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Mondiaux d’Athlétisme Doha 2019, quel bilan pour l’Afrique ?

11.10.2019
Article de la rédaction AFRIC
Réputée pour être un vivier incontournable de talents dans le domaine du sport, l’Afrique a toujours su tirer son épingle du jeu face aux autres ténors du sport que sont l’Europe, l’Amérique ou encore l’Asie. Si dans les sports collectifs comme le football, le basketball ou encore le handball elle peine à prouver sur la scène internationale malgré quelques coups d’éclats éphémères ici et là, en revanche, elle s’est toujours démaquée concernant les sports individuelles comme l’athlétisme. Avec des représentants de haut vol comme le Kenya et l’Éthiopie qui ont toujours porté haut les couleurs du continent, l’Afrique s’est taillé une réputation sur mesure dans la discipline. Que ce soit dans les courses de fond où le continent excelle le mieux, les courses de demi fond, les courses de vitesse, le saut en longueur ou encore le triple saut, l’Afrique n’a pas manqué de marquer l’histoire avec des records du monde toujours un peu plus sollicités. Si ces records du monde ont très souvent longuement rythmé avec la performance du continent lors de ces réunions sportives, l’assurance tous risques n’a pourtant jamais été de mise et des résultats mitigés pour le continent lors de ces concours ont souvent été observés.

Comme pour les Championnats du Monde d’Athlétisme de Doha 2019 qui viennent de se terminer ce 6 octobre après deux semaines de compétition, l’Afrique est repartie avec un bilan mitigé, faible, que pour revoir il faut remonter aux mondiaux de 2009 à Berlin. Avec un total de 27 médailles dont 9 en or, 8 en argent et 10 en bronze, l’Afrique a pourtant enregistré dans ses rangs neuf pays médaillés ; ce qui est une évolution par rapport aux six dernières éditions où le pic avait atteint huit pays en 2013 à Moscou, 2015 à Pékin et 2017 à Londres.  Si cette méforme des résultats n’est pas la faute des pays comme le Kenya et l’Éthiopie habitués aux joutes des premières places et qui tiennent généralement leur rang, plusieurs autres pays comme l’Afrique du Sud ou encore le Nigéria qui ont entretenu des péripéties et des polémiques incongrues peuvent traduire du raté africain.

Les grandes fiertés des mondiaux

Si la moisson des médailles à Doha a été moins importante que dans les années précédentes, l’Afrique peut néanmoins se targuer d’être repartie avec un nouveau record aux championnats du monde qui a vu neuf pays africains remportés des récompenses. Si ce record a constitué la principale bonne nouvelle de cette édition de 2019, il n’en a pour autant pas été la seule, puisque les habitués performeurs du continent ont néanmoins pu tenir leur rang malgré le contraste. Deuxième meilleure nation mondiale derrière les presque intouchables Etats-Unis, le Kenya a su tenir son rang avec exactement le même bilan qu’il y’a deux ans à Londres, même si les couleurs ont quelque peu varié. Avec un total de 11 médailles le pays d’Eliud Kipchoge et Hellen Obiri a enregistré médailles 5 en or, 2 en argent et 4en bronze. L’Éthiopie également n’a pas failli à sa réputation en tenant la chandelle face aux grosses écuries et en finissant 5e avec 8 médailles dont 2 en or, 5 en argent et 1 en bronze. Mieux, il a même connu une évolution en gagnant deux places par rapport à l’édition précédente et en inscrivant plus de récompenses.

Les autres satisfactions du continent, et pas des moindres sont venues de l’Ouganda qui a enregistré deux sacres avec Cheptegei sur 10 000 mètres et Nakaayi sur 800 mètres et du Burkina Faso qui a connu sa toute première médaille dans l’histoire des championnats du monde d’athlétisme avec la 3e place historique de d’Hugues Fabrice Zango en triple saut.

Les déceptions et absences

À Doha, les déceptions du continent africain sont venues de l’Afrique du Sud, pourtant 3e en 2017, du Nigéria et de quelques autres pays attendus mais trop dépendants d’un seul athlète pou maximiser leur chance de médaille. À l’image de l’Afrique du Sud, « valeur Sûre » du continent, qui n’a enregistré aucune médaille sur toute la quinzaine, contrairement à ses 6 podiums de 2017, auréolés de 3 titres, le continent africain a connu une baisse considérable. Combinés aux échecs de Luvo Manyonga en saut en longueur et de Sunette Viljoen en lancer de javelot, les forfaits de Wayde Van Nierkerk, prodige du 200 et 400 mètres, et les absences pour suspension farfelue de Caster Semenya, la reine du 800 mètres, sa distance fétiche et valeur certifiée du 1500 mètres, ne pouvaient que plomber les résultats et le classement du continent. D’autres forfaits de poids ont également été enregistrés au Botswana avec Isaac Makwala sur 400 mètres et Nijel Amos sur 800 mètres.

Le Nigéria, l’autre grande déception du continent, lui, a beaucoup plus brillé par un amateurisme criard de sa fédération qui a contribué à renforcer davantage la mauvaise réputation de contient dans le domaine du sport et des compétitions internationales. Ses athlètes Blessing Okagbare et Divine Oduduru, après la catastrophe déjà enregistré un an plutôt aux championnats d’Afrique à Asaba, capitale de l’État du Delta au Nigéria, ont même failli être disqualifiées du 200 mètres (pour ne pas s’être présentées au départ du 100 mètres) pour lequel elles voulaient uniquement concourir. Tout ceci parce que leur fédération les avait inscrits contre leur gré sur le 100 mètres alors qu’elles avaient clairement signifié leur intention de ne pas s’aligner sur la distance. Résultat des courses, elles n’ont produit aucune satisfaction sur 200 mètres et on ne peut que déplorer le potentiel gâché.

De l’autre coté du décor, plusieurs autres pays africains trop dépendant de leur talent individuel ont jeté le pavé sur les bons résultats du continent. À l’instar de la Côte d’Ivoire qui a déçu avec Marie Josée Ta Lou, seulement en Bronze sur 100 mètres alors qu’elle était annoncée comme une grande promesse de sacre sur la distance cette année et Murielle Ahouré qui n’a même pas été au rendez-vous avec une prestation décevante. L’Algérie et le Maroc avec respectivement Taoufik Makhloufi seulement en argent sur 1.500 mètres et Soufiane El Bakkali qui n’a pris que le bronze sur 3.000 mètres steeple n’ont pas été en reste.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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