Association for Free Research and International Cooperation

Féminicide : Il est temps d’agir

24.09.2019
Article de la rédaction AFRIC
Bien que les législateurs aient mis sur pied des dispositions contre ce fléau ou acte qualifié de barbarie par les organismes de protection de la femme. Beaucoup moins répertorier en Afrique, la France quant à elle dénombre encore une centaine de femmes violentées sous les coups des compagnons ou ex-compagnons en 2019. La dernière en date a fait monter aux Triennales de nombreuses associations et relance le débat public sur les mesures insuffisantes de protection des femmes.

Le 17 septembre dernier, une jeune femme au prénom de Carfia s’est faite traumatisée par son conjoint jusqu’à trouver la mort, sous les yeux de ses trois petits enfants en France. Tout comme Carfia, nombreuses sont ces femmes-là qui subissent le même sort au quotidien depuis le début de l’année 2014.  D’ailleurs, selon un confrère français tous les deux jours et demi, une femme est tuée par son conjoint.

A en croire, dans le pays où les droits de l’Homme sont prônés, 146 hommes détruisent les vies de leurs femmes, celles qui leurs ont fait aveuglement confiance. Sans toutefois compter les femmes qui n’ont pas encore succombé aux effets de la violence. Aujourd’hui, elles sont environs 200 femmes à se déclarer victimes de violence conjugale. Et seules 10% ont déjà porté plainte. Certainement pour les 90 autres, c’est un parcours de combattant ceci parce qu’elles n’ont plus envie de revivre ce cauchemar ou alors, elles sont encore sous l’effet des menaces de leur conjoint. Ainsi il n y’a plus d’accalmie psychologique.

En fait la féminicide est le nom attribué aux femmes tuées par des hommes qui les convoitent.   Ce phénomène n’épargne personne. Selon l’Agence de statistiques Eurostat, l’Allemagne détient le triste maillot jaune européen. La France occupe la seconde place devant la Roumanie, les Etats-Unis et l’Italie. En Amérique latine et en Afrique du Sud, les chiffres sont alarmants. D’après le quotidien The Citizen, trois femmes sont tuées par jour dans le pays de l’Apartheid.

Bref dans le monde, 200 millions de femmes ont été brusquement arrachées à la vie par meurtre, infanticide, avortement sélectif, viol de masse comme arme de guerre. En cause, l’appartenance du genre féminin. Une pratique  qui mène une centaine de femmes au sacrifice.

L’OMS a d’ailleurs révélé qu’une femme sur trois a été victimes de violence conjugale, sexuelle et physique dans une série d’étude effectuées par The Lancet. Mais jusqu’ici, 38%  de meurtres des femmes sont perpétrés par leur partenaire intime. Conclusion, une femme a de forte chance de mourir sous les coups de son conjoint plus qu’un accident de circulation ou une maladie. Et pour cause principale, le sexisme.

Selon la sociologue Stéphanie Gary-Gorin, les 150 hommes auteurs de violence qui ont été suivi pendant six ans de stage organisé dans le Val d’Oise en France étaient profondément sexistes pour refus d’égalité de genre.

En effet, si le taux de croissance de ce crime accélère à grande vitesse, c’est certainement dû à la non application des textes mis à la disposition des citoyens. Selon le sociologue Stéphanie Le Gal-gorin, le manque de formation des professionnels est aussi au cœur du problème. D’après elle, s’il existe un arsenal législatif pour lutter contre les violences faites aux femmes, ce dernier est malheureusement appliqué. En cause, « si on ne comprend pas le mécanisme notamment d’emprise, ça ne marchera pas. Elles n’iront pas porter plainte si elles se sentent jugées par exemple » a expliqué la sociologue.

Dans la même lancée, la journaliste Ingrid Falquy,  estime que les médias qui appellent ces crimes, passionnels sont également en déphasage avec le professionnalisme. Ils ont encore du mal à employer les mots adéquats sur les crimes machistes qui sont pourtant les plus vieux du monde.

Comment exterminer ce fléau ?

Admettons d’abord que le féminicide est le moment de se rendre compte que ce crime est en droite ligne avec le système d’une société ancestrale, qui entend museler la femme lorsqu’elle veut dénoncer les frustrations et les violences qu’elle subit au quotidien. Actuellement, nous sommes à l’ère du numérique, l’ère de l’information. Celle-là qui prône la liberté d’expression, d’épanouissement. Il est donc temps de passer à l’action.

De ce fait, l’association ‘’Osez le féminisme’’ a recommandé l’insertion des crimes passionnels  comme circonstance aggravante au même titre que le racisme ou l’homophobie dans la Loi. Une demande qui a été adoptée plus tard  parmi les amendements votés par les députés de l’Assemblée nationale pour le projet de Loi et Egalité et de la Citoyenneté. En outre,  l’écriture épicène qui sera désormais reprise dans les titres de projet de Loi.

Comme mesures préventives au regard de l’expansion de ce crime à travers le monde, le ministère de la justice espagnole a entendu protéger les femmes à travers des kits électroniques tels que les bracelets, téléphone grave danger etc, afin de détecter et signaler la présence des conjoints abusifs. Le pays a également mis en place une loi globale avec des magistrats spécialisés dans le cas de violences conjugales. Depuis 2017 qu’il a testé ces dispositifs, les faits parlent d’eux-mêmes.  Les féminicides ont connu une grande baisse de 76 en 2008 contre 47 crimes conjugaux  en 2018. L’Espagne devrait être une source de motivation pour les autres pays.

Avec la journée internationale de la paix qui a été célébrée le 21 septembre dernier,  il serait judicieux de mettre rapidement en pratique ces différentes méthodes de sécurité, pour une vie conjugale paisible.

C’est une bouffée d’oxygène, un pas vers la liberté d’expression chez les femmes violentées. Aussi pour l’Onu femmes dont l’égalité de genre est une priorité.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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