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Facebook veut concurrencer les services de transfert d’argent en Afrique

02.09.2019
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Chaque année, la diaspora africaine envoie plus de 60 milliards de dollars (plus de 54 milliards d’euros) vers le continent. En tête des pays bénéficiaires se trouvent le Nigeria, l’Egypte, le Maroc, le Ghana et l’Algérie. Un pays comme le Liberia récolte plus d’un quart de son PIB de cette manière. Le libra projette de concurrencer les intermédiaires financiers qui occupent actuellement le terrain (Western Union, MoneyGram…). L’objectif est également de simplifier le transfert d’argent à travers le globe, pour le rendre aussi aisé que l’envoi d’un courriel.

Pour convaincre les autorités américaines, Facebook fait valoir les enjeux de marché liés au croisement d’informations de paiement avec les données personnelles collectées sur les réseaux sociaux. En plus de géolocaliser en continu les utilisateurs, de connaître leurs habitudes, leurs goûts et l’identité de leurs proches, Facebook souhaite apprendre ce qu’ils font de leur argent. Cauchemar orwellien pour les uns, véritable mine d’or pour les autres. Il n’est pas improbable que le législateur américain se laisse séduire par cette opportunité commerciale. Du temps du développement d’Internet, il avait su se montrer plus accommodant que les instances européennes. Il ne le regrette pas. Trente ans plus tard, tous les GAFA (les géants Google, Apple, Facebook et Amazon) sont américains.

Se posent également des enjeux liés à la surveillance, voire à l’espionnage. Mieux vaut pour le législateur que l’entreprise qui recueille toutes ces informations soit américaine, de sorte à y avoir accès sur simple décision de justice ou gouvernementale. Le siège du consortium est attendu à Genève, en Suisse. Cette localisation en dehors de la juridiction américaine pourrait aussi servir dans les phases de négociations à venir.

Des centaines de millions de clients potentiels

Les instances vont ainsi devoir concilier des enjeux économiques et géostratégiques, d’une part, et des contraintes de régulation monétaire et de protection des données personnelles, d’autre part. Le tout sur fond de campagne active du lobby bancaire, qui ne compte pas se laisser damer le pion sans réagir.

Les banques sont préoccupées par ce projet à plus d’un titre. Il y a de quoi. Dans les pays développés, si les adultes ne semblent pas intéressés outre mesure par un énième moyen de paiement qui viendrait s’additionner à un arsenal déjà bien étendu (carte bancaire, virements, chèques, espèces…), les jeunes générations ne l’entendent pas de cette oreille. Dans un avenir proche, certaines formes de versement, comme les chèques ou l’argent liquide, pourraient bien laisser place au règlement en cryptomonnaie par téléphone mobile.

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