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Entrepreneuriat féminin africain : l’exemple du « doing good » et du « doing well »

01.09.2019
Article from AFRIC Editorial
Le leadership africain de demain sera féminin. Cette phrase choque qui a marqué l’ouverture du Africa CEO Forum du 20 mars 2017 à Genève venait répondre au problème de la place des femmes dans les entreprises africaines. Plus nombreuses en Afrique que partout ailleurs dans le monde, les femmes entrepreneuses africaines sont aujourd’hui ce qu’il y’a de meilleurs dans les politiques de doing good et de doing well c’est-à-dire en matière entrepreneuriale de bien faire et faire bien. Mieux que les hommes, les femmes entrepreneuses en Afrique, dans toutes les activités qu’elles entreprennent, allient presqu’à la perfection les techniques du bien faire et du faire bien. C’est dire que dans les entreprises qu’elles créent, les femmes, sur une échelle de comparaison avec les hommes entrepreneurs du contient, lorsqu’elles réussissent à émerger, accordent beaucoup plus de sérieux et de crédit que ces derniers dans leur savoir-faire et leurs techniques de management ; ce qui les garantit le plus souvent une meilleure réussite.

Dotées d’un instinct qui a très souvent amené à penser que les femmes africaines créent des entreprises parce qu’elles profitent plus de l’opportunité qui leur est donnée plutôt que d’une nécessité, ces femmes ont su bénéficier au fil du temps de leurs qualités pour s’imposer dans l’escarcelle de l’entrepreneuriat comme une force certaine avec laquelle il va falloir composer. Ces qualités représentent aujourd’hui une force intrinsèque manifestement appréciée pour le continent puisqu’elles permettent d’entrevoir la position privilégiée que les africaines occupent à l’échelle mondiale dans le domaine, leur capacité à attirer des financements et des investissements et leur capacité à se dépasser en impliquant les moins favorisées dans les métiers de l’entrepreneuriat.

Les championnes du monde de l’entrepreneuriat

S’il existait une compétition axée sur l’entrepreneuriat féminin dans le monde, le continent africain est celui qui devrait truster à coup sûr les premières places chaque année. Cette affirmation n’est pas sans fondement puisque d’après la dernière étude menée sur le sujet pour Women in Africa et publiée par le cabinet Rolland Berger, près de 24% des africaines en âge d’exercer un emploi sont impliquées dans la création d’entreprises. Ce fort taux de concentration traduit à dessein, non seulement la volonté, mais aussi la capacité des femmes dotées pour l’ensemble des techniques du doing good et du doing well à entreprendre sur le continent. Malgré donc les obstacles qui se dressent sur leur chemin, les africaines ont permis au continent d’abriter le plus grand nombre d’entrepreneuses au monde. Ce nombre n’aurait pas été aussi important si les africaines n’arrivaient pas à transformer des idées en de véritables opportunités. À titre de comparaison aux chiffres et à la capacité d’implication observés sur le continent, on se rend compte que l’entrepreneuriat engendrerait entre 250 et 300 milliards de dollars américains, soit environ 12 à 14% du PIB du continent.

Avec 600 millions de femmes entrepreneuses, l’Afrique apparaît comme la seule région du monde avec plus d’entrepreneuses que d’entrepreneurs. Même si d’après l’étude intitulé « l’entrepreneuriat des femmes en Afrique : un chemin vers l’émancipation », elles sont confrontées à des multiples obstacles réduisant leur capacité à créer et diriger des entreprises telles que les barrières légales, les barrières culturelles ou encore les difficultés à obtenir des prêts bancaires, les femmes africaines ont le taux de création d’entreprises le plus élevé dans le monde. Elles devancent largement les femmes entrepreneuses d’Amérique Latine avec leur taux de 17%, celles d’Amérique du Nord avec 12%, ou encore celles d’Europe et  d’Asie Centrale qui culminent à 8%.

Un incubateur de financement et d’investissement

Les femmes ont moins d’opportunités économiques que les hommes aujourd’hui en Afrique, c’est un fait. Mais à la réalité, elles sont aussi beaucoup  plus appliquées et obtiennent beaucoup plus de succès. C’est ce succès mélioratif qui amène de plus en plus des entités à parier sur les femmes africaines pour accompagner le développement du continent. D’aucuns ce sont même inscrits dans une logique d’accompagner les femmes africaines afin de réduire considérablement le déficit de financement existant entre celles-ci et les hommes qui s’élève aujourd’hui à un peu plus de 42 milliards de dollars. Dans cette optique, il n’est donc pas possible de régner la maxime économique suivant laquelle plus une entité est bancable plus elle a des chances d’obtenir des financements pour implémenter ses investissements.

L’entrepreneuriat féminin africain s’inscrivant de la lignée des investissements à forte plus-value sur le continent, il a alors pu bénéficier des investissements conséquents au fil du temps dont le dernier en date est celui à hauteur de 251 millions de dollars à lui accordé par les dirigeants du G7 lors du dernier sommet organisé à Biarritz, dans le Sud-Ouest de la France, du 24 au 26 août dernier. Destiné essentiellement à soutenir l’initiative d’Action Positive pour le Financement en faveur des Femmes en Afrique (AFAWA) portée par la Banque Africaine de Développement (BAD), cet investissement qui va débloquer l’accès au financement pour les femmes entrepreneuses et leur permettre d’être économiquement autonome a été salué par le président de la BAD, Akinwumi Adesina, pour qui investir dans l’entrepreneuriat féminin en Afrique est un investissement fort de sens car les femmes ne sont pas seulement l’avenir de l’Afrique, elles sont le présent de l’Afrique. Ces dernières à titre illustratif détiennent par exemple 30% des PME du continent alors que leur marge de manœuvre est encore perfectible.

Un outil de dépassement et d’implication des moins favorisés

Les femmes entrepreneuses africaines représentent l’exemple parfait du doing good et du doing well en outre parce qu’elles combattent chaque jour le manque de compétences adaptées qui leur colle quotidiennement à la peau. Pour inciter encore plus de femmes à l’entrepreneuriat, plusieurs d’entre elles ont par exemple lancé des campagnes d’alphabétisation féminine sur le continent.

Avec pour point d’achoppement de pouvoir l’élargir l’éventail des femmes impliquées dans le métier, nombreuses sont les femmes qui, au cours de ses campagnes ont compris qu’elles avaient un réel pouvoir qui pouvait être mis à contribution pour créer et gérer des entreprises, fussent-elles des TPE ou des PME. Nombreuses sont également les femmes africaines qui pour combattre ce manque de compétences adaptée, ont fondé des entreprises essentiellement spécialisées dans la formation des femmes entrepreneuses. L’une des plus connue d’entre elles est la nigériane Sandra Ajaja, avec son entreprise FemPower, qui excelle dans le secteur des nouvelles technologies, a déjà formé plus de 2.000 femmes à la création d’entreprises et facilité la création de près de 52 entreprises détenues par des femmes au Nigéria, au Kenya et en Zambie.

Article from AFRIC Editorial

Photo Credit : google image/illustration

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