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Préparation du sommet sur la paix au Niger, et l’inquiétude sécuritaire au Sahel

08.11.2019
Article de la rédaction AFRIC
Si jusqu’ici, l’ONU, dans l’exécution de ses missions, a réussi à maintenir à l’échelle mondiale, une paix « durable » entre les pays du globe, ce malgré l’existence de quelques manquements observés çà et là, c’est aussi et surtout parce que, des organismes et des personnes accessoires, conscients de l’importance de la stabilité dans le monde se sont mobilisés à cet effet. Dans ce sillage, plusieurs Forum et Sommet sont régulièrement organisés à travers le monde par des personnes ou institutions entreprenantes au point où une routine s’est installée dans les habitudes des organisateurs. Parmi les différents Sommets sur la Paix qui sont régulièrement organisés dans le monde, figure alors en bonne posture celui organisé sur le continent africain.

Le Sommet sur la paix en Afrique, organisé dans l’optique d’atteindre les objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, est connu comme un événement d’envergure. Pour cette édition, il va se tenir du 28 au 30 novembre 2019 à Niamey, capitale du Niger. 3e Sommet continental de l’Afrique pour la paix, ce Sommet, est le troisième événement d’envergure internationale que la capitale nigérienne va abriter en l’espace de quatre mois. Après la 33e session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine (UA) et la cinquième conférence des Ministres de la Culture des Groupes des États d’Afrique, des caraïbes et du Pacifique, c’est au tour du Sommet Continental de l’Afrique pour la « paix, la sécurité et le développement durable ». Le choix du Niger peut aussi être perçu comme une aubaine pour les pays du Sahel qui, cristallisent toutes les attentions, du fait la grande insécurité qui y prévaut actuellement. Après les efforts salutaires l’UEMOA qui projette envoyer des troupes pour le renforcement de la sécurité dans la zone, le Sommet du 28 novembre sera également le lieu de saluer l’engagement de micro forces rebelles de la zone qui ont fait de la paix leur nouvel objectif. C’est tout l’exemple du Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (HCUA), une force rebelle qui opère au Mali, qui malgré ses velléités séparatistes d’antan, a opté pour la construction d’une paix durable en envisageant la possibilité de se convertir en parti politique.

Les objectifs du Sommet

Placée sous la présidence du chef de l’État nigérien Mahamadou Issoufou, cette rencontre a été baptisée Sommet Continental de l’Afrique Niger 2019 (Scan). Selon un communiqué de l’Agence UA Niger 2019, qui a été commis pour coordonner l’organisation de l’événement, ceci en raison de sa réussite dans l’organisation des Sommets de l’UA en juillet dernier, marquant la phase opérationnelle de la Zone de libre-échange continentale Africain (ZLEC), cette grande réunion pour la paix organisée sur le continent a pour thème, « la construction d’une Afrique pacifique, unie et prospère centrée sur les valeurs universelles : paix, sécurité, réconciliation, indépendance, prospérité mutuelle et valeurs universelles ». De par la construction de cette thématique, il est donc certain que le devoir d’une Afrique en accord avec les ODD soit devenu la chose de tous.

Parmi les multiples objectifs qui ont été assignés à ce Sommet, le principal lui, est construit autour de bases solides et futures pour le maintien d’une paix durable dans le continent. Intitulé dans une formule longue, l’objectif principal de ce sommet est celui de « promouvoir le projet pour une Afrique céleste qui contribuera largement à soutenir les efforts des dirigeants africains pour la paix, la sécurité, la réconciliation, le développement humain, la réalisation des idéaux de l’UA et les objectifs du développement durable des Nations Unies ». En toile de fond, elle vient donc en appui aux dirigeants africains pour la promotion du projet pour une Afrique en paix, unie, prospère et résiliente aux changements. Elle sera aussi un cadre de soutien aux efforts des différents dirigeants et forces du continent qui militent pour l’atteinte des ODD.

