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Campagne de recrutement démesurée dans la fonction publique en Afrique

09.09.2019
Article de la rédaction AFRIC
Parmi les vrais ennemis du continent africain, il est important de lister la pauvreté, le manque ou l’échec de l’éducation, la corruption ou encore le chômage. Ce dernier, considéré à bien des égards comme un véritable fléau qui, à lui tout seul, est capable de troubler la stabilité de tous les couches de la société, est apparu de nos jours comme un tremplin négatif, créatif de mots encore plus encombrant pour les États et leurs démembrements. Pour essayer de lutter contre ce phénomène dégradant et indigent, les États africains ont été obligés de combler les lacunes existantes en se postant comme de véritables garde-fou de la stabilité économique des ménages et des sociétés. Là où le secteur privée, avec l’entrepreneuriat, devait prendre le relais pour suppléer les États dans l’une de leurs missions régaliennes, le continent africain a connu un grand retard ; ce qui amène aujourd’hui au constat amer qui érige ces derniers comme les seuls vrais garants de la stabilité sociale et économique en terme d’emploi et d’insertion professionnelle. Pour éviter les grognes répétitives des populations face au chômage débordant, les États africains, qui pour l’ensemble manquent de vision stratégique contre ce fléau, ont ainsi été dans l’obligation de se transformer en de véritables employeurs, pourvoyeurs d’emploi et d’assistance.

La ruée vers l’administration publique en Afrique est aujourd’hui clairement contre productive dans la mesure où elle ne stimule pas d’avantage les populations à la création d’emploi. Nombreux sont alors les africains qui ne rêvent que de travailler dans la fonction publique, non pas par conviction, mais plutôt par échapper au chômage ambiant et grandissant. Que ce soit en Afrique subsaharienne ou dans le Maghreb, le constat est le même. Les gouvernements restent encore pour la plus part des pays du continent les premiers employeurs, alors que partout ailleurs la donne a changé pour un développement plus accéléré. Dans une telle perspective, nombreux sont ceux cris chaque jour à la défaillance d’un tel état de choses en mettant en avant le constat selon la fonction publique en Afrique est devenue le refuge de personnes indigentes pourtant à la base elle devrait s’apparenter beaucoup plus à un service que l’on rend à la population. Comme gage de survie, nombreux sont ceux qui se lancent à une chasse féroce du « matricule » et dans cet environnement, les États assistent impuissamment à la non réalisation des résultats escomptés en termes d’entrepreneuriat.

La chasse au matricule

S’il faille noter la qualité de service rendue dans les administrations publiques en Afrique, nombreux seront unanimes pour lui donner une note négative parce qu’elle ne remplit clairement  pas ses missions. Les agents publics, dans l’ensemble, sont beaucoup plus attirés par un désir de fuir le chômage que de servir la citée. Presque tous sont animés d’un caractère vil de survie qui jette l’opprobre sur l’administration et ses démembrements. Cette hypothèse est celle qui dérive de la situation où ces derniers sont même présents à leur poste ; car à la base, nombreux sont ceux qui en Afrique, vont travailler dans la fonction publique juste pour le matricule qui est considéré dans le contexte africain comme le gage d’un salaire régulier à la fin du mois et d’une retraite couverte même si le service attendu n’est pas rendu en contrepartie. Plusieurs fonctionnaires continuent par exemple d’être des fonctionnaires alors qu’ils n’effectuent pas le travail pour lequel ils sont rémunérés. D’autres vont même plus loin en maintenant leur matricule actif pour continuer à percevoir leur salaire alors qu’ils ne résident plus dans leur pays et ne travaillent plus pour le compte de l’État.

Parce que non sanctionnée vigoureusement et non encadrée à la base cette situation a contribué à une augmentation conséquente du taux de chômage en Afrique dans la mesure où des personnes occupent fictivement ou partiellement des postes de fonctionnalités qui devaient normalement être dévolues à d’autres personnes, demandeurs d’emploi. En complicité avec leurs supérieurs ou parfois résultant du fait de systèmes de contournement savamment élaborés, les « fonctionnaires du matricule » mettent à mal la qualité du service publique rendue dans le continent et influent à proportion élevée sur le taux de chômage qui y est observé. Plusieurs des agents de l’État, une fois qu’ils ont obtenus le matricule, l’un des sésames les plus sollicités du continent, deviennent arrogants et méprisables envers les citoyens parce que, disent-ils, ils sont couverts par l’assurance tous risques que représente le matricule.

Un frein au développement de l’entrepreneuriat africain :

Le fait pour les africains d’accourir systématiquement pour se frayer une place dans la fonction publique est plutôt contre-productive pour un continent où le taux de chômage atteint des records. Là où des africains auraient dû innover en apportant des solutions génératrices d’emploi pour une grande communauté, beaucoup préfèrent se contenter d’un prochain recrutement dans la fonction publique. Pour un continent où les jeunes de moins de 30 ans représentent 60% de la population, les États doivent d’avantage parier sur des solutions incitatives de création d’entreprise afin de lutter contre la contre productivité. Les États peuvent par exemple, dans les cursus de formation, imposer aux étudiants d’un certain niveau, la création d’entreprise de petite ou de moyenne échelle par groupe restreint qui conditionne la validation du diplôme en fin de formation. Ces États pourraient ainsi s’engager à mettre sur pied des mesures d’accompagnement stratégiques qui devront permettre aux étudiants de voir cette unité de valeur comme une opportunité à saisir plutôt qu’une contrainte. Plutôt que de parier sur des concours de recrutements auréolés par la corruption et le favoritisme qui poussent généralement les jeunes à l’attentisme et à l’oisiveté, avec parfois des nombres insolites de candidats, les États africains auraient beaucoup plus intérêt à parier sur la capacité de création des africains. Toutes ces solutions, une fois mises sur pied, participeront peut être à inverser la courbe négative de la réalité observée sur le continent qui fait des États les premiers employeurs devant les employeurs du secteur privé alors que leurs représentants continuent de parler de l’entrepreneuriat comme une solution d’avenir et d’espoir.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Crédit : google image/illustration

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