Association for Free Research and International Cooperation

La transition énergétique, vecteur d’opportunités en Afrique ?

24.08.2019
Article de la rédaction AFRIC
Loin de toutes les considérations économiques et financières suscitées par ces ressources, les enjeux liés au changement climatique et leur impact sur le développement social a rapidement poussé les acteurs du développement durable à s’interroger sur la durabilité de ces ressources alors que la population croît un peu plus chaque jour. Pour acter la modernisation des énergies renouvelables et ainsi passer à une économie verte plusieurs acteurs ont alors pensé que la solution doit venir de ressources permanentes comme la biomasse, l’énergie éolienne, le solaire et l’hydro-électrique.

Malgré le fait que, pour le moment l’exploitation des ressources traditionnelles lucratives n’incite pas les États à anticiper les besoins à venir dans l’économie verte, elle recommande néanmoins d’abandonner ces sources d’énergie inefficaces et dangereuses utilisées par plus de 700 millions de personnes. Passer à une économie verte reviendrait alors à envisager une économie qui améliore la qualité de vie de tous en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources. Il faut de ce fait par exemple privilégier l’utilisation de panneaux solaires, le recyclage ou encore l’optimisation de la production d’eau potable. Même si la transition énergétique va profondément impacter plusieurs secteurs et participer à l’abandon des énergies traditionnelles, il convient également de mettre en lumière le fait qu’elle ne constitue pas qu’une contrainte. Bien plus que ça, elle peut être un vecteur d’opportunités pour les marchés africains puisque de nombreux secteurs comme la formation, la création d’emploi et le développement durable y ont matérialisé un attrait.

Un excellent pôle de formation des africains

Avec la fuite des cerveaux que l’on observe de tout temps sur le continent africain et le manque de formation guidé par un instinct d’avenir basée sur les filières porteuses tels que la transition énergétique, plusieurs pays africains ont proposé, pour remédier à cette situation, d’offrir à la population des formations spécifiques dans les métiers de l’économie verte. L’explication émise alors à ce niveau étant que, ces capacités, à terme, deviendront des atouts pour une croissance inclusive et durable sur le continent. Le Cap Vert a par exemple ouvert un centre de maintenance industrielle  pour les énergies renouvelables (CERMI), avec pour principale activité de former des professionnels dans les domaines de la conception, de l’installation et de l’entretien d’installations photovoltaïques.

On a également observé au sein de l’université Mohammed VI au Maroc, la mise en place de tout un programme de formation lié au secteur. L’initiative ne s’est pas arrêtée là, puisque la confédération générale des entreprises marocaines (CGEM), faisant suite à la création en 2006 de son label responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE), s’est attachée à former les cadres de ses entreprises membres à la question de la « Finance Climat » en partenariat avec le PNUD.

Une opportunité spéciale de création d’emploi

La création d’emploi apparaît comme le secteur le plus manifeste de la transition énergétique observée dans le monde et en Afrique. Complètement en phase avec cette illustration, le programme de développement durable à l’horizon 2030 prévoit une grande plus-value issue de la transition écologique en termes de création d’emploi sur le continent. Cette position est confirmée par un rapport sur l’économie verte et la création d’emploi dans le monde, publié par l’Organisation Internationale du Travail qui estime à 24 millions le nombre d’emploi qui devrait être créé d’ici 2030 par la transition énergétique. Les chiffres avancés par l’agence internationale pour les énergies renouvelables montrent même que le secteur est sur la bonne voie puisqu’il employait déjà en 2016 presque 10 millions de personnes dans le monde dont 62.000 en Afrique. Même si les pourcentages réalisés sur le continent africain restent encore à parfaire, plusieurs études complémentaires qui y ont été réalisées montrent que les énergies renouvelables créent davantage d’emplois que les technologies liées aux combustions fossiles. L’une d’elles a rapidement conclu que pour chaque dollar dépensé, les dépenses réalisées dans les énergies renouvelables produisent 70% d’emplois supplémentaires par rapport aux combustibles fossiles.

La transition énergétique sur le territoire africain, outre la création d’emplois spécifiques et novateurs, va également jouer un rôle majeur dans le développement de produits, de services et d’infrastructures plus écologiques. Cette situation se traduira par une augmentation de la demande de main d’œuvre dans de nombreux secteurs de l’économie comme le secteur manufacturier, les transports, la construction et les travaux publics. Dans les pays de la communauté économique des États d’Afrique occidentale (CEDEAO) par exemple, le remplacement des systèmes d’éclairage traditionnels assuré en majeure partie par des bougies, des lampes de poche, des lampes à kérosène, par des systèmes d’éclairage moderne comme l’énergie solaire, pourra constituer une bonne alternative, car permettra de créer plus de 500.000 emplois directs et indirects

Une aubaine exclusive pour le développement durable

Le secteur du développement durable apparaît à plusieurs égards comme l’héritage le plus manifeste qu’il faudra transmettre aux futures générations. L’économie verte doit alors ici rimer avec écologie. La protection de l’écosystème doit apparaître au centre des objectifs de développement des pays du continent. Ce qui fait dire que dans le développement durable, la transition constitue un aspect essentiel tout comme d’autres aspects objectifs tels que la réduction des conséquences néfastes de l’usage de moyens de cuisson inefficaces sur la santé des femmes et des enfants, l’alimentation en électricité des industries productives dans les zones rurales, la modernisation de l’agriculture ou l’amélioration globale des conditions de vie. En gros, il va falloir observer un basculement des combustibles fossiles aux sources d’énergie moins polluantes.

Avec l’engagement de politiques de « green diplomacy » à la suite de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) en 2016, de nombreux États africains comme la cote d’ivoire et le Rwanda ont lancé des initiatives salutaires. En Côte d’Ivoire d’abord, le pays a lancé en 2018 un projet original de construction de centrale électrique alimentée exclusivement par des déchets issus de la production de cacao. Plutôt que d’être simplement brulés comme dans le passé, les quelques 26 millions de tonnes de déchets produits chaque année serviront dorénavant à alimenter une centrale à biomasse dont l’entrée en service est prévue en 2023. Au Rwanda, une autre innovation avec pour ambition axée sur le développement durable a donné naissance au projet Kivuwatt : centrale qui produit de l’électricité à partir de méthane contenu dans le lac Kivu. Cette plateforme qui pompe de l’eau à forte concentration en méthane et en dioxyde de carbone pour le transformer tout simplement en électricité. Résultat le pays produit un gaz abordable et respectueux de l’environnement.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit :google image/illustration

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