Association for Free Research and International Cooperation

Promotion de l’agriculture rurale en Afrique et accélération du défi de transformation

17.09.2019
Article de la rédaction AFRIC
Comme partout ailleurs, l’agriculture occupe une place de choix dans la croissance inclusive et le développement durable. Si dans les pays développés elle s’apparente beaucoup plus à une agriculture intensive concourant à une production de grande échelle, sur le continent africain en revanche, on remarque qu’elle se définie encore par le socle de moyens et de techniques rudimentaires et traditionnelles. Contrairement au milieu urbain où fleurissent un peu plus chaque jour des entreprises prêtes à l’emploi et à la transformation de l’économie, le milieu rural africain lui, dépourvu de tout investissement industriel, porte un héritage entier lié à l’agriculture qui s’y transmet de génération en génération.

Si certains ont pensé que le déficit de développement en Afrique est indissociable du devenir des espaces ruraux, plusieurs autres ont eux, pensé que la promotion des zones rurales serait une solution idoine pour améliorer l’image d’ensemble du continent qui traverse une crise alimentaire sans précédent. Pour ce faire, pour stimuler la croissance et la diversification, il faudrait, à la suite de l’intensification de l’agriculture rurale, combiner avec les activités industrielles sur place telles que la transformation des produits. Pour permettre une accélération de la transformation agricole en Afrique, de nombreux projets de recherches basées sur les résultats ont vu le jour. Au rang des plus éminents, on peut citer la Malabo Declaration and Accelerated Agricultural Growth and Transformation for Shared Prosperity and Improved Livehoods de l’Union Africaine ou encore le Programme Détaillé de Développement de l’Agriculture Africaine (PDDAA). Destinés à endiguer le « déclin villageois », ces projets devraient, à la longue, aider à améliorer la productivité rurale qui, malgré les progrès notables réalisés ces dernières années, reste encore à la traîne par rapport aux autres régions du monde.

Fort de toutes ces idées, la promotion de l’agriculture rurale en Afrique, doublée d’une accélération de la transformation dans le secteur devrait permettre de densifier la croissance économique des pays africains en stimulant la création d’emplois, en améliorant la sécurité alimentaire, en stoppant les crises de migrations internes sans oublier la dynamisation de l’économie locale.

Le volet créateur d’emplois

Le développement de l’agriculture rurale combinée à l’implémentation d’une réelle politique de transformation devrait considérablement accélérer la promotion de l’emploi rural et par ricochet participer grandement à la réduction de la pauvreté. Pour plusieurs grands objectifs de développement en Afrique, l’agriculture revêt une importance capitale. Alors que plus de 60% des emplois en Afrique subsaharienne proviennent par exemple de l’exploitation de la terre, on constate a contrario que seulement 10% du budget de ces États n’est accordé à l’agriculture et au développement local ; ce qui au final ne contribue qu’à hauteur de 17% du PIB de ces pays. Cette situation, jugée inacceptable dans son principe même, ne devrait prospérer car, dans de telles conditions où l’agriculture rurale est annoncée comme un grand vivier d’avenir au vue de sa capacité à sortir des masses de personnes du chômage, il serait tout bonnement impossible d’atteindre le taux de croissance escompté qui devrait au moins être égal à 6% par an.

En Éthiopie, au Malawi, au Mozambique, en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie où le secteur est le plus pourvoyeur d’emplois depuis de longues années maintenant, la recherche s’est considérablement adaptée, et surtout, elle a permis d’intensifier les pratiques de gestion dans le milieu rural. En Afrique Centrale aussi où 80 des 90% de la population pauvre résidant en zone rurale sont des agriculteurs pauvres, le contraste est plus qu’évocateur. Nombreux sont donc les personnes qui pensent qu’il conviendrait d’accorder la priorité au secteur rural qui sonne comme un véritable pôle emplois et un frein de migrations des populations.

Lutter contre les crises de migrations internes des populations

Le phénomène de migrations internes sur le continent africain représente une grande difficulté pour la mise sur pied de politiques incitatives à l’agriculture en milieu rural. Plus la situation s’enlise, plus les populations ont tendance à penser qu’il serait meilleur de s’établir ailleurs en optant pour des destinations urbaines peu recommandables où règnent la promiscuité, le chômage et un taux de sous-emploi insoupçonné. Dans la majorité de ces grandes villes aujourd’hui, la plupart des pauvres urbains sont des immigrants récents de l’exode rural. Lorsque ces déplacements sont du fait des changements climatiques par exemple, on parle de migrations écologiques, mais lorsqu’il s’agit pour ces populations de migrer vers l’intérieur du pays simplement parce qu’à la recherche de meilleures conditions de vie, il est plus courant de parler du phénomène de « l’exode rural ». Comment comprendre alors qu’un si fort potentiel humain, conscient de ses qualités, continu de vadrouiller dans les grandes villes de pays africains alors que les opportunités de développement existes et sont nombreuses dans les zones rurales ? En apportant leur concours et en militant pour une réelle politique de production et de transformation locale, le balance sous le biais des gouvernements, devrait considérablement s’équilibrer pour permettre au pays africains d’en sortir gagnants ne serait-ce que sur le plan de la sécurité alimentaire.

Amélioration de la sécurité alimentaire

Encore aujourd’hui, l’Afrique est considérée, malgré tout le vivier et le potentiel disponible, comme un creuset de la famine et d’une alimentation de mauvaise qualité. Pour donc lutter contre ces considérations importées et qui traduisent à suffisance la précarité qui alimentaire qui anime le continent, nombreux sont ceux qui plaident pour la promotion d’une agriculture rurale vecteur de croissance durable et solidaire afin de parvenir à un système qui assure une alimentation nutritive, sûre et accessible à tous. Là où de nombreuses personnes sont donc pauvres pour pouvoir se nourrir convenablement, les nouvelles politiques agricoles, axées en majeure partie dans les zones rurales doivent dorénavant permettre d’assurer une véritable sécurité alimentaire. Il n’est donc plus question que d’ici à l’horizon 2063, avec l’agenda PDDAA, qu’on enregistre encore des personnes qui meurent sur le continent du fait des effets de la mal nutrition ou de la famine.

Dynamisation de l’économie locale

Pour plusieurs experts des questions de développement local, il serait important voire impérieux que les États africains misent d’avantage sur la transformation locale des produits issus de l’agriculture rurale. Dans leur sillage, la « ruralité » doit jouer un rôle de pivot dans les agendas nationaux pour booster le développement. Il faut encourager les entreprises productives qui gèrent des activités d’agriculture, de transformation et de commercialisation des produits cultivés sur place. Une telle initiative a ainsi permis la formation de nombreux GIC, spécialisés dans la culture du cacao, dans les zones rurales du Centre-Cameroun qui, avec les efforts, ont su donner à leur produit une meilleur qualité qui leur a permis de le vendre à un prix nettement supérieur à celui pratiqué sur le marché. Avec tout ça et, fort de la mise sur pied progressive par ces GIC de structures de transformations de leurs fèves de cacao, plusieurs d’entre eux peuvent se vanter en déclarant fièrement que les conditions de vie, aujourd’hui sont nettement meilleures dans leur localité que dans le passé.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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