Association for Free Research and International Cooperation

Référendum en Afrique, pourquoi les dirigeants s’y opposent ?

29.08.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le but était de combattre le peuple afin de l’écarter des affaires de l’État, vu son aptitude naturelle à déstabiliser un pouvoir jugé inapte à apporter la croissance et la prospérité. Le référendum peut pourtant aider à éviter la cristallisation et des conflits internes.

Le référendum fait partie de la panoplie des outils démocratiques et constitue un des moyens de recueillir l’expression publique peut désigner un vote direct de l’électorat, exigé par le cadre juridique ou à la demande de l’exécutif ou du législatif, sur une question politique. A l’inverse, le vote s’exprime lors des élections et qui porte sur le partis ou les candidats,  reflète généralement les préférences des électeurs sur tout un ensemble de sujets.

Des circonstances particulières à l’exemple d’une modification de la constitution d’un pays ou des questions politiques particulières peuvent motiver la tenue d’un référendum, mais de façon générale, ce sont des enjeux qui revêtent une grande importance politique qui mène à leur organisation. Et les modalités entourant la tenue d’un référendum  peuvent varier d’un pays à un autre.

En fait selon certains politiques, le référendum pose davantage de problèmes qu’il n’en résout.  Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à Paris I et ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature approuve que « le référendum n’est pas l’instrument idéal pour permettre au peuple d’intervenir dans les affaires publiques. Aujourd’hui, les hommes politiques sont déboussolés. Ils n’osent pas formuler un discours cohérent sur le monde qui vient. En cause dès qu’il s’agit de trancher une question importante, ils font appel à des référendums, mais ceux-ci posent davantage de problèmes qu’ils n’en résolvent ».

La preuve, la plupart  de scrutins s’achèvent toujours par des scènes déplorables dont le motif réside dans les résultats biaisés.  La  présidentielles du Burundi l’illustre clairement. D’’après Radio France internationale RFI, la commission électorale a proclamé les résultats provisoires du référendum constitutionnel contesté le 17 mai 2018 au Burundi. Sans surprise, le « oui » l’a emporté avec une large marge de 73% dans un scrutin ni libre ni transparent.

Comme quoi ces résultats ont été prévisibles et cela n’a pas fait l’unanimité chez l’opposition. Agathon Rwasa, leader de la coalisation des indépendants Amizero y’Abarundi a d’ailleurs  rejeté avec amertume les résultats au  lendemain de la proclamation vu le climat inquiétant qui régnait pendant la campagne, le jour du vote et la post-élection. Il a également dénoncé de falsification des procès-verbaux, les mandataires chassés des bureaux de vote, les fraudes massives organisées par le parti au pouvoir et la commission électorale nationale. Le Cameroun, la Côte d’Ivoire et bien d’autres ne sont pas à marge. Rares sont les pays tels que l’Afrique du Sud, le Gabon, le Burkina Faso pour ne citer que ceux- là, font la fierté électorale des votants.

Or  pour Frédéric Rouvillois, professeur de droit public à l’université de Paris Descartes, « contester le référendum c’est contester le principe du même suffrage universel. La question du référendum  renvoie à une interrogation très pratique et concrète de philosophie politique générale : le peuple est –il souverain ?  La démocratie signifie que le pouvoir appartient au peuple. Même lorsqu’il l’exerce par la voix de ses représentants, c’est toujours le peuple qui conserve le pouvoir » a-t-il édifié.  Ici, le référendum devient dangereux pour l’exécutif.  Surtout si cet outil porte sur des questions socio -économiques. L’exécutif pourrait se retrouver confronté à des réponses qui ne lui conviennent pas et ne correspondent pas à son projet. Dans cette posture, il serait fort probable que toutes ces situations surviennent lorsque les militants et le leader  du parti au pouvoir se  sentent menacés par l’opposition.

Ce qu’on ignore

Si d’aucuns pensent que  dans le référendum réside une forme de dépossession du politique, d’autres par contre saluent  cet outil  comme  expression directe du peuple. Afin de sortir par exemple les pays tels que le Cameroun, le Nigéria, etc. des crises socio politiques,  le scénario d’un référendum  devrait se profiler. Dans cette optique,  deux aspects sont proposés aux électeurs qui  répondent vraiment à la question posée et contre celui qui la pose. Mais Bruno Cautrès, homme politique dit avoir déjà assisté à des  référendums dont le résultat était davantage influencé par celui qui pose la question, ou par le contexte socio-économique du moment, que par la question en elle-même. Néanmoins, rien ne doit conduire à une réflexion caricaturale du référendum. Car derrière ces échanges violents, se cache une grande partie de l’électorat qui se prononce directement sur la question posée. «  Nous avons constaté un réel intérêt de la part des électeurs quant à la question  posée, et cela notamment au travers d’ouvrages expliquant les enjeux du vote, qui se sont très bien vendus. »  explique Bruno Cautrès.

Par ailleurs, la manière dont est posée la question peut influencer la réponse donnée par les électeurs. En l’occurrence, l’idée serait de soumettre un questionnaire aux citoyens pour plus de clarté apparait comme évidence dans un Etat qui s’affiche comme étant démocratique A cet égard, c’est donc un outil intéressant.  D’après Marthe Fatin-Rouge, « il va en respect de la liberté de vote c’est-à-dire que l’on doit s’assurer que les citoyens puissent répondre en ayant pleinement conscience des enjeux du scrutin » a-t-elle expliqué. Elle poursuit« il s’agit  donc de garantir l’authenticité du choix exprimé par les votants, et notamment d’éviter que la volonté exprimée par les citoyens soit faussée, détournée ou instrumentalisée ».

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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