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Mendicité infantile, l’urgence de résorption du fléau

07.10.2019
Article de la rédaction AFRIC
De toutes les civilisations de monde entier, la civilisation africaine est celle où les enfants apparaissent encore aujourd’hui plus exposer aux grands dangers du monde de la rue. S’il est vrai que l’enfant est le miroir de la société, alors il serait de bon ton, qu’au-delà de ce qui est déjà fait jusqu’ici, que les sociétés africaines s’investissent davantage dans la protection de l’enfant et de ses droits. Comme pour les « talibés » du Sénégal où une opération d’envergure malheureusement soldée par un échec avait été lancée en juin 2016 pour les retirer de la rue et les réinsérer dans la société à travers le programme « retrait des enfants de la rue », le combat contre la mendicité infantile doit être au cœur des préoccupations de tous les gouvernements africains, car envoyer des enfants mendier n’est pas une culture ou une religion, mais seulement de l’exploitation.

Que ce soit l’État, les autorités religieuses, la famille, la société civile ou encore les organisations non gouvernementales, chacun doit apporter sa contribution à la cause pour éviter que les sociétés africaines ne se transforment en un véritable marasme à la fois sociologique et économique. Plaider la cause de cette revendication d’une meilleure politique pour le traitement et la réinsertion des enfants mendiants permet alors de montrer/d’anticiper les failles qu’une telle prolifération peut engendrer de négatif pour l’image du continent. En plus de réduire l’homme  à une situation de sous homme, elle s’avère aussi être un défi pour/qui contraste avec le développement de l’Afrique dans la mesure où elle pose un problème de société qui remet en cause le développement croissant du continent.

La mendicité des enfants, élément réducteur des sociétés modernes

Loin de l’aumône et de la charité qui sont inscrits dans les vertus de solidarité qui priment sur le continent, la mendicité infantile est devenu beaucoup plus aujourd’hui un trafic d’enfants, mieux un commerce dans lequel certaines personnes qui prospèrent dans les méandres de l’obscurité utilisent ces enfants comme leur fonds de commerce. Sous fond de coups, de mutilations ou encore de trafic, les enfants de la rue sont abandonnés à eux-mêmes et à la fin la plupart d’entre finissent en marge des bonnes règles de la société ; se convertissant soit en des brigands soit en des parias. À Dakar au Sénégal, la pratique est monnaie courante avec l’instrumentalisation et le trafic d’enfants « talibés » qui fréquentent et vivent majoritairement dans les « daaras », les centres d’éducation religieuse musulmane. Si à la base, les enfants y sont envoyés pour être confiés à des éducateurs religieux, il s’avère aujourd’hui que le milieu a été infecté par des hommes aux croyances douteuses, qui pour des bonnes ou des mauvaises raisons obligent ces enfants, parfois même en le mutilant, à devenir des mendiants de la rue qui doivent à chaque fin de journée ramené des recettes fixées au préalable pour être exemptés des vices et sévices corporels. En plus des talibés dans ce pays, l’ampleur du phénomène montre que leur nombre dans ce pays atteint des chiffres record en se rapprochant de plus de 40 000 enfants mendiants exposés dans les rues.

Plusieurs ONG présentent en Afrique telles que Human Rights Watch (HRW) dénoncent aujourd’hui ce phénomène et l’assimilent de plus en plus à une gangrène qui réduit considérablement l’honneur et la personnalité de certains enfants mendiants une fois devenus adultes. Les sévices et les misères subis dans la rue ont dans la plus part du temps raison de ces mendiants dans la mesure où ils leur retirent le plus souvent toute humanité ; les cantonnant dans une situation tellement difficile qu’ils sont réduits au statut de sous-homme. Pour essayer d’inverser la courbe, ces ONG recommandent alors la redynamisation des territoires ruraux pour éviter l’exode rural de familles entières qui se retrouvent en ville sans avoir les moyens d’y vivre de façon décente, le questionnement de certaines cultures et croyances religieuses, la mise sur pied des politiques sociales inclusives visant à améliorer le niveau des couches sociales les plus vulnérables, la subvention des centres d’éducation religieuse ou encore l’amélioration des politiques de santé de reproduction organisées autour des plannings familiaux.

Un défi pour le développement  de l’Afrique

La journée mondiale des droits des enfants, qui se célèbre habituellement le 20 novembre de chaque année reste un moment privilégié pour faire un état des injustices que subissent les enfants du monde et en particulier du continent africain. Les discussions généralement abordées lors de ces journées permettent également de voir à quel point la mendicité des enfants africains s’apparente à un problème de société qui remet en cause le développement de l’Afrique ; d’où l’urgence d’éradiquer le plus rapidement ce fléau.

Présents dans quasiment l’ensemble des pays du continent, les « talibés »au Sénégal ou « Garibou » au Burkina Faso, mali ou cote d’ivoire, de leur appellation, vivent pour la plupart dans un état de manque absolu, tant sur le plan nutritionnel, vestimentaire qu’hygiénique. Cette situation permet de soulever l’impact négatif que ce corps de laissé pour compte projette sur le développement du continent au point d’y créer un système d’engrenage de son économie.

Alors au-delà d’un simple problème de société, il représente un défi colossal pour le développement socio-économique des pays. Sur le marché de l’emploi, c’est une main d’œuvre conséquente qui est perdu, parce que n’ayant pas suivi de formation pouvant l’amener à apporter un grand plus pour le développement de la société. Sur le plan de l’économie, le peu d’entre eux qui parvient à retrouver le droit chemin est orienté presque systématiquement vers le secteur informel ou dans des secteurs qui ne procurent à l’État qu’un revenu substantiel avec des emplois précaires et une couverture sociale inexistante. Cette presque condamnation à demeurer alors dans le secteur informel pousse certains d’entre eux à se convertir à la délinquance, compromettant ainsi grandement la sécurité dans les zones urbaines. Toutes ces conséquences socio-économiques négatives, en tout état de choses, doivent alors pousser les gouvernements africains à se pencher un peu plus sur la question de l’éradication de la mendicité infantile.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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