Association for Free Research and International Cooperation

Soudan du Sud: formation d’un gouvernement d’unité dans l’incertitude

14.11.2019
Article de la rédaction AFRIC
Il y a environ huit ans, le monde a célébré la naissance d'une nouvelle nation appelée Sud-Soudan et la fin d'une longue guerre civile. Beaucoup ont perçu la naissance d'une nouvelle ère pour le nouveau pays et sa population, qui aurait vécu dans la misère alors qu'elle était en relation avec le Nord-Soudan. La philosophie a été mal conçue car l’indépendance n’a pas apporté de changements majeurs. L’indépendance ou l’autonomie n’a pas arrêté les conflits au Soudan.

Naissance d’une guerre civile

La lutte pour être à la barre oppose les Sud Soudanais depuis six ans maintenant. La relégation de Riek Machar du poste de premier vice-président en 2013 a ouvert une nouvelle phase d’amertume entre deux camps, celui du président Salva Kiir et de Riek Machar. Ce ressentiment s’est transformé en une guerre civile généralisée aux effets dévastateurs pour les Sud-Soudanais, vulnérables, pris au beau milieu d’une mêlée de force. On espérait une solution rapide en 2015 après que les deux parties eurent signé un accord de cessez-le-feu en présence de l’autorité intergouvernementale pour le développement, l’IGAD, sous la pression des Nations Unies. Cependant, depuis lors, le pays a été témoin de plusieurs accords et de cessez-le-feu qui ne se sont pas matérialisés, la nation étant restée dans le chaos jusqu’à aujourd’hui.

Comme l’a expliqué un analyste politique et défenseur du leadership, Walang Abang, il est difficile de trouver une solution concrète au conflit du Sud-Soudan, car il s’agit d’une guerre de personnalité entre Salva Kiir et Riek Machar ; d’où la complexité du conflit. La quête de la fin de la guerre s’est poursuivie avec le camp de Kiir et celui du principal chef des rebelles Machar, qui ont signé l’accord revitalisé sur la résolution du conflit au Soudan du Sud-R-ARCSS en 2018. Le dernier accord prévoyait alors un autre cessez-le-feu, la formation d’une unité de gouvernement et la nomination de cinq vice-présidents.

Intervention de l’ONU

L’UA et l’ONU ont déployé des efforts considérables pour régler le conflit qui a tué et participé au déplacement de millions de Sud-Soudanais. La mission du Conseil de sécurité des Nations Unies du 20 octobre a demandé aux parties belligérantes du Sud-Soudan de former un gouvernement inclusif le 12 novembre 2019, une période destinée à amener le pays à organiser des élections plus démocratiques. Toutefois, à l’approche de l’échéance, l’opposition semble hésiter à s’engager dans la formation du nouveau gouvernement. Jerry Matthews Matjila, ambassadeur sud-africain auprès des Nations unies et président du Conseil d’octobre, avait ainsi déclaré : « Nous avons pris note de la réduction de la violence politique qui a contribué au retour de 594 000 personnes déplacées, a augmenté la nourriture production, un meilleur accès humanitaire et un commerce accru entre les communautés ».

L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’ONU, Kelly Craft, a également déclaré : « Les dirigeants du Sud-Soudan ont la possibilité de parvenir à un compromis politique et de passer à la prochaine phase du processus de paix de manière crédible, transparente et responsable ». Par conséquent, la volonté d’arrêter la guerre ne peut venir que de Salva Kiir et Riek Machar.

L’opposition demande le report d’un nouveau gouvernement

Les espoirs de formation d’un gouvernement d’union le 12 novembre par les partis belligérants du Sud-Soudan sont encore en jeu, car le principal dirigeant de l’opposition, Riek Machar, a appelé à un report de six mois de la formation du gouvernement d’union tant attendu. Les six mois supplémentaires « laisseraient » de la place pour résoudre les problèmes, selon l’opposition. Selon Riek Machar et son équipe, le gouvernement du président Salva Kiir n’a pas tenu compte de la volonté politique de mettre en œuvre l’accord de paix. Riek Machar a fait valoir que les experts ne devraient pas négliger les situations instables que son camp veut contrôler. « Les problèmes critiques doivent être résolus. Les arrangements de sécurité doivent être au moins mis en place. Sinon, le cessez-le-feu, dont nous bénéficions depuis un an, sera rompu. Nous voulons ce pays pacifique », at-il répété.

Ils ont exhorté le président Kiir à libérer les fonds qu’il avait accepté de dépenser pour le déploiement de l’accord. Le président Kiir n’a toutefois pas réagi à la déclaration de Machar, mais s’est dit prêt à former un nouveau gouvernement avant le 12 novembre. Il a appelé l’opposition à fuir le ressentiment et à engager des discussions constructives pour l’intérêt du peuple. Il ne veut donc plus être un acteur des souffrances du peuple et veut faire disparaître la réalité du dicton africain selon lequel « quand deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre ». Ce dicton est aujourd’hui une définition claire de ce qui se passe au Soudan du Sud depuis plus de cinq ans, le peuple étant le plus meurtri des violences qui opposent les deux camps.

De ces violences et luttes politiques internes, environ 4,3 millions de personnes, principalement des enfants, ont été déplacées et plus de 400 000 ont été tuées. La conséquence de l’incapacité à former un gouvernement inclusif continue alors de représenter une menace majeure pour la population toujours plus vulnérable. Ces conflits et troubles politiques qui prévalent dans la société Sud Soudanaise actuelle sapent considérablement le rêve de la construction d’une Afrique unifiée.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit: google image/illustration

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community