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État des routes : le Cameroun a l’épreuve des préparatifs de la CAN

19.08.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le Cameroun pourra-t-il enfin organiser la 2e Coupe d’Afrique des nations de son histoire après celle de 1972 ? C’est la question au bout de toutes les lèvres au pays de Roger Milla où les discours sceptiques se font de plus belle au sujet de la capacité du pays a abrité cet évènement dont le format est désormais élargi à 32 équipes. Accusant un sérieux retard dans l’exécution des travaux relatifs aux préparatifs de la CAN 2019, le Cameroun grâce au président de la CAF à bénéficier d’un traitement de faveur lui octroyant l’organisation de l’édition de 2021 initialement prévue en Côte d’Ivoire. Ce glissement de date aux allures de seconde chance n’est pas encore un pari gagné. Le pays qui a investi des sommes colossales pour la construction de quatre nouveaux stades aux standings conformes aux normes internationales et pour la réfection d’anciennes infrastructures sportives connait un problème majeur lié au mauvais état de son réseau routier qui rend le transport urbain difficile.

L’état piteux de la voirie au Cameroun

Le bon état des routes est un élément fondamental pour l’organisation d’un évènement comme la coupe d’Afrique des nations car il permettrait aux équipes, journalistes et supporters de pouvoir circuler en toute sécurité vers les différents complexes sportifs. Les villes retenues pour abriter les rencontres de la coupe d’Afrique des nations n’échappent pas au fléau des mauvaises routes que connaissent la plupart des localités au Cameroun. Caniveaux bouchés, nids de poules, embouteillages constituent le lot au quotidien des piétons et automobilistes qui éprouvent des difficultés énormes pour se déplacer.

La capitale économique Douala qui est la ville la plus peuplée du pays avec environ 2 millions d’habitants a Plusieurs quartiers enclavés. L’état défectueux des routes a donné lieu à la prolifération de moto taxi. Ces moyens de transport sont les plus utilisés par les usagers de la route dans cette métropole qui connait une activité économique très dense et un accroissement du volume de transport du fait de l’augmentation de la population.

La capitale politique Yaoundé a également des routes impraticables. Poussiéreuses en saison sèche elles sont remplies de trous béants et de flaques d’eau en saison de pluie. Pour éviter les éclaboussures causées par les voitures, les populations riveraines sont obligées de remplir les routes de grosses pierres. Une solution aléatoire qui ne résout pas véritablement le problème. En plus des routes défectueuses, on note également un manque de parking. Bafoussam l’une des villes hôte de l’évènement et chef-lieu de la région de l’Ouest est également dans l’urgence car les différentes voies de contournement qui donnent accès au stade omnisport de Kouekong construit pour la CAN sont dans un piteux état et nécessitent un aménagement.

Le mauvais état des routes au Cameroun endommage de nombreux véhicules et fait des heures de pointe dans les grandes métropoles un véritable calvaire. En plus d’être source de bouchon, de pollution et à l’origine de nombreux accidents, ce fléau est également un frein pour le développement du pays.

Le Cameroun, un chantier à ciel ouvert

L’organisation de la coupe d’Afrique des nations, est l’opportunité pour le Cameroun de mettre à jour son réseau routier défaillant. De grands chantiers ont été initiés par le gouvernement et ses partenaires industriels dans les différentes villes hôtes. La majeure partie de ces travaux ont débuté avant que ne soit retirée en 2018 au Cameroun l’organisation de la CAN 2019. Un programme national a été élaboré par les ministères des travaux publics, de l’habitat et du développement urbain.

Parmi les travaux d’envergure, l’autoroute Douala-Yaoundé.  Cet axe routier d’environ 215 km doit relier les deux capitales du pays. Son coût global est estimé à 284 milliards de franc CFA sous forme de prêt accordé par Eximbank of China. Alors que sa construction a connu un retard, les autorités camerounaises assurent qu’il pourrait être disponible officiellement en 2020.

Dans la région du Sud-Ouest, la ville de Buea a connu un aménagement de ses voies routières. Sont concernées celles menant au stade d’entrainement de Molyko, les voies de contournements du centre commercial ainsi que les ruelles de certains quartiers à habitats denses. Il s’agit d’un total de 10,32 km qui a couté à l’Etat camerounais pas plus de 15 milliards de FCFA. Dans la ville de Garoua où se trouve le Stade Roumde Adja, la société Razel a paraphé un contrat de 17 milliard de FCFA pour réhabiliter 22 km de route. La capitale économique Douala n’est pas en reste. Le gouvernement camerounais a pris l’initiative d’augmenter dans cette ville d’ici l’année prochaine les routes goudronnées de 10 à 17% et celles en bon état de 22 à 55%.

Malgré ces efforts, de nombreux Camerounais trouvent déplorable que l’Etat profite de l’organisation d’une compétition sportive d’envergure pour mettre à jour les voies de transport du pays. Ce sursaut de dernière minute est une preuve que les dirigeants politiques ne font pas du bien-être de la population une priorité.

Pays hôte de la CAN 2021, le Cameroun selon le cahier de charge qui lui a été donné, devra livrer dans les délais choisis par la CAF, des complexes sportifs, des voies de transport, des hôtels, des systèmes de communication et de sécurité performants et modernes. La fluidité du réseau routier et la disponibilité des moyens de transport publics étant des critères sur lesquelles l’instance continentale du football met un doigt d’honneur, le pays de Samuel Eto’o pour poursuivre son rêve, devrait redoubler d’efforts dans ses travaux de voiries pour éviter à sa population éprise de football, un second revers.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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