Association for Free Research and International Cooperation

Demande de libération immédiate pour Laurent Gbagbo

16.10.2019
Article de la rédaction AFRIC
Cette demande est faite par le conseil de l’ancien président de Côte d’Ivoire. Ce qui pourrait lui ouvrir les portes à la présidentielle de 2020. En dépit de son acquittement devant la Cour pénale internationale (Cpi) le 15 janvier 2019, Laurent Gbagbo ne jouit toujours pas pleinement de sa liberté. En date du 1er février, la chambre d’appel de la Cpi a posé des restrictions à la remise liberté de l’ex-président ivoirien. L’une de ces conditions était l’assignation à résidence dans un État membre de la Cpi. Selon le président de la cour, Chile Eboe-Osujidont, imposer ces conditions avait pour but de « protéger l’intégrité du processus judiciaire ». Une situation que ne comprend et ne digère pas sa défense.

2020 à l’horizon

En rappel, Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, avaient été poursuivis devant la Cpi pour crimes contre l’humanité, pendant ses fonctions de président de la République de Côte d’ivoire.  La requête de son conseil, si elle aboutit, permettrait éventuellement à l’ancien dirigeant de revenir sur la scène politique de son pays, notamment de prendre part à l’élection présidentielle prévue en 2020 si aucun.

Pour Me Emmanuel Altit, « le maintien du régime restrictif de liberté aurait dans ce contexte pour conséquence d’interdire à Laurent Gbagbo de jouer un rôle dans la vie publique et dans la réconciliation de son pays. Cela lui interdirait par exemple de participer d’une manière ou d’une autre à l’élection présidentielle à venir. Il pourrait en effet, à la demande de responsables politiques du pays, être amené à participer à la campagne ou même, par hypothèse, à poser sa propre candidature ».

Ce retour, s’il n’est pas encore clairement exprimé par l’intéressé, il reste cependant fortement compromis au regard des rebondissements dans le dossier Gbagbo, car quelques semaines avant la remise en liberté requise par son avocat, la procureure de la Cpi, Fatou Ben Souda a interjeté appel de l’acquittement décidé par la chambre d’appel. En date du 16 septembre, un communiqué du bureau de la procureure indiquait que « l’appel démontrera que la chambre de première instance a commis des erreurs de droit et de procédure qui ont abouti à l’acquittement de Gbagbo et Blé Goudé pour tous les chefs d’accusation ».

Enjeu et stratégies

Sur le terrain politique ivoirien, et probablement en vue du scrutin à venir, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo se sont rencontrés à Bruxelles en juillet dernier. Puis, le 14 septembre, leurs partis politiques, à savoir le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) et le Front populaire ivoirien (Fpi) ont organisé un grand meeting à Abidjan, mobilisant près de 10 000 personnes sur la place du Palais des sports de Treichville. Nul doute que ce rapprochement peaufine une stratégie commune de l’opposition pour battre le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) du président, Alassane Ouattara, même si en principe, celui-ci ne devrait plus se représenter après deux quinquennats.

Toutefois, une certaine opinion se montre sceptique quant au bon déroulement de la présidentielle ivoirienne. Mais le chef de l’État fait preuve de sérénité. « Je suis confiant quant aux élections de 2020. J’entends beaucoup d’inquiétudes à ce sujet. Je peux vous dire que 2020 se passera bien, même très bien. Je vous en donne l’assurance. Si 2015 présidentielle remportée par Ouattara avec 83,66%,  s’est bien passé pourquoi 2020 ne le serait pas ? Je fais confiance en nos institutions. (…) Je tiens à la stabilité de notre pays, à la paix en Côte d’Ivoire et vous pouvez me faire confiance : nul ne sera en mesure de troubler cette paix tant que je serai à la tête de la Côte d’Ivoire », assurait-il en début d’année.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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