La signature d’un mémorandum d’entente en prélude

Pour faciliter l’organisation de ce Sommet, plusieurs autorités, étatiques et non étatiques, ont dû mettre ensemble leurs intérêts communs pour la bonne réalisation de cette grande réunion pour la paix. À ce sujet, l’implication d’une délégation de la Fédération pour la Paix Universelle (FPU) a été jugée salutaire. Conduite par Mme Katherine Rigney, présidente de la Fédération pour la Paix Universelle au titre de l’Afrique, qui s’est fait accompagner pour l’occasion par M. Mahamane Ousmane, ancien président du Niger, cette délégation a été reçue le jeudi 17 octobre 2019, au palais de la présidence par le président Mahamadou Issoufou. Une fois les discussions terminées autour de l’organisation du Sommet, pour la plupart axées autour des préoccupations actuelles des pays du continent, toutes les questions liées au développement du continent, telles que l’éducation, la santé, la sécurité ont été abordées et elles seront au centre des discussions entre les diverses personnalités de rang mondial conviées.

Pour matérialiser toutes ces discussions, un « mémorandum d’entente » a été signé par les parties. Sous la coordination du premier ministre chef du gouvernement, Brigi Rafini, ce mémorandum d’entente a été signé le dimanche 20 octobre à Niamey entre le gouvernement du Niger et la Fédération Universelle pour la Paix (FPU). Et, en vertu de cet accord, les deux parties se sont entendues sur les conditions d’organisation du 3e sommet continental pour la paix. L’Agence précise néanmoins par la suite que le mémorandum d’entente a été signé, au nom de la FPU par la présidente Afrique, Katherine H. Rigney et, pour la partie nigérienne, par Mohamed Saidil Moctar, ministre conseiller spécial du président de la république et directeur général de l’Agence UA Niger 2019.

L’exemple de l’Azawad au Mali

La seule hypothèse que l’Azawad envisage de se convertir en parti politique est l’exemple même  de la promotion du projet pour une Afrique céleste qui contribuera largement à soutenir les efforts des dirigeants africains pour la paix, la sécurité, la réconciliation, le développement humain, la réalisation des idéaux de l’UA et les objectifs du développement durable des Nations Unies. Cette hypothèse a été évoquée alors même que la mise en place des mesures de l’accord de paix d’Alger de 2015 reste très lente. Comme pour le Swapo en Namibie et le Front Patriotique du Rwanda (FPR) qui ont su démontrer qu’elles étaient des organisations déterminées pour la transformation du pays en y implantant des modèles de gouvernance, le HCUA envisage de devenir une formation politique importante au Mali qui n’aura pour seuls objectifs que la préservation de la paix, de la sécurité, de la réconciliation et du développement humain. Pour Alghabass Ag Intalla, secrétaire général du HCUA, c’est d’abord l’intérêt des populations qui doit primer plus que les ambitions personnelles. Réaffirmant la nouvelle idéologie que s’apprête à épouser le groupe armé, Alghabass Ag Intalla, a pris ses responsabilités en ouverture d’un « congrès » de son groupe à Kidal, dans le nord-est du pays. Pour lui, « face à la réalité du terrain, et pour répondre aux aspirations légitimes des populations, il serait devenu impérieux pour le HCUA de réfléchir à une plateforme politique pour la formulation de leurs revendications ».

L’objectif étant de promouvoir une meilleure cohésion sociale et harmoniser la lutte au bénéfice des populations, le HCUA, composé en grande partie d’anciens membres du groupe jihadiste Ansar Dine, pourrait s’inscrire dans la lignée des modèles du genre parce qu’ayant renoncé à ses velléités séparatistes contre plus d’inclusion dans la société malienne. Le Sommet pour la paix au Niger pourra également être l’occasion pour l’Afrique, parsemée par de mini guerres, d’encenser ces groupes rebelles et séparatistes qui envisagent désormais se conformer à la norme pour la construction de la nation et l’atteinte des ODD. À l’occasion, le Mali pourra même profiter d’une tribune pour apporter son témoignage dans la dynamique de la nouvelle construction d’une paix durable qui se fait désormais en harmonie avec les principaux groupes rebelles d’autres fois. Ce témoignage pourra être plus qu’évocateur dans la mesure où, à la suite du HCUA, d’autres groupes rebelles du pays, signataires de l’accord de paix, envisagent eux aussi de suivre le pas.

Comme pour le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA), qui tiendra lui aussi son congrès le 30 novembre afin de discuter de la possibilité ou non de se transformer en parti politique, la paix doit être au centre des débats pour un développement conséquent. Ce Sommet sera alors le lieu, dans une plus grande échelle, d’inviter les principaux groupes rebelles qui opèrent dans le continent, à renoncer à leurs velléités séparatistes pour aider à la construction d’une Afrique céleste.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google images  illustration

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