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Enjeux sécuritaire au Sahel : l’UEMOA projette une mobilisation des troupes

06.11.2019
Article de la rédaction AFRIC
Face au sous-financement du G5 Sahel, une force multinationale de lutte contre le terrorisme dans la région et l’absence de contres offensives adéquats aidant à éradiquer définitivement les forces des groupes liés à AL-Qaïda et au groupe de l’Etat Islamique, l’importance de trouver des solutions parallèles dans le contre terrorisme s’est posée avec acuité. Partant des réclamations du président Burkinabé Roch Marc Christian Kabore jusqu’aux réclamations du Président Nigérien Mahamadou Issoufou, il est ressorti que les efforts de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest sont jusqu’ici encore trop insuffisants. pour Antonio Guteres, Secrétaire Général des Nations Unies, qui s’exprimait sur la question lors du dernier Sommet de l’ONU à New York, le problème de l’insécurité qui sévit dans la région doit faire l’objet d’une préoccupation importante de toue la classe mondiale puisque récemment la zone a, contrairement aux prévisions affichées, plutôt connu une augmentation de la violence jihadiste.

Pour un problème qui a commencé au Mali, puis s’est exporté au Burkina Faso et maintenant au Niger, les présidents de la zone ont compris qu’il fallait un changement d’attitude à l’égard de la menace en face qui chaque qui passe gagne un peu plus de territoire. Pour les présidents du Ghana, du Togo, du bénin et de la Côte d’Ivoire, il n’est plus question de perdre du temps parce que le terrorisme qui menace le Sahel arrive déjà à leurs frontières. Si cette préoccupation est longtemps restée lettre morte, sans véritable action pratique visant à faire appel à la solidarité des pays côtiers, la situation tend aujourd’hui à déboucher sur une alternative avec les pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui projettent mobiliser les troupes afin de renforcer la sécurité des zones prioritaires comme celle des trois frontières.

La projection de la mise sur pied d’opérations conjointes

Les faiblesses observées de la force militaire du G5, deux ans après sa création, ont laissé place à une situation sécuritaire délicate dans la région. les quelques opérations peu convaincantes et sans réel impact menées sur le terrain se sont presque toutes soldées par un même résultat qui ne plaide pas en sa faveur. Si cette situation est due à une mauvaise organisation tactique sur le terrain, elle emprunte aussi surtout à un prononcement de dons annoncés mais qui jusqu’ici tardent à arriver. Ne pouvant plus s’accrocher uniquement aux déclarations de la communauté internationale qui visiblement ne se préoccupe pas beaucoup de la situation, les pays de l’UEMOA ont compris qu’il leur incombait prioritairement de jouer leur partition pour essayer de contrer les attaques successives de jihadistes qui sont de plus en plus récurrentes dans la région. Avec la projection de mobilisation des troupes sur le terrain qui est préparation, l’UEMOA entend alors donner un coup de booste aux forces déjà présentes sur le terrain.

Inscrite comme une opération urgente dans le calendrier des pays de l’UEMAO compte tenu de la menace et des dernières attaques qui ont eu lieu dans la région, la situation a poussé les chefs militaires des pays de la zone à envisager une réunion stratégique en novembre afin de projeter fin 2019 ou début 2020 l’envoi des troupes au Mali, Burkina Faso et Niger pour lutter contre les groupes jihadistes. Pour le Ministre Ivoirien de la Défense, Hamed Bakayoko, qui a annoncé la nouvelle, cette réunion du 11 novembre va permettre aux différentes chefs militaires conviés de monter des opérations conjointes qui feront intervenir des bataillons sénégalais, ivoiriens et autres sur les théâtres maliens, burkinabè et autres. Si la détermination des zones pour le déroulement des manœuvres conjointes reste encore à discuter, celle des trois frontières à savoir Mali-Burkina-Niger fait déjà l’objet d’un intérêt certain puisque c’est elle qui est la plus menacée. Les présences solidaires qui seront déployées dans la zone auront pour objectif d’occuper l’espace, de réduire l’espace des terroristes et de permettre aux armées de trois pays cités, qui sont en proie à des attaques quotidiennes, de souffler un peu. Pour finir, M Hamed Bakayoko a tenue à faire le point sur l’Académie Internationale de Lutte contre le Terrorisme (AILCT) à Abidjan, qui pourrait avoir un grand rôle à jouer dans ce combat.

Une projection issue des promesses du sommet de la CEDEAO

En marge du dernier Sommet de la Communauté Économiques des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, intitulé « Desert to Power » qui avait eu lieu le 14 septembre 2019, les chefs d’État, qui s’étaient penchés sur l’avenir du G5 Sahel avaient promis trouver des solutions pour aider la lutte contre le terrorisme. Pour faire corps avec la cause, ces chefs d’État avait promis une plus grande solidarité entre les pays directement touchés et les pays côtiers. Pour le ministère ivoirien de la défense, qui n’a pas précisé le lieu de la réunion du 11 novembre, « ces opérations s’inscrivent clairement dans le sillage du sommet des pays de la CEDEAO qui ont joué d’une grande influence pour que cette réunion puisse se tenir ». Pour ce dernier qui salue l’initiative des recommandations des différents chefs d’État de la sous-région,  si les pays de la CEDEAO ne s’intègrent pas tous, s’il n’y a pas une véritable synergie d’action entre eux, les jihadistes auront toujours un coup d’avance sur le terrain. Il faut alors observer une progression dans la lutte comme le demandait le président de la Commission de la CEDEAO, Jean Claude-Brou qui, lors dudit Sommet mettait en garde contre la montée en puissance de la menace et lançait un appel conjoint pour l’apport d’une réponse globale.

Article de la rédaction AFRIC

Photo credit : google image/illustration

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