Association for Free Research and International Cooperation

DJ Arafat : un début de repos éternel troublé par des fans

02.09.2019
Lire l'original de l'article sur: lepoint.fr
Alors que la star du coupé-décalé venait d'être inhumée après une nuit d'hommage musical, sa tombe et son cercueil ont été pris d'assaut et ouverts par de jeunes agités. L'image est aussi choquante que surréaliste. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir une foule de jeunes agités qui ouvrent la tombe et le cercueil de DJ Arafat, et qui prennent en photo sa dépouille. « Nous avions voulu voir le corps de notre idole avant la fermeture du tombeau », a expliqué un fan (sans donner son nom) à un journaliste de l'AFP aux abords du cimetière de Williamsville, dans la commune d'Adjamé.

Le voir et être sûr que c’est DJ Arafat dans la tombe

« C’est Yoro, c’est lui ! » a crié un autre fan, en référence au surnom « Yorobo » de DJ Arafat. La police est intervenue pour disperser la foule, tirant des gaz lacrymogènes. Plusieurs personnes ont été blessées, selon des témoignages recueillis par l’AFP. Auparavant, des échauffourées avaient éclaté aux abords du cimetière de Williamsville entre la police et des fans mécontents d’être tenus à l’écart de l’enterrement qui s’est déroulé dans l’intimité familiale. Vers 11 heures (heure locale et GMT), un journaliste de l’AFP a vu des barricades et des feux de pneus dans une artère menant au cimetière. La cérémonie d’hommage exceptionnelle pour le roi du coupé-décalé s’était déroulée sans incident toute la nuit au stade Félix-Houphouët-Boigny, le plus grand du pays, dans la commune du Plateau.

Rappel d’un parcours peu commun

Le décès du « Yorobo » a suscité un émoi national en Côte      d’Ivoire : dirigeants politiques, stars du football et artistes de renom se sont succédé      pour « saluer son talent ».     DJ Arafat, qui était père de cinq enfants, devait ensuite être inhumé dans l’intimité      familiale au cimetière de Williamsville, dans la commune populaire d’Adjamé, à Abidjan. Né d’un père ingénieur du son réputé et d’une mère chanteuse, le jeune DJ Arafat s’était      formé à la musique sur le tas. DJ dans les maquis de la rue Princesse à Yopougon,      le grand lieu de la fête à Abidjan, il avait percé avec le titre « Jonathan » en 2003,      avant d’enchaîner les tubes pendant quinze ans : « Kpangor » (2005), « Djessimidjeka » (2012), « Maplorly » (2015), « Dosabado » (2018), entre autres. Arafat a « révolutionné le coupé-décalé, en mélangeant les sons, les rythmes. Il s’est      par exemple inspiré de musiques traditionnelles africaines, mais aussi de l’afrobeat      nigérian, du rap, du baile funk brésilien. Il était aussi un danseur exceptionnel      et a associé à sa musique des concepts de danse nouveaux », explique Franck Alcide      Kacou, directeur label et publishing d’Universal Music Africa (filiale de la multinationale      Vivendi), la compagnie qui produisait l’artiste depuis 2013. « Il était l’artiste le plus influent de l’Afrique de l’Ouest, avec une communauté      de 2 millions de fans sur Facebook. Il avait une véritable aura », selon M. Kacou.      « Il commençait à percer en Europe et en Amérique, à toucher un public au-delà de la      diaspora ivoirienne ». Sur son dernier album, Renaissance, sorti fin décembre 2018,      il avait invité des artistes internationaux tels que Maître Gims, Dadju, Davido et      Fally Ipupa.

« Il est parti de rien, il a pris le trône du coupé-décalé. Vraiment ça c’est quelque      chose qui motive les jeunes aujourd’hui, ceux qui n’ont rien », a témoigné auprès de      l’AFP une de ses fans, Olga Manou, étudiante. La star était parfois controversée, pour ses « clashes » sur les réseaux sociaux avec      d’autres artistes ou pour ses déclarations homophobes. « C’était une personnalité clivante. Il était très sensible, d’où ses réactions sans      filtre. Mais c’étaient aussi des coups marketing », selon M. Kacou. DJ Arafat avait été désigné « meilleur artiste de l’année » aux Awards du coupé-décalé      en 2016 et 2017. Il avait aussi été distingué en 2012 « meilleur artiste africain »      au Kora Music Awards, des récompenses musicales panafricaines.

Lire l’original de l’article ici :

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community