Association for Free Research and International Cooperation

Risque de crise alimentaire au Mozambique : la prise de nouvelles mesures du PAM

25.10.2019
Article de la rédaction AFRIC
Depuis plusieurs décennies déjà, la problématique de la faim continue de se poser avec acuité. En Asie et en Afrique, deux continent les plus touchés par le phénomène et où les chiffres en la matière sont en constante progression. On remarque pourtant qu’il y’a eu quelques évolutions statistiques économiques positives avec la croissance des différents produits intérieurs bruts (PIB). Si ces évolutions n’ont pas eu le mérite d’éradiquer complètement ce fléau qui, s’est toujours posé comme un enjeu crucial pour l’humanité, elles ont au moins eu l’audace de s’ériger à une certaine époque en contre poids alors que le monde était confronté à cette même période à une hausse fulgurante des prix des denrées alimentaires de base. Le contraste observé actuellement porte sur les politiques d’aide internationale, qui sont à leur plus bas niveau depuis quarante ans. Même si ces deux continents ont connu des destins presque similaires face à la faim, nombreux sont les pays dont la situation était encore plus alarmante depuis l’année 2008.

Déjà en 1996, on comptait près de 827 millions de personnes dans le monde atteintes de la faim. Par la suite, ces chiffres, qui vont changer en s’améliorant péjorativement vont concourir aujourd’hui à la démonstration de l’ampleur du phénomène alors que des slogans creux comme la « faim zéro » sont vendus à travers le monde entier. Avec 963 millions de personnes touchées en 2008, année qualifiée comme année noire, c’est près de 24 000 personnes qu’on dénombre chaque année mourant de la faim dans le monde. Pour ces nombreuses personnes incapables de s’alimenter correctement, réparties principalement dans 22 pays du continent africain classés parmi les plus vulnérables à la récente augmentation des prix selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), il devenait urgent de trouver des solutions. Parmi ces pays, outre l’Erythrée, le Niger et l’Éthiopie, le Mozambique apparaît comme l’un des futures nécessiteux des politiques d’aide de lutte contre sa faim. Sa situation s’étant surtout dégradée à la suite des catastrophes naturelles successives et l’affaire de la dette publique caché de près de 3 milliards.

Les travaux fondateurs de la nouvelle dotation

Les pays les plus touchés par la faim dans le monde sont ceux où le secteur agricole est très souvent négligé. Etant incapable de produire le moindre aliment, ces systèmes se retrouvent dans un mouvement d’engrainage où ils doivent systématiquement faire recours à des importations massives de produits de première nécessité pour leur subsistance. Dans ces pays où les importations de blé, de pomme de terre et d’huile végétale sont presque une obligation, près de 80% du budget total des populations, déjà résiduel, est alors réservé à la nourriture, ce qui les rend extrêmement vulnérables aux variations de prix des denrées alimentaires. Le Mozambique, qui dans le passé a bénéficié de plusieurs subventions pour relancer son agriculture vit cette situation depuis 2002 avec le risque de ricocher sur d’autres aspects de son économie.

Pour faire face à la montée en puissance de la faim dans ce pays d’Afrique de l’Est, plusieurs acteurs ont décidé aujourd’hui de se mettre ensemble afin d’initier des solutions collectives.

En prenant appui sur une étude récente de 2017 intitulée « le coût de la faim en Afrique », qui montre que le Mozambique perd plus de 10,9% de son PIB annuel à cause de la mal nutrition chronique, soit une perte annuelle estimée à 1,6 milliards de dollars US, l’enjeu était tout trouvé pour aider à vaincre cette réalité. Pour le secrétariat technique pour la sécurité alimentaire et la nutrition (SETSAN) et le programme alimentaire mondial des nations unies (PAM) qui ont présenté les résultats d’une autre analyse, « combler les lacunes nutritives » (Fill the Nutrient Gap, FNG), qui formule des recommandations en vue d’endiguer la malnutrition au Mozambique, il fallait d’abord évaluer l’efficacité des interventions dont l’objectif consiste à améliorer la disponibilité des aliments nutritifs et leur accès pour les familles les plus vulnérables du Mozambique. C’est ainsi que sous la houlette du Programme Alimentaire Mondial (PAM), du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance  (Unicef) et de l’Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI), un accord a été conclu en mai 2017 entre le SETSAN, le mouvement SUN, la société civile, le gouvernement et les acteurs du secteur privé du Mozambique pour une mise en commun des moyens pour l’éradication de la malnutrition dans le pays.

Les solutions nouvelles engagées

S’inscrivant dans la logique où, il faudrait investir au total près de 21,8 milliards d’euros par an pour assurer la sécurité alimentaire et relancer le secteur agricole souvent négligé par les pays touchés par la faim, le PAM est de nouveau immédiatement passer à l’action face à la recrudescence du fléau. Déjà qu’il avait soutenu le Mozambique dans la stabilisation de son économie dans les années 80 et au début des années 90, lors de la reconstruction d’après-guerre, le PAM a décidé cette fois ci de fournir, à lui seul, 300 millions de dollars pour l’amélioration de la situation alimentaire au Mozambique. Objet du mémorandum d’entente, signé le 27 septembre 2019 à Maputo, cette enveloppe devrait prioritairement servir à l’accroissement de l’assistance humanitaire et à l’appui dans la lutte contre la faim notamment dans le centre, le nord et le sud du pays.

Et pour confirmer tout ça, Karim Manente, représentante du PAM au Mozambique, qui a relevé le caractère urgent de l’implémentation de ce financement, a annoncé, au sortie de la réunion du 27 septembre 2019 que la moitié de cette somme avait déjà été transférée au ministère de l’agriculture qui se chargera d’appliquer les mesures pour booster la production et la productivité agricole du pays. Par la suite, elle a relevé sa foi dans la possibilité de cette aide, pour un pays composée à 80% d’agriculteur, de pouvoir l’aider à sortir du circuit infernal de la faim.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit:google image/illustration

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