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Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed s’inscrit au palmarès du Prix Nobel de la paix 2019

12.10.2019
Article de la rédaction AFRIC
Un nouveau jour historique s’ouvre pour l’artisanat de la paix en Afrique ce 11 octobre 2019. Le premier ministre éthiopien, « Abiyot », comme on le surnommait affectueusement enfant et qui signifie « révolution », a reçu ce jour le prix Nobel de la paix. Récompense décernée à la personnalité ou la communauté ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armes permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix, le prix Nobel de la paix, selon le testament d’Alfred Nobel, comprend à coup sûr plusieurs éléments comme la lutte pour la paix, les droits de l’homme, l’aide humanitaire et la liberté.

D’abord limité aux seuls candidats de l’occident, il s’est progressivement exporter au point de revêtir aujourd’hui une extraordinaire importance politique. À la différence des lauréats des autres Nobel qui sont sélectionnés par l’institution académique suédoise, les lauréats du prix Nobel de la paix eux, sont choisis par un comité nommé par le parlement norvégien. Dans le classement par continent et ONG confondus ayant reçu le plus grand nombre de prix, le continent africain apparait en bonne posture puisqu’il s’inscrit, avec ses 13 lauréats au jour d’aujourd’hui, à la suite de l’Europe (64 lauréats), l’Amérique (30 lauréats) et l’Asie (18 lauréats). Si parmi les 13 lauréats africains enregistrés jusqu’ici, plusieurs pays comme l’Afrique du Sud, l’Égypte ou le Libéria  apparaissent en tête de liste avec plus d’un lauréat enregistré, pour l’Éthiopie c’est en revanche c’est le baptême de feu avec son premier ministre Abiy Ahmed qui, inscrit pour la première fois ce 11 septembre 2019, son nom au palmarès.

Digne successeur d’un autre africain

Grand successeur au palmarès du Congolais Denis Mukwege, victorieux en 2018 et surnommé « l’homme qui répare les femmes » en raison de son combat en faveur des femmes victimes de violences sexuelles dans le Kivu et de leur utilisation en tant qu’arme de guerre, Abiy Ahmed lui, a été récompensé pour son implication active dans la réconciliation de son pays avec l’Érythrée voisine. après 20 ans de conflit et la fermeture totale de la frontière entre les deux pays, les relations diplomatiques des deux vrai-faux partenaires, sous sa houlette, se sont peu à peu rétablies au point de déboucher, en juillet 2018, sur une réouverture de la frontière et un rétablissement des relations diplomatiques après la signature d’une « déclaration conjointe de paix et d’amitié ». Même si depuis lors, les points de frontières entre l’Éthiopie et son ancienne colonie ont été refermés et que la normalisation des relations diplomatiques semble au point mort, nul doute que le symbole de la signature de la déclaration conjointe de paix était suffisamment fort pour porter le premier ministre éthiopien au triomphe du précieux sésame.

Son implication majestueuse dans le retour à la paix « officielle »

Agé de 43 ans et promu premier ministre en mars 2018, Abiy Ahmed, qui apparait aujourd’hui comme la figure historique du rétablissement des relations diplomatiques entre l’Éthiopie et l’Érythrée, est le tout premier ministre dans l’histoire récente de son pays à être issu de l’ethnie, pourtant majoritaire, de l’Oromo. Teintées de 20 années d’hostilité sous fond de litiges frontalier, les relations diplomatiques entre les deux pays voisins, ont finalement, sous son impulsion, repris pour aboutir à l’annonce d’une réconciliation longuement plébiscitée le 9 juillet 2018. Mieux que le rétablissement de ces relations, c’est surtout le retour à la paix « officielle » oint de la signature de la déclaration conjointe de paix et d’amitié, après deux décennies marquées par une guerre civile sanglante entre 1998 et 2000 au cours de laquelle on aura enregistré plus de 80 000 pertes en vies humaine, qui aura suffit à le placer en lice pour le prix Nobel de la paix qu’il a finalement glané. Notons que dans le passé, même si les velléités et le grandes envolées de violences n’existaient presque plus sur le plan physique, des frictions étaient toujours apparentes dans les relations des deux pays au point où il était devenu impossible pour les ressortissants de ces pays de communiquer entre eux sans être poursuivis pour haute trahison envers la patrie.

Les compléments du rapprochement historique

En dehors de la signature, en Arabie Saoudite, de l’accord de paix historique qui a mis fin aux frictions de violences et d’échanges verbales houleux entre les deux pays, deux mois après l’annonce de la réconciliation entre Abiy Ahmed et le président érythréen Issayas Afewerki, c’est tout un engrenage qui s’est mis en route pour faire place à la réalisation d’une sérié d’actes symboliques. Après les visites bilatérales qui avaient été annoncées en grande pompe et la réouverture des ambassades, des liaisons téléphoniques et de plusieurs postes-frontaliers, c’est surtout la reprise du transport aérien entre Asmara et Addis-Abeba qui avait marqué les esprits.

Surnommé « l’oiseau de la paix » sur son compte Twitter par la compagnie aérienne Ethiopian Airlines, le premier vol commercial au départ de la capitale éthiopienne pour Asmara le 18 juillet 2018, avait suffisamment ravi les deux parties. Marqué à l’atterrissage par des chants et des danses de certains passagers à bord qui ne pensaient jamais plus de leur vie se rendre chez le pays frère où ils avaient laissé la famille, ce vol avait créé une émotion sans pareille dans l’histoire conjointe des deux nations.

Après le sacre du premier ministre éthiopien Abiy Ahmed ce jour, il ne reste plus alors qu’à espérer que le dicton « jamais de deux sans trois » se réalise et qu’un autre africain lui succède au palmarès en octobre 2020.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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