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Observateurs d’élections en Afrique, quel est le véritable mécanisme de déploiement?

16.10.2018
Avec les démocraties boiteuses en Afrique, associées aux conflits et au mécontentement des citoyens de la plupart des pays africains, l’observation des élections est devenue un outil indispensable pour améliorer la qualité et la crédibilité des élections et renforcer la confiance des électeurs dans l’honnêteté des processus électoraux.

L’observation des élections, qui remonte à 1857 lors du plébiscite entre la Moldavie et la Valachie, garantit le respect des procédures pendant les élections. L’observation des élections est généralement effectuée par des observateurs nationaux et internationaux, composés de groupes de la société civile, d’agences anti-corruption et de militants des droits de l’homme ayant les mêmes objectifs. Certains des organismes d’observation d’élections les plus importants en Afrique sont; des observateurs de l’Union africaine, de Transparency International, du réseau d’observation des élections en Afrique de l’Ouest.

Les principales fonctions des observateurs consistent à décourager les manipulations et les fraudes, à exposer les irrégularités éventuelles, à renforcer la confiance dans les processus démocratiques et à renforcer la légitimité du gouvernement issu des élections. L’observation des élections est particulièrement importante dans les pays où une proportion considérable de la population n’a pas confiance dans leur système électoral, tels que les pays sortant d’un conflit, les pays organisant pour la première fois des élections démocratiques, ceux dont les antécédents en matière de droits de l’homme sont médiocres et les au pouvoir depuis trop longtemps.

Un bon exemple est la participation d’observateurs à court et à long terme de l’Union africaine lors de la première élection post-Mugabe au Zimbabwe. Suite à une invitation du gouvernement du Zimbabwe, l’UA a envoyé un groupe d’observateurs pour s’assurer que les processus électoraux étaient respectés, l’administration des élections, la campagne électorale, la participation des femmes, les médias, ainsi que le vote proprement dit et le dépouillement conforme les lois de l’état. C’est pour assurer une transition en douceur du long règne de Mugabe à la démocratie à temps plein, par le biais d’élections libres et équitables.

Un autre exemple est celui des prochaines élections du 23 décembre en République démocratique du Congo. Le président Joseph Kabila; qui est devenu le chef de la République démocratique du Congo en 2001, après l’assassinat de son père, l’ancien président Laurent Kabila, a annoncé qu’il ne tenterait pas de rester en poste, donnant ainsi à la RDC l’occasion de faire l’expérience de ce que pourraient être les premières élections pacifiques et démocratiques.

En dépit de cette assurance, les dirigeants catholiques et d’autres groupes militants se sont déclarés préoccupés par la crédibilité des élections retardées de décembre prévues en décembre, d’où la nécessité de la présence d’observateurs nationaux et internationaux afin d’empêcher toute forme de fraude ou de parti pris susceptible d’altérer la sécurité. avec la crédibilité des élections, laissant plus de place à la violence dans le pays déjà troublé, soulignant ainsi l’importance des observateurs lors des élections.

Malheureusement, cela n’a pas été le cas des observateurs électoraux invités par le gouvernement camerounais, pour s’assurer que les élections du 7 octobre étaient libres et justes, car elle a invité de faux observateurs électoraux, en les attribuant à Transparency International. Après les élections au Cameroun du 7 octobre, Nurit GREENGER; l’un des « faux » observateurs travaillant avec un groupe d’observateurs, qui a prétendu travailler avec Transparency International, a déclaré que les scrutins étaient « extrêmement bons » et a également déclaré que « tout le monde a fait son travail de manière claire et satisfaisante », un stratagème sûr pour couvrir les méfaits des élections. En réponse à cette déclaration, Patricia Moreira, directrice générale de Transparency International, a déclaré que les personnes prétendant travailler avec Transparency International n’étaient pas affiliées à l’organisation et que Transparency International n’avait pas envoyé de mission d’observation électorale au Cameroun.

Face à la situation critique de la démocratie au Cameroun et aux menaces de séparation de ses deux régions anglophones, les Camerounais ont grand besoin d’être rassurés par les observateurs d’élection, quant au respect des processus électoraux du pays, à la tenue de scrutins exempts de fraude et à l’objectivité des rapports. Malheureusement, de tels actes ne font qu’aggraver la méfiance et l’incrédibilité du processus électoral au Cameroun et les résultats éminents.

Article de la Rédaction AFRIC

Source:

  • African Union  bbc.com
  • credit images : google.com
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