Association for Free Research and International Cooperation

Création de l’Agence Africaine des Médicaments

30.10.2019
Article de la rédaction AFRIC
Dans plusieurs pays du monde, notamment en Afrique, la couverture sanitaire universelle et la sécurité sanitaire sont des défis à révéler. Combiné au manque criard d’infrastructures sanitaires aux normes et à l’absence de plateaux techniques de qualité dans la plupart de ces pays, l’instabilité liée à la contrebande pharmaceutique et la prolifération des médicaments de la rue est devenue une réalité. Plus que l’adoption de mesures latentes envisagées pour apporter des solutions cosmétiques à cette grande problématique, il est devenu urgent de procéder à la reconnaissance des besoins spécifiques de la région et de passer à l’adoption d’un modèle de priorité basé sur des approches novatrices instaurant une réglementation complète et hiérarchisée du médicament comestible sur le continent. Comme leurs homologues d’ailleurs, les ministres de la santé de l’Union Africaine (UA) ont alors mis sur pied un organe capable de participer promptement à l’amélioration des capacités des États membres des communautés économiques régionales dans la réglementation des produits médicaux et la facilitation de l’harmonisation de la réglementation des médicaments afin d’atteindre les normes internationales acceptables. Cet organe, c’est l’Agence Africaine du Médicament (AMA).

Mue par une volonté commune et ancienne de recherche de coordination et de renforcement des initiatives continentales pour le médicament, la naissance de l’AMA a pris corps bien avant l’entrée en vigueur du Traité le réglementant. Conscient que la faiblesse du système de réglementation avait favorisé la circulation de produits médicaux de qualité inférieure et falsifiées dans de nombreux États membres de l’UA et que l’existence de ces produits présentait un risque pour la santé publique des patients et la confiance dans les systèmes de prestation de soins de santé en Afrique, la 55ème décision de l’UA prise au cours du Sommet d’Abuja en janvier 2005, demandait déjà à la commission de l’UA d’élaborer un plan de fabrication de produits pharmaceutiques pour l’Afrique (PMPA). Mis sur pied en vue d’améliorer l’accès des populations africaines à des produits médicaux et à des technologies sanitaires de bonne qualité sans risque et efficaces, le Traité portant création de l’AMA en tant qu’agence spécialisée de l’UA a finalement été adopté le 11 février 2019. Avec la dernière signature en date du Maroc, intervenue en date de 22 octobre 2019 à Addis-Abeba, tout est désormais réuni pour que l’agence s’investisse dans les missions qui lui ont été assigné.

Harmoniser la réglementation des produits médicaux

Contrairement aux idées préconçues et véhiculées qui voudraient que le taux de production de médicaments du continent africain, qui actuellement est de 3% seulement, fasse ombrage à la création d’un organe spécialisé tel que l’AMA, beaucoup d’experts du continent se sont inscrits en faux, et ont avancé des idées nouvelles pour démystifier cette construction abjecte. Alors même que 95% des médicaments consommés en Afrique sont importés, l’urgence pour les entreprises africaines des médicaments à devenir très compétitives en matière de production pour aider à combler le gap s’est inscrit à l’ordre du jour. Tant au niveau qualité qu’au niveau quantité, cette agence doit permettre aux africains un meilleur accès à ces produits vitaux. Toutes ces préoccupations, inscrites dans les missions de l’AMA, doivent alors l’amener à participer activement dans la fourniture d’un environnement favorable à la recherche et le développement pharmaceutique, la production locale et le commerce à travers les pays africains. Conformément aux orientations du Roi Mohammed VI selon lesquelles « l’Afrique doit faire confiance à l’Afrique », cette action constitue un pas en avant dans le cadre de l’intégration africaine et consacre une confiance mutuelle au sein du continent.

L’agence africaine de médecine est vouée à devenir un élément clé de l’architecture pour l’harmonisation des ressources continentales, institutionnelles, scientifiques et réglementaires et pour l’amélioration de l’accès aux médicaments sûrs, efficace et de qualité même si aucun des pays du continent ne dispose de ressources et de capacités suffisantes pour réguler efficacement l’ensemble du système de la chaîne d’approvisionnement. L’AMA, en plus de fournir des orientations réglementaires, des avis scientifiques et un cadre commun pour les actions réglementaires sur les produits médicaux, ainsi que sur les questions prioritaires et émergentes et les pandémies, encouragera l’adoption et l’harmonisation des politiques et des normes de réglementation des produits médicaux et des lignes directrices scientifiques. Elle coordonnera également les efforts d’harmonisation de la réglementation en vigueur dans les communautés économiques régionales et les organisations régionales de santé. La fourniture de conseils sur la réglementation des essais cliniques sur les produits médicaux et les technologies de la santé ainsi que sur les produits médicaux traditionnels ne sera pas à négliger. Plus complets alors, les systèmes AMA permettront de surveiller et évaluer l’exhaustivité des systèmes nationaux de réglementation des produits médicaux à être encore améliorés pour assurer l’efficacité et l’efficience. Dans toutes ces situations, les produits doivent être objectivement déployés pour l’investigation et les essais cliniques.

 Créer des centres régionaux d’excellence

L’essentiel de la production africaine se situant au Maroc et en Afrique du sud, le travail effectué dans le cadre de l’architecture continentale existante des communautés économiques régionales (CER) et des organisations régionales de santé (ORS) pour soutenir les États membres de l’UA, sera beaucoup plus simple avec la dernière signature en date du Traité par le Maroc. Le Maroc fait partie des pays les plus structurés au niveau de l’industrie pharmaceutique en Afrique. Cette signature prédispose ainsi l’AMA à occuper une position distincte pour exploiter divers atouts et capacités réglementaires afin d’améliorer l’accès à des médicaments essentiels et des technologies de santé sûrs, efficaces, de bonne qualité et abordables. Cette meilleure disposition sera alors due au fait que la couverture territoriale de l’AMA sur l’ensemble du territoire africain sera beaucoup plus importante que s’il fallait opter pour une seule agence centralisée opérant loin des réalités vécus dans chaque pays.

La mobilisation des ressources financières et techniques sera l’autre clé de réussite des politiques implémentées par l’AMA et elle devra avec les autres mandats inclure la promotion et la coopération internationale avec des partenaires triés sur le volet. Alors tout en promouvant et en préconisant l’utilisation de la Loi Type de l’UA sur la réglementation des produits médicaux dans les États  membres et les CER, la nouvelle institution ne devra pas se détacher de la direction, la création et le renforcement de ces centres régionaux d’excellence réglementaire afin de développer une forte densité dans la capacité des professionnels de la réglementation des produits médicaux aux niveaux continental, régional et national.

Article de la rédaction AFRIC

Photo credit : google image/illustration

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