercy Ships est également l’occasion pour des professionnels de la santé de pouvoir renforcer leurs connaissances et techniques en matière de chirurgie. Le personnel médical des villes visitées reçoit à chaque fois systématiquement des formations destinées à améliorer leurs connaissances et la pratique de chirurgie opératoire. C’est pour cette raison que le navire-hôpital est doté d’écoles où étudient des centaines d’élèves. L’objectif dans le long terme est alors, non seulement de répondre aux besoins chirurgicaux immédiats de la population, mais également de rendre des pays indépendants et capables de former adéquatement des médecins, chirurgiens et autres professionnels de la santé. Grace à cela, même après le départ du navire-hôpital, les soins médicaux dans ces pays ne sont pas suspendus.

Le déficit médical à combler

La mission de l’ONG Mercy Ships à travers le monde vise à combler le déficit médical dont souffrent les malades éparpillés partout à la surface du globe. Selon une étude récente publiée en 2010 dans la revue médicale « The Lancet » intitulée, Global Surgery 2030, c’est plus de 5 milliards d’êtres humains qui n’ont pas un accès suffisant à des soins chirurgicaux essentiels, c’est 40% au moins des cas chirurgicaux qui sont non-traités par an en Afrique subsaharienne, c’est 85% des enfants qui ont besoin des soins chirurgicaux avant l’âge de 15 ans et c’est enfin 32,9% des décès dans le monde qui sont liés à un manque d’accès aux soins chirurgicaux.

Cette étude, montre également qu’en Afrique de l’ouest et Sub-saharienne, ce sont 93% des personnes qui sont privées de soins chirurgicaux. Une zone où on compte en moyenne deux médecins pour 10 000 habitants, contre 32 en Europe, selon l’OMS. Même l’espérance de vie n’y est que de 52 ans, contre 74 en Europe. Au-delà du drame humain, le groupe d’étude « Lancet Commission on Global Surgery » met en évidence les conséquences économiques désastreuses de problèmes chirurgicaux non-traités. Sans une amélioration urgente de leur système de santé d’ici à 2030, les pays à revenu faible ou intermédiaire subiront des pertes de 12,3 milliards de dollars à cause d’un manque d’accès aux soins chirurgicaux. Cela réduira la croissance annuelle du PIB de ces pays de 2%.

L’espoir en chiffres

À travers l’ensemble de ses programmes chirurgicaux, Mercy Ships a déjà réalisé plus de 82.000 opérations qui ont transformé ou sauvé des vies. À travers l’Afrique, c’est plus de 2.5 millions de personnes qui ont déjà bénéficié ses soins. Partout où les membres de cette mission humanitaire sont passés, c’est toujours un bilan positif qu’ils ont laissé derrière eux. À Douala, au Cameroun, le personnel soignant de Mercy Ships a prodigué entre le 16 aout 2017 et le 5 mai 2018, des soins à 2 468 patients en chirurgie orthopédique, maxillo-faciale, plastique, ophtalmologique et fistulo-obstétricales, 10 318 patients en soins dentaires et plus de 24 401 autres consultés par des ophtalmologistes. Par ailleurs, 82 personnels sanitaires ont été encadrés en ortho rhino laryngologie (ORL), ophtalmologie, fistules obstétricales, soins intensifs et brûlures tandis que 1 432 médecins camerounais ont été formés en soins primaires en traumatologie, gestion de la douleur, agriculture nutritionnelle.

Ce bilan élogieux n’est pas seulement du seul crédit des pays de l’Afrique Centrale puisque depuis 1990, Mercy Ships a conduit une trentaine de missions sur le terrain dans 12 pays d’Afrique de l’ouest y compris le Togo (5 janvier au premier 15 juin 2012). Dans ce pays c’est plus de 3 099 patients vus en consultation et traitements ophtalmologiques, 1 718 lunettes distribuées, 272 interventions de chirurgie maxillo-faciale, 291 interventions de chirurgie générale et 4 071 patients reçus en consultation d’hygiène bucco-dentaire.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google images & mercyships /illustration

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