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GABON : L’aptitude d’Ali Bongo à diriger le pays toujours contestée

31.08.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le président Ali Bongo dont La capacité à diriger le Gabon est toujours contestée par ses opposants, a fait une apparition publique lors de de la fête nationale du pays qui a rouvert le débat sur ses capacités physiques amoindries. Si de nombreux gabonais ont envahi le front de mer dans l’espoir de voir de leur propre yeux le chef de l’Etat, cette sortie publique, la première depuis son retour au pays en mars a donné la possibilité aux médias internationaux de le filmer et le prendre en photo.

Le président qui est apparu aminci et marchant à petit pas en s’appuyant sur une longue canne, a réussi à capter toute les attentions. Loin de satisfaire dans sa totalité l’opinion publique, les images d’Ali Bongo à la parade militaire du 59e anniversaire de l’indépendance du Gabon ont donné lieu à une véritable saga médiatique. L’opposition dont de nombreux partisans étaient réunis sur les lieux de la cérémonie pour scruter les moindres faits et gestes d’Ali Bongo et se faire leur propre opinion, a saisi cette nouvelle opportunité pour exiger de nouveau une expertise médicale du chef de l’Etat attestant que ce dernier est encore à mesure d’assurer ses fonctions de chef d’Etat.

L’opposition toujours sceptique

Cela n’est plus un secret pour personne. Une partie de l’opposition au Gabon notamment la coalition ayant soutenu le candidat Jean Ping à la dernière élection présidentielle rejette toujours l’idée selon laquelle le président Ali Bongo aurait retrouvé toutes les capacités morales et physiques lui permettant d’assurer ses fonctions de chef d’Etat. Si l’objectif du clan Bongo était de faire taire les mauvaises langues sur l’état de santé du président gabonais, on peut dire que la cible n’a pas mordu à l’hameçon. Selon la coalition pour la nouvelle république (CNR) l’apparition publique du président Ali Bongo le 17 aout à la parade militaire n’a fait que confirmer son incapacité à diriger le Gabon. Dans une déclaration publique datant du 22 aout, elle décrit cette sortie de « spectacle d’une cruauté inhumaine ».

« Le peuple gabonais a découvert une marionnette dont la présence à ce défilé a prouvé son incapacité totale à présider aux destinées du Gabon, Ce qui a été soigneusement caché au peuple depuis le 24 octobre 2018, a été révélé au grand jour, et ce au grand dam des manipulateurs qui croyaient présenter un film de bonne facture » (Armelle Yembit, Vice-présidente de la Coalition pour la nouvelle République (CNR).

Pour le CNR il n’a y a pas d’autres issues que de déclarer la vacance du pouvoir qui ouvrirait la voie à l’organisation de nouvelles élections. Elle se dit également outrée par la suspension par le gouvernement de la juge devant examiner la demande d’expertise médicale devant évaluer l’aptitude d’Ali Bongo à assurer ses fonctions de chef d’Etat.

Instrumentalisation de la justice ?

L’expertise médicale du président Ali Bongo réclamée par l’opposition qui a saisi les instances juridiques, semble de plus en plus incertaine. Le pouvoir est accusé d’instrumentaliser la justice. Et pour cause la juge Paulette Akolly, présidence de la cour d’appel judicaire de Libreville qui devait examiner la demande de l’opposition déclarée irrecevable par un tribunal a été suspendue par le secrétaire général du ministère de la justice qui argue qu’elle a refusé de respecter la décision de justice rendue le 26 Juillet 2019 par la cour de cassation. Le document faisant état de la suspension de la juge souligne que son attitude s’assimile à un manquement aux convenances de son état de magistrat. Au commande de la cour d’appel de Libreville, la juge Paulette Akolly qui a refusé de se dessaisir de l’affaire avait fixé une audience le 12 Aout.

La requête émane de dix personnalités de l’opposition qui ont qualifié d’anormale les 10 ans de silence du président Ali Bongo après l’AVC dont il a été victime. Le groupe d’opposants réunis autour du mouvement « Appel à agir » juge que le président qui a succédé à son père il y a 10 ans n’est pas encore totalement remis de l’AVC dont il a été victime le 24 octobre 2018 lors de son séjour à Ryad en Arabie Saoudite.  La longue absence d’Ali Bongo alors en convalescence au Maroc a créé de vives tensions au sein de la classe politique gabonaise et un sentiment d’insécurité après le putsch manqué du 07 janvier 2019. C’est ce climat d’animosité qui fait craindre à certains leaders de confessions religieuses du Gabon un enlisement du pays dans le chaos.

Le pouvoir et l’opposition appelés au pardon

Quatre ministres du culte à travers un message rendu public sur les réseaux sociaux invitent la classe dirigeante, l’opposition et la population au pardon et à la réconciliation. Selon Monseigneur Basile Eve Engone de l’église catholique romaine du Gabon , l’Imam Oceni Ossa de la communauté musulmane , Augustin Bouengone  président de l’église évangélique et Michel Francis Mbadinga secrétaire exécutif de la communauté chrétienne pentecôtiste et charismatique de réveil , tous les acteurs majeurs de la politique gabonaise devraient faire preuve de retenu et prendre en considération les conséquences auxquelles s’exposent la société  Gabonaise en proie depuis 03 ans à de nombreux fléaux tels que  la violence verbale , la méchanceté gratuite, l’injure, la désinformation et l’intolérance.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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