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L’enseignement en Afrique : Les seigneurs de la craie lancent un appel à leur gouvernement

07.09.2019
Article de la rédaction AFRIC
Malgré les revendications répétées, les enseignants du primaire et du secondaire déplorent la situation financière à laquelle ils sont assujettis depuis une dizaine d’années.
L’enseignement en général est devenu un secteur très criard en Afrique. Ceux -là qui sont censés être le mieux rémunéré du fait de leur lourde mission qui est de concevoir l’avenir à travers la formation des hommes et des femmes de toute les générations. Les enseignants en Afrique sont plutôt classés parmi les derniers en termes de pouvoir d’achat.

Du primaire au supérieur en passant par le secondaire,  tout le monde pleure. Seuls les grèves, et les lamentations observées dans plusieurs parties du continent révèlent réellement la douleur de ces éducateurs. En conséquence, la quasi-totalité des enseignants est obligée de jeter leur dévolu dans le cumul du deuxième emploi afin de pourvoir aux besoins de leur famille.

Afrique francophone

Pendant longtemps, l’enseignement a fait rêver beaucoup d’africains. Avec l’avènement des crises économiques et socio-politiques qui embrasent le continent, les secteurs comme l’enseignement primaire et secondaire regorge déjà une panoplie de déficits. On peut citer  entre autres le manque de matériels, les classes en surnombres, aucun support didactiques pour mener les cours, les conditions de travail sont difficiles et le salaire misérable et les affectations dans des communes enclavé ne disposant ni eau courante ni électricité. Selon Edwige Abossolo, institutrice dans une école rurale au Cameroun, « être enseignant  insinue que on a choisis la pauvreté comme compagnon. L’instituteur est le fonctionnaire laissé pour compte dans notre pays. Depuis 2005 que je suis sortie de l’Ecole des instituteurs, mon salaire est de 110 000fcfa » s’est-elle indignée.

Pareil pour Eric Akono, directeur d’école primaire « l’enseignement était une passion au début de ma carrière. Mais  depuis que la magouille s’est installée dans notre secteur, j’ai perdu l’amour d’enseigner»,  a-t-il regretté. Aujourd’hui malheureusement,  plusieurs n’y font plus carrière par amour mais parce qu’ils n’ont  pas trouvé satisfaction ailleurs. On dirait que la tutelle est indifférente face aux conditions de vie de son personnel et surtout de ceux des zones rurales.

Selon Tv5 Afrique, au Congo par exemple, Rigobert ne touche que 140 000 francs congolais par mois, soit environ 85 dollars pas suffisant pour subvenir aux besoins de sa famille. Alors comme beaucoup d’enseignants, il a dû trouver un deuxième emploi.

En revanche au  Gabon qui est considérer comme un eldorado par les autres enseignants de la zone Afrique centrale, le salaire dépend de la classe où est logé l’enseignement au niveau de la fonction publique. Pour  Louis Patrick Mombo, secrétaire général de la Convention nationale des syndicats du secteur de l’éducation  Consasyed, approché par la presse Africa Check, les classes vont de C à A. «  donc là où certains peuvent avoir un peu plus de 200000 FCFA, d’autres peuvent se retrouver avec un salaire de 700000 et même 800000 francs » a-t-il fait révélé.

Au Maroc, un instituteur est généralement payé 6.800 dirhams au début de leur carrière soit 409 000 FCFA, si l’on se base sur la fiche de calcul des salaires disponible sur le site du ministère de la Fonction publique et de la modernisation  de l’administration.

Par contre en Tunisie, un instituteur est moins bien loti. Un débutant gagne environ 600 dinars soit 159 000 frs. Cette rémunération peut osciller jusqu’à 700 dinars en fonction de l’ancienneté. La preuve, dans un communiqué rendu public en septembre 2015, l’Etat tunisien avait annoncé son intention de porter ce salaire à 777 dinars soit 206 250 FCFA en 2019, bien en deçà de leurs collègues ivoiriens .Les mieux payés peuvent percevoir jusqu’à 930 dinars soit 239 000 FCFA.

Le reste du continent

En Afrique du Sud, les salaires varient entre 1.600 dollars (763 000 à 930 000fcfa) comme l’indique l’Organisation nationale des enseignants professionnels d’Afrique du Sud. Tout le côté opposé des collègues du Nigeria où d’après Africa check, «  le traitement des instituteurs dépend des Etats et du niveau de qualification » nous a-t-il appris.

A Lagos, un instituteur du public démarre avec un salaire mensuel de 50000 nairas soit 94 200fcfa. Dans les autres Etats, c’est environ 22 000 nairas (41 400fcfa), source principal de la bataille du syndicat national des enseignants.

L’Egypte est le seul pays d’Afrique cité dans l’enquête de la fondation  Varky à propos du statut social de l’enseignant. Dans son document publié en 2013, cette renseigne que le salaire annuel moyen en Egypte est de 10.604 dollars soit 519 000 fcfa par mois. De plus,  le document intitulé « Journée mondiale des enseignants 2014 : les défis des enseignants dans les pays du Sahel », utilisé par Africa check, l’Unesco souligne que les enseignants du primaire sont payés environ 22 dollars US (12.800francs) par jour. Cela fait un salaire mensuel d’environ 384 000francs fcfa.

Si l’on se réfère à toutes ces analyses et enquêtes, seuls les enseignants du Sahel,  de l’Afrique du Sud et de quelques pays de l’Afrique francophone sont les mieux rémunérés.

Mais il est à noter que s’il y’a  déséquilibre entre les enseignants de la partie francophone et les enseignants des autres pays du continent, cela dépend des Parités de pouvoir d’achat qui ne sont pas les mêmes partout. Le taux d’achat peut être différent du taux de change qui reflète les valeurs des monnaies sur les marchés financiers internationaux et non leurs valeurs intrinsèques pour un consommateur.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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