Association for Free Research and International Cooperation

Pasteurs africains : Hommes de Dieu ou hommes d’affaires ?

28.11.2019
Article de la rédaction AFRIC
Il y a quelques siècles, les hommes de Dieu étaient des symboles d'humilité, de simplicité et des exemples même d’un mode de vie modeste. Sauf qu’avec l’évolution, le sous-emploi, les choses ont changé, et pas toujours dans le bon sens.
L'Afrique abrite aujourd'hui le plus grand nombre d'églises avec plus de pasteurs, de prédicateurs et de prophètes que tout autre continent. Avec cette augmentation du nombre d'églises et d'hommes de Dieu, on s'attendait à voir les chrétiens africains abonder dans un style de vie spirituel idéal, dicté par l’exemple des pasteurs et prédicateurs dont le but premier est la recherche du paradis à la fin de toute vie sur terre, conformément aux enseignements.

Seulement, dans la réalité quotidienne, la plupart de ces pasteurs ont des choses plus urgentes à faire que de prêcher la parole de Dieu. Dans leur sillage, le christianisme semble aujourd’hui être le commerce le plus florissant du continent. Il est facile de créer une église sur le continent, puisque dans la plupart des cas, il n’existe aucune astreinte relative au paiement d’une quelconque taxe ou d’un impôt. Ajouté à tout cela,  il faut combiner avec la disponibilité d’une clientèle (les croyants) presque toujours active qui facilite les choses. Face à ce mercantilisme de la parole de Dieu, les églises ont changé leur approche pour attirer beaucoup plus d’adeptes. Aujourd’hui, leur but premier est de rassembler le plus grand nombre d’adeptes, pas nécessairement pour prêcher le ciel et la seconde venue du Christ, mais bien pour préparer leur prospérité et leur richesse personnelle.

Qu’est-ce qui fait des pasteurs africains des hommes d’affaires ?

L’aspect le plus courant qui prouve que les pasteurs africains sont des hommes d’affaires est le fait qu’ils produisent et vendent des « produits spiritueux » à leurs disciples. Certains de ces produits sont de l’eau « bénite », du sel, de l’huile pour l’onction, des bracelets, des autocollants, des mouchoirs et autres objets étranges. La plupart de ces pasteurs écrivent des livres de prières et de délivrance et les commercialisent à prix d’or. D’autres vont même plus loin et prélèvent des frais de consultation pour les chrétiens qui viennent chercher conseil ou assistance.

Le style de vie somptueux et extravagant auquel se livrent certains de ces pasteurs est une preuve évidente qu’ils sont davantage des hommes d’affaires plutôt que des hommes de Dieu. Certains d’entre eux possèdent de grandes richesses et valent des dizaines de millions de dollars. D’autres, encore plus friands de l’extravagant possèdent des jets privés, des voitures de luxe, vivent dans des manoirs et ne portent que des costumes et des chaussures de créateurs. Ils envoient leurs enfants dans les meilleures écoles du monde.

Tout ceci aux frais des chrétiens qui deviennent aux yeux desdits pasteurs plus des contributeurs qu’autre chose. Le comble étant que ces adeptes/chrétiens, membres de ces nouvelles églises mènent une vie extrêmement difficile qui se résume à la misère et la pauvreté. Dans l’ensemble, ces pasteurs africains vendent la foi. Les pasteurs africains sont des experts en vente. Ils vendent en grande pompe la foi à leurs disciples. Ils incitent les chrétiens à semer des « graines » pour l’ »église » afin de recevoir des bénédictions. Ils profitent surtout du désespoir des Africains pour leur dire exactement ce qu’ils veulent entendre compte tenu de leurs conditions de précarité sauvage. Ils prophétisent et promettent le mariage aux hommes et femmes célibataires, ils vendent le rêve de nouveaux emplois pour les jeunes sans emploi, des visas pour ceux qui en demandent, la santé pour les malades qui normalement doivent se rendre à l’hôpital et une richesse futures pour les pauvres qui se seront suffisamment appauvris pour les rendre eux davantage plus riches. Ils organisent des parades de « délivrances » dont les réalisations tiennent lieu de mie en scène. Pourtant, malgré toute la supercherie des promesses avancées, les « chrétiens » présents, en rang dans ces églises sont davantage motivés car, ils espèrent voir un changement dans leurs situations actuelles.

Plusieurs de ces pasteurs africains ne prêchent que l’évangile de prospérité. Hors, il est pourtant connu de tous que pour voir le ciel, chacun doit porter sa croix et marcher sur les traces de Jésus-Christ ; la croix ici étant considérée comme le symbole des défis auquel est confronté le chrétien quotidiennement. Alors, au lieu d’insister sur cet aspect, ces faux prédicateurs se contentent de dire aux chrétiens que la souffrance n’existe pas au ciel et que par conséquent il faut absolument souffrir sur la terre pour y gagner sa place. Pour ceux des fidèles qui se contentent de prendre ces paroles au premier degré, ils deviennent de véritables boîtes de pandore pour ces pasteurs qui eux ne font pas application des enseignements qu’ils distillent à longueur de journée sur l’argent. Au lieu d’investir le peu qu’ils ont pour se sortir de la précarité, les chrétiens en font plutôt des offrandes aux pasteurs qu’ils considèrent comme de la semence qui leur sera retournée spirituellement sous forme de bénédiction pour gagner le paradis.

La plupart de ces chrétiens africains sont des chasseurs de miracles. Ils s’assemblent derrière les prophètes capables de réaliser ces miracles. La source de leur pouvoir n’est pas un problème pour leurs partisans. C’est la raison pour laquelle les services de délivrance sont généralement remplis de chrétiens qui espèrent voir un miracle ou en faire exécuter un. En conséquence, ils sont prêts à payer n’importe quel montant juste pour que cela se produise.

Y a-t-il encore de vrais pasteurs en Afrique ?

Malgré le fait que l’Afrique regorge en quantité grandissante de faux pasteurs qui, pour certains, soumettent leurs disciples à des pratiques répréhensibles,  la nuance voudrait qu’il existe encore quelques-uns qui prêchent véritablement l’Évangile de Christ. Pour les premiers, on les voit parfois utiliser les fidèles comme des tapis où des chaises sur qui ils peuvent s’asseoir, se livrer à des séances d’exorcisme où les chrétiens sont nus, les obliger à manger de l’herbe ou encore à boire des produits dangereux.

Les seconds eux, ne prêchent pas l’évangile de la prospérité, mais celui de la sainteté et encouragent leurs chrétiens à suivre le chemin que Jésus a tracé pour le monde. Ils enseignent par l’exemple, en menant une vie simple et modeste. Ces vrais hommes de Dieu ne capitalisent pas sur les semences et les dons à l’église ; ils sont plus intéressés à conduire leurs croyants vers le chemin tant recherché du paradis.

Le désespoir et la paresse des Africains sont les principaux moteurs du succès de ces pasteurs devenus des hommes d’affaires. Pour ce faire, les Africains doivent se réveiller et comprendre que crier « amen » et « je reçois » ne leur facilite pas la vie au sens pratique. Ils doivent travailler dur pour que cela se produise et pouvoir discerner les faux prophètes et prédicateurs annoncés dans la Bible.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Creddit : google image/ illustration

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community