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Yaoundé dénonce la suspension de son traitement commercial préférentiel par Washington

20.11.2019
Lire l'original de l'article sur: fr.africanews.com
Yaoundé estime que Washington s’est basé sur une version erronée des faits pour retirer au Cameroun son traitement commercial préférentiel en raison de violiation des droits humains, a affirmé le ministre de la Communication lundi soir.

Les Etats-Unis ignorent “la réalité des faits sur le terrain” en accusant le Cameroun de violation des droits humains, a affirmé René Emmanuel Sadi dans une réponse à la télévision d’Etat lundi soir.

Le Cameroun fait face à un conflit meurtrier entre séparatistes anglophones et l’armée dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest, qui a fait plus de 3.000 morts, mais également à des attaques du groupe jihadiste Boko Haram dans l’Extrême-Nord.

Fin octobre, Washington avait décidé que des violations grossières et répétées des droits humains internationalement reconnus” justifiaient de priver dès la fin de l’année Yaoundé du traitement commercial préférentiel dont le pays bénéficiait dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa), une loi devant aider au développement sur le continent africain en encourageant le commerce.

Pour M. Sadi, les Etats-Unis font preuve “d’une ignorance ou d’une méconnaissance”, voire même “d’une volonté délibérée d’ignorer (la) réalité”.

Selon l’ambassade américaine au Cameroun, le pays d’Afrique a exporté 220 millions de dollars (environ 200 millions d’euros) de biens vers les Etats-Unis en 2018, dont 63 millions de dollars (57 millions d’euros) “au titre de l’Agoa”.

“Tout enjeu, si bénéfique soit-il, doit être” compatible avec l’unité de la nation, a répliqué le ministre.

Paul Biya, 86 ans et président du Cameroun depuis 37 ans, a fait dernièrement des concessions aux pressions venues de l‘étranger, notamment des Etats-Unis, de l’Union européenne et de France.

Il a notamment fait libérer son ancien rival durant la présidentielle de 2018, Maurice Kamto, ainsi qu’une centaine de ses partisans, qui étaient en prison depuis neuf mois, et a annoncé la tenue de législatives début 2020, après les avoir repoussées à deux reprises.

Mais la décision de Washington “devrait servir de signal d’alarme au gouvernement camerounais”, a estimé l’ONG Human Rights Watch dans un rapport, qui souligne notamment que les autorités ont empêché à plusieurs reprises M. Kamto de tenir des réunions politiques depuis sa sortie de prison.

Lire l’original de l’article ici.

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