Association for Free Research and International Cooperation

Expulsion de Nathalie Yamb de la Côte-d’Ivoire : une victoire contre l’impérialisme ?

03.12.2019
Article de la rédaction AFRIC
« La France-Afrique est la cause de tous les malheurs des États africains francophones ». Voilà une simple phrase, devenue aujourd’hui virale, qui a ouvert la porte à l’expulsion obscure de Nathalie Yamb de Côte d’ivoire. Éveilleuse de conscience, de liberté et de démocratie, Nathalie Yamb est une Suisse d’origine Camerounaise qui milite depuis longtemps pour l’extinction de la Françafrique. Résident en Côte d’Ivoire depuis de très longues années, Nathalie Yamb, au-delà de son combat contre la politique française en Afrique, est une politicienne engagée au sein du parti politique d’opposition LIDER du Pr. Mamadou Koulibaly, dont-elle est la conseillère exécutive. Après avoir travaillé comme professionnelle, responsable directeur des ressources humaines chez MTN Abidjan Côte d’Ivoire et MTN Afrique de l’Ouest, Nathalie Yamb a choisi de se donner pleinement dans sa nouvelle mission

Lutter pour une nouvelle Afrique favorable à l’émancipation des peuples et à tout ce qui est antidémocratique. Sous cette nouvelle casquette, elle ne s’est pas montrée tendre avec les systèmes politiques africains qui servent de sous-préfecture à la France comme celui d’Alassane Ouattara de Cote d’ivoire ou encore celui de Paul Biya du Cameroun, à qui elle reproche l’effritement progressif d’un pays jadis voué à la prospérité.

Un combat pour l’Afrique

Depuis très longtemps, Nathalie Yamb s’est inscrite comme une défenseure de la souveraineté de l’Afrique. Celle qui ne se cache pas pour critiquer la politique du « vol et du terrorisme » que pratique la France en Afrique mène un combat juste pour un continent qui, « très riche », fait pourtant partie de la caste des continents les plus nécessiteux au monde. Dans son combat, elle critique tous les systèmes africains vieux, adeptes de la France, qui se préoccupent beaucoup plus de leurs richesses personnels plutôt que l’intérêt du peuple. Elle appelle à l’unisson autour d’une seule cause : l’« amour de l’Afrique », et non plus à la formation des alliances qui se font contre des personnes et non contre des systèmes comme on a pu l’observer en Côte d’Ivoire. Tout comme le scénariste Souleymane Boel, Nathalie Yamb pense que, « la lutte contre l’impérialisme est une nécessité pour conserver le respect entre les peuples ».

Combat contre le Franc CFA

Tout comme d’autres panafricanistes à l’instar de Kemi Seba, Nathalie Yamb a fait de la lutte contre le Franc CFA, la monnaie coloniale, une de ses grandes priorités. Pour elle, le Franc CFA ne permet pas un développement propice de l’Afrique Francophone. Allant plus loin, elle est déjà monté au créneau pour fustiger le projet de la nouvelle monnaie « ECO », qui, d’après elle, ne serait qu’un transfuge du Franc CFA. « Nous voulons sortir du Franc CFA que Paris, avec ses laquais africains, veut pérenniser sous l’appellation ECO, et qui ne permet aucune industrialisation de l’Afrique francophone. La conquête de notre souveraineté monétaire est capitale. Car la seule stabilité que le Franc CFA garantit aux pays qui l’utilisent sont la mauvaise gouvernance, la pauvreté et la corruption », a-t-elle mentionnée.

 

Lors du dernier Sommet Russie-Afrique organisé à Sotchi les 23 et 24 octobre 2019, Nathalie Yamb, appelé à intervenir sur « les urgences de développement de l’Afrique francophone, la souveraineté, les valeurs africaines et le rôle de la Russie » en Afrique, avait fustigé la Françafrique. Devant un parterre de représentants du continent, l’éveilleuse de conscience avait appelé la Russie à s’impliquer davantage pour rééquilibrer le Rapport de force avec la France qui continue de se comporter comme un « mercenaire » en Afrique. Profitant de la Tribune a elle offerte, elle n’avait pas manqué de faire l’autopsie de la Françafrique qui, « est la cause de tous les malheurs des États africains francophones ». Sans mettre alors de gants, elle avait critiqué ouvertement le néocolonialisme continu de la France qui même aujourd’hui encore, traite l’Afrique comme un de ses « enclos ».

Suppression des pages Facebook et Wikipédia

Quelques jours après la brillante intervention de Nathalie Yamb au Sommet de Sotchi, ses pages Facebook et Wikipédia ont été simultanément supprimées. Simple coïncidence ou preuve de l’impact du combat qu’elle mène ? Pis, la page Facebook de l’Association pour la Recherche Libre et la Coopération Internationale (AFRIC), dont elle est très proche a été désactivée le 29 octobre 2019 par le réseau social, sans aucune explication. Face à cette machination destinée à la faire taire et sans aucune inquiétude, Nathalie Yamb a plutôt soulevé sa fierté. « C’est la preuve que le combat que nous menons est une cause noble et que la peur a changé de camp », avait-elle soulevé.

Le constat d’une expulsion commanditée

Les critiques vigoureuses de Nathalie Yamb à l’encontre du président ivoirien Alassane Ouattara et la politique française en Afrique auront finalement eu raison de son l’expulsion de Côte d’Ivoire, ce lundi 02 décembre 2019. Seulement, sans le respect d’aucune forme de démocratie, cette expulsion apparaît beaucoup plus comme une « conspiration » pour se débarrasser d’une « enfant de l’Afrique ». Sans aucun motif mentionné, mais juste avec l’inscription urgent, une convocation lui a été adressée le vendredi 29 novembre 2019 par le service des enquêtes générales de la préfecture de police d’Abidjan.

Les prémisses d’une victoire contre l’impérialisme

S’exprimant sur la question de l’expulsion de sa conseillère exécutive, le Pr Mamadou Koulibaly, président du parti LIDER, a relevé la caractère abject et lâche d’une telle mesure. On lui reproche « une activité incompatible avec l’intérêt de l’État », a-t-il souligné. Seulement, Nathalie Yamb considère cette lâcheté comme une victoire sur le néocolonialisme. « Ils nous rendent tellement plus forts en agissant comme ils le font. On avance. Les choses doivent changer. Les choses vont changer », a-t-elle martelé en invitant tous les africains à poursuivre le combat pour la libération complète du continent.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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