Association for Free Research and International Cooperation

Faux réseaux et agences de voyages en Afrique, les nouveaux tremplins du crime organisé

16.09.2019
Article de la rédaction AFRIC
Face à la pauvreté, au chômage, aux conditions de vie difficiles et au mythe de l’occident, nombreux sont les africains qui désirent tenter leur propre expérience du périple malgré tous les avertissements et les mauvais précédents. Parfois au péril de leur vie, ces derniers s’engagent dans des défis dont l’issue n’est pas connue d’avance. Lorsqu’ils n’empruntent pas les circuits de la mort avec en option la traversée de la mer et du désert, une partie d’entre eux, celle disposant d’un peu plus de moyens contrairement aux premiers, fait parfois appel à des agences, réseaux ou facilitateurs de voyages dont la fiabilité, l’éthique de travail et encore les moyens utilisés restent remis en cause.

Avec des méthodes et des propagandes fallacieuses basées sur la célérité de la procédure, la présentation de salaires mirobolants pour les contrats de travail futurs, la prise en charge complète par l’agence demanderesse, les paiements simplifiés ou à l’arrivée, ces derniers arrivent à vendre le rêve à plusieurs africains ; surtout ceux en proie au changement rapide de leurs conditions de vie et ceux adeptes du culte de l’occident à tous prix. À tort ou à raison, les victimes de ces réseaux pensent très souvent avoir touché le saint graal, cette opportunité-là, digne de changer leur vie. Sauf que, une fois la procédure terminée et une fois rendus dans leurs pays d’accueil, ces africains se rendent comptent très tardivement de la supercherie et de l’entourloupe qui leur était tendu. Tout ceci sans possibilité de retour à l’immédiat car, dans la plupart des cas, leurs passeports leur sont retirés une fois arrivée sur leur terre d’accueil pour être remis aux agences de recrutement.

Si les pays du Golfe sont réputés pour être les premières destinations de cette tentative de reculade des préceptes de l’humanité, les réseaux de recrutement eux s’implantent dans toute l’Afrique, avec le plus souvent à leur tête certains africains avares du gain facile et qui n’hésitent à utiliser leurs compatriotes pour arriver à leurs fins. Les femmes étant en majorité les victimes de ces tortionnaires parce que plus exposées, elles se retrouvent très souvent renfermées dans l’étau des circuits de proxénétisme et d’esclavagiste sexuel pour ce qui concerne les personnes qui y vont en tant que femme de ménage, ou dans des systèmes de vases clos et hermétiques pour ce qui est des étudiants.

Les réseaux/agences spécialisés dans le recrutement des étudiants

Contrairement aux réseaux, les agences de recrutement opèrent parfois à découvert. Même si toutes ne sont pas à mettre sur le même piédestal, d’autres en revanche ne rechignent sur aucun moyen pour se faire de l’argent. Dans leurs démarches, ces agences proposent à des personnes, généralement des étudiants, de leur offrir des facilitations d’obtention de visas leur permettant d’aller continuer leurs études dans les pays sollicités en utilisant des voies de contournement comme des « pays de passage » . Les pays servant le plus souvent de pays de passage sont les pays du Maghreb, la Russie ou encore Chypre. La technique à ce niveau est facile à mettre sur pied selon qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre de ces pays.

S’agissant des pays du Maghreb, l’offre qui est généralement faite aux victimes est de leur proposer de faire un premier voyage dans un pays de la zone où elles effectueront une première d’étude dans une école partenaire de l’école de destination finale. Pour renforcer leur crédibilité, ces agences garantissent à ces étudiants le concours de leurs représentants dans ces pays de « passage » qui leur permettront, une fois arrivé sur place, de pouvoir user de toutes les facilités d’intégration et d’accompagnement dans les formalités administratives. Sauf que toutes ces propositions sont très généralement fausses et à leur arrivée, ces étudiants se retrouvent abandonnés à eux sans aucun logement comme prévu dans la clause de départ et pour les plus malchanceux avec juste une préinscription, sans aucune inscription dans aucune école de la place. Ces étudiants, fraichement débarqués doivent alors se battre pour payer les frais d’inscription nécessaires pour pouvoir rester sur le territoire sinon ils s’exposent à une expulsion du territoire. En situation délicate et dos au mur, nombreux sont alors ceux qui préfèrent vivre dans la clandestinité pour ne pas subir les stigmates d’un retour précoce au pays. S’agissant en outre des autres pays souvent sollicités comme la Russie ou Chypre, le processus est presque identique sauf que cette fois ci, l’étudiant est averti qu’il devra se battre personnellement pour pouvoir rejoindre un pays du Schengen, destination finale.

Les réseaux/agences spécialisés dans le recrutement des femmes de ménage

La majeure partie de ces réseaux qui, ciblent prioritairement les femmes et surtout celles peu cultivées, fonctionnent pour la plus part en marge du système et dans la clandestinité. Parfois à l’aide d’annonces dans les réseaux sociaux ou d’affiches près des marchés et campus universitaires, ces derniers ciblent les personnes les plus vulnérables pour les enrôler facilement. Une fois que ces personnes sont enrôlées, elles se retrouvent alors pour les plus nantis parfois seulement privées de liberté et en proie à des maltraitances physiques dans leur maison d’embauche, mais pour les autres, les plus touchées, elles se retrouvent prises dans les circuits de proxénètes et d’esclavagistes sexuels. Pour attirer toujours plus de personnes, ils utilisent les personnes déjà sous leur joug pour faire leur propagande auprès d’amies, connaissances ou voisines restées au pays.

Le phénomène est purement l’apanage des pays du Golfe. Que ce soit Koweït, à Dubaï, au Qatar, en Arabie Saoudite ou même encore au Liban, le phénomène est observable et tous les jours des témoignages de femmes de ménages maltraitées et même transformées en objets sexuels font surface. Dans cette nouvelle forme de traite de l’être humain, les femmes africaines, en particulier celles ressortissants de la zone subsaharienne sont les plus touchées Pour pérenniser leur système de recrutement, ces passeurs et détenteurs de réseaux ou d’agences de facilitation bénéficient de circuits profondément intégrés et rodés dans les pays de recrutement et d’accueil. Contre somme d’argent, ces recruteurs proposent aux personnes indigentes qui n’ont le souci que d’avoir un emploi, des moyens de facilitation  d’obtention de Visa avec à la clé un contrat de femme de ménage et des rémunérations souvent mirobolantes les attendent déjà. Sauf qu’à la réalité, c’est très souvent des traitements ignobles qui leur sont réservés en prime des tortures.

Nombreuses sont par exemple vendues comme esclaves de maison au service d’une famille fortunée par l’agence de recrutement sans jamais ou presque toucher de salaire où elles s’exposent quotidiennement à des humiliations, du travail forcée et bien d’autres. Les autres, pour les plus malchanceuses, se retrouvent dans des circuits peu recommandables où elles sont transformées en objets sexuels, vendus au plus offrant.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community