Association for Free Research and International Cooperation

Crise sécuritaire au Burkina Faso, brouille entre policiers et militaires

05.10.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le contexte sécuritaire qui prévaut depuis des années déjà dans la sous-région du sahel qui couvre parallèlement le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Tchad et le Burkina Faso ne crée pas que des amitiés dans la lutte contre le terrorisme et le djihadisme. Face à la recrudescence de la menace, la feuille de route de la force G5 sahel recommandait une mobilisation de toutes les forces de défenses en présence y compris les forces de sécurités. Seulement, le sempiternel problème du manque d’équipements qui a longtemps fragiliser la force militaire du G5 sahel dans son déploiement affecte aussi considérablement les forces locales de certains pays au point on constate quelques fois des abandons de zones de combats par les hommes en tenu.

Le Burkina Faso, qui dispose pourtant de la 7e meilleure police dans toute l’Afrique et la 2e meilleure en Afrique de l’Ouest connait actuellement ce problème avec sa police qui se plaint d’être sous équipée contrairement aux militaires pourtant ils assurent presque les mêmes fonctions de protection des populations.

Déjà qu’à la base, cette discorde entre les différents corps de métiers de défense et de sécurité provenait simplement de l’écart de considération en matière d’équipements, elle a connu depuis quelques temps un nouvel épisode avec les forces de police qui se plaignent d’un détournement d’armes qui leurs sont destinées par les militaires. Cette situation a amené l’Union Nationale Police (l’UNAPOL) qui représente le syndicat des fonctionnaires de police du pays à monter au créneau pour attirer l’attention du gouvernement sur la question et, poser les bases pour une meilleure collaboration entre leurs différents corps de métiers pour une meilleure protection des populations.

Au cours d’une réunion d’urgence organisée le 15 septembre 2019 par ses membres qui a achoppé sur la une conférence de presse du lundi 23 septembre dernier, l’UNAPOL a réitéré sa revendication d’une meilleure dotation en armement des forces de police, la restitution des armes détournées par les militaires, une amélioration de la situation sécuritaire du pays et un rétablissement de l’imbroglio interdisant l’utilisation de certaines catégories d’armes par les policiers.

Revendication d’une meilleure dotation en armement

Conformément aux recommandations et au cahier de charge du G5 sahel, le syndicat des fonctionnaires de police du Burkina Faso a posé comme préambule l’intégration officielle de la police dans le plan de lutte contre le terrorisme. Ils reprochent autres au gouvernement de se servir de cette situation pas du tout conforme pour créer un gouffre en termes d’équipements entre leur corps de métier et celui des militaires. Pour ce fait, ils exigent une augmentation de leur puissance de feu sinon leurs agents leurs agents se sentiront obligés d’abandonner certaines positions stratégiques non couvertes ou désertées par les militaires.

Lors de la conférence de presse animée le 23 septembre 2019, les syndicalistes de l’UNAPOL ont doc crier leur colère d’emblée avant de poser le préalable  a donc après avoir posé leur préalable : la réitération de la  revendication d’une meilleure dotation en armement des forces de police et un meilleur maillage sécuritaire du pays. Par la voix de son secrétaire générale, monsieur Bonsdawendé Zongo, il a par la suite déploré la situation sécuritaire de plus en plus délétère du pays, exacerbée par l’inefficacité des solutions stratégiques, la récurrence des attaques terroristes avec leur lourd tribut de morts, de blessés et de déplacés internes, les menaces de plus en plus imminente.

Restitution des armes détournées

La réunion d’urgence tenue par l’UNAPOL s‘inscrivait à la suite de la revendication d’une meilleure dotation en armement de forces de polices, dans la logique d’une réclamation de la restitution des armes détournées par les militaires. Le syndicat demande alors que leur soient restituées les armes nécessaires pour mener la lutte contre le terrorisme, dans les localités désertées par les militaires. Mettant en avant l’intérêt général et la sécurité des populations burkinabé, s’est insurgée contre le fait que certaines armes réclamées par les unités opérationnelles de police et acquis par le budget du ministère de la sécurité font l’objet actuellement d’une rétention par certains frères d’armes qui refusent obstinément qu’elles soient livrées à la police au motif que la police n’y a pas droit du fait de sa nature paramilitaire.

Son secrétaire générale qui a relevé la situation de mécontentement des policiers présents sur le terrain a traduit le malaise qu’ils vivent, car ils se disent victimes du comportement de certains responsables militaires qu’ils accusent de détenir des armes destinées aux unités d’élite de la police dans e cadre de la lutte contre le terrorisme. À la fin de son propos, il a tenu à préciser que L’UNAPOL est scandalisée et indignée que dans un contexte sécuritaire en déliquescence, il y ait encore des velléités de détournement des armes d’un corps par un autre corps. C’est pourquoi à l’unanimité de ses délégués, à l’issue de la rencontre du 15 septembre, l’UNAPOL a voté la résolution comprenant la restitution immédiate des armes détournées dans un bref délai ; sans quoi les policiers quitteront de leur propre initiative les zones où l’utilisation de ces armes allait leur permettre une meilleure efficacité.

Rétablissement de l’imbroglio interdisant l’utilisation de certaines catégories d’armes par les policiers

En établissant son cahier de charge autour de sa force militaire spéciale et des forces locales, l’objectif du G5 sahel était de mutualiser les forces et favoriser une implication réelle de toutes les composantes dans la lutte contre le terrorisme qui menace grandement la sous région. Cette consigne avait alors permis, dans un premier temps, dans la région de Djibo par exemple, dans le Nord du pays, aux policiers de prendre la relève suite au repli quasi-total des détachements militaires et ainsi éviter que la ville ne tombe entre les mains des groupes armés terroristes. Sauf que par la suite, plusieurs discours populeux, inadéquats et inopportuns sont venus plombés tous les efforts consentis. Ces discours semblaient alors affirmer qu’il existerait des textes interdisant à la police nationale l’utilisation de certaines catégories d’armes. Toute chose qui en l’occurrence n’est pas vrai puisque lors de la réunion d’urgence du 15 septembre 2019, l’UNAPOL a tenu a apporté la preuve contraire de ces vrais-fausses accusations.

D’après les recherches menées par le syndicat, il semblerait donc qu’il n’existe aucun arsenal juridique pouvant corroborer une telle assertion gratuite. Le syndicat poursuit tout de même en faisant état de ce que de tels textes, s’il en existait devraient être révisés  immédiatement afin de les adapter aux besoins sécuritaires du pays, car contraire à l’intérêt général et la préservation de la sécurité nationale.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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