Association for Free Research and International Cooperation

Infrastructures routières en Afrique centrale, déni ou absence de vision prospective ?

15.09.2019
Article de la rédaction AFRIC
S’il fallait inventer un contre adage à celui selon lequel « là où la route passe, le développement suit », l’Afrique centrale serait le laboratoire idéal pour ce type d’expérience. Si cette argumentation tant d’emblée à poser un point d’interrogation sur le mauvais état harmonisé des infrastructures routières de la sous-région, elle tend surtout par la suite à mettre en évidence les lacunes observées dans le manque d’une vision anticipative des dirigeants concernant ce secteur. Le manque de cohésion de la progression du parc automobile de concert avec le circuit routier, le manque d’aménagement des routes, une gestion peu ou pas adaptée suffisent alors à mettre en évidence la combinaison biaisée et la situation dans laquelle se trouvent actuellement les pays de la sous-région.

Si les infrastructures sociales de base concernant la construction des écoles, l’adduction d’eau, l’électricité ou encore l’édification des hôpitaux doivent en tout temps constituer les ingrédients fondamentaux, nécessaires pour le développement durable d’une nation, il n’est cependant pas rare d’exclure que ce sont les infrastructures de transport en particulier qui en constituent la matrice principale. Dans leur sillage, les infrastructures routières, à elles seules constituent déjà un atout de développement socio-économique sûr. Dans cet imbroglio du non avancement des pays de l’Afrique centrale en la matière, nombreux s’interrogent alors sur la question de savoir à quoi le retard observé dans la construction des infrastructures routières peut-être dû. Serait-ce du fait de fonds insuffisants, quand on sait que plusieurs d’entre eux sont en proie à des conflits et des défaillances de trésorerie ou du fait d’un déni de construction manifeste de la part des gouvernants préoccupés pour la majorité d’entre eux par la consolidation de leurs acquis ?

Déni de construction, le manque de volonté des dirigeants

Sous-région pourtant à fort potentiel au vue de ses richesses en ressources naturelles, la zone Afrique centrale souffre aujourd’hui d’un mal profond lié à la volonté et la capacité de ses gouvernants à opérer les bons choix. Que ce soit au Gabon, au Cameroun, en RD Congo et chez les autres, les gouvernants travaillent beaucoup plus à consolider leur position plutôt qu’à satisfaire l’intérêt général. Dans presque tous les domaines fondamentaux et vitaux du développement durable et celui des infrastructures routières en particulier, les multiples manquements observés et les retards criards dans la construction d’infrastructures, ce depuis les indépendances, fait plus penser qu’il s’agit d’un manque de volonté politique plus que d’autre chose.

Pour l’ensemble des pays de la sous-région, la réalité parle d’elle-même. Le déni acerbe de construction qui y est constaté, fruit de mauvaises politiques gouvernementales, est palpable quand on prend pour référence les chiffres avancés dans les multiples rapports faisant état des réalisations entreprises par les différents gouvernements de la zone dans le domaine. En RD Congo, on constate aisément que, depuis les indépendances en 1960, le circuit routier n’a pas connu une réelle évolution. Avec seulement 145 000 km de routes dont les 70% sont héritées de la colonisation Belge, il y’a de constater que ce non avancement est alarmant et pourrait être assimilé à une situation de catastrophe nationale. Le constat est d’autant plus amer quand on se rend compte qu’une bonne partie de ces infrastructures sont déjà fermées donc impraticables.

Le vieillissement, le manque d’entretien, l’insuffisance de la signalisation et le sous-dimensionnement des voies à grande circulation étant les causes principales de ce déni de construction observé permettent d’établir le parallèle selon lequel seulement environ 2 800 km de ces routes sont revêtues quand moins de 700 km sont encore en bon état. Le cas du circuit routier camerounais n’est pas en reste et est presque similaire à celui de la RD Congo quand on sait que, classé 25e sur les 54 États africains en matière de sécurité routière, ce pays de la sous-région ne compte que 120 000 kilomètres de routes praticables sur l’étendue du territoire dont seulement 5 600 bitumés. Le cas de la capitale économique du pays, Douala, où les populations crient au scandale est plus qu’évocateur à cet effet.

Absence de vision prospective

En partant du postulat selon lequel même les civilisations les plus anciennes n’ont eu leur histoire, leur survie et leur prospérité que grâce à la création et aux soins apportés aux infrastructures de transport, on conçoit facilement que négliger ce secteur revient de fait à renoncer à la compétitivité, au progrès et au développement. Pour vérifier cette hypothèse, il suffit de faire un tour d’horizons des pays hautement développés ou industrialisés dans le monde pour comprendre l’engouement que ces derniers ont pour la construction de nouvelles infrastructures de transport ou la réfection de celles existantes. Contrairement aux nations de la sous-région, plusieurs pays africains comme le Rwanda ont compris qu’il fallait miser sur la construction d’infrastructures routières de qualité pour pouvoir anticiper les perspectives d’avenir. Pour ces pays qui ont compris l’importance d’avenir que représente le déploiement d’un bon secteur routier, la mesure la plus urgente et la plus fondamentale, pour atteindre l’émergence tant sollicitée, est de mettre sur pied une excellente vision prospective de construction des infrastructures routières de transport. Si cela manque, il sera impossible d’arriver à un vrai développement économique, social, culturel et humain de grande valeur.

Carence en infrastructures routières, grand frein au développement

Pour parvenir à un vrai développement et accroître la compétitivité des pays de la zone Afrique centrale, les dirigeants doivent prendre à bras le corps le problème des infrastructures de transport qui représente une vraie épine dorsale pour toutes les générations. L’énorme déficit d’infrastructures routières par rapport aux besoins des populations suffit à lui seul à entrevoir les difficultés de développement qui caractérisent la sous-région. Sans routes, les gens peuvent produire mais ne peuvent rien vendre ni échanger. Dans une telle perspective, cet état de choses peut rapidement conduire à un effet boomerang dans la mesure où une absence d’infrastructures de transport conduit très souvent inexorablement à l’accroissement des coûts de transport des personnes et des marchandises ; ce qui va rendre les exportations de ces pays moins compétitives sur les marchés mondiaux et leurs importations plus couteuses pour les consommateurs.

Pourtant en créant, en soignant et en modernisant les infrastructures de transport, la solution aurait suffi pour  toucher et améliorer tous les autres secteurs de la vie sociale et économique. De nombreux experts estiment même que en revalorisant leur niveau d’infrastructure, les pays de la sous-région pourraient progresser, pour ce qui est du PIB par habitant, d’un pourcentage de près de 1,7 point supplémentaire chaque année.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

 

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