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Les dépenses en frais médicaux des administrations africaines choquent

13.08.2019
Article de la rédaction AFRIC
Au mois de mars dernier, le gouvernement nigérien a pris la décision de limiter au maximum les dépenses énormes faites par l’Etat pour les évacuations sanitaires des cadres de l’administration. Car chaque année, c’est plusieurs milliards de FCFA qui sont puisés des caisses du trésor public pour éponger les dépenses en frais médicaux des élites administratives. Des sommes d’argents qui pourtant pourraient servir à la construction de centres médicaux plus développés et mieux équipés. A en croire les informations véhiculées par les médias locaux, le pays dépense par an près de 5 milliards de FCFA soit 10 millions de dollars pour couvrir les soins médicaux de ses officiels.

Le cas du Niger n’est pas isolé en Afrique. Partir à l’étrangers pour un suivi médical est une pratique très rependue chez les hautes personnalités de l’Etat ceci à cause de l’état désastreux des centres de santé locaux. Les chefs d’Etats qui ne prêchent pas par le bon exemple sont les premiers à courir se faire consulter à l’étranger au moindre problème de santé.  Ali Bongo du Gabon et Mohamadou Buhari du Nigeria ont effectué ces derniers temps de long séjours hors de leurs pays pour des prises en charge médicales. Une situation qui exaspère au sein de l’opinion publique où l’on pense qu’il est grand temps que l’état des hôpitaux soient une préoccupation majeure inscrite dans les programmes politiques et que des actions concrètes soient menées afin que les centres de santé africains ne soient plus des mouroirs dédiés à une population peu nantie.

Les présidents africains champions de séjours sanitaires à l’étranger

Victime d’un malaise à Ryad le 28 octobre 2018 alors qu’il prenait part à un sommet, le président gabonais Ali Bongo à passé près de huit mois hors de son pays pour y subir des soins médicaux appropriés et pour sa convalescence. Une longue absence qui a donné lieu à de vives tensions politiques au Gabon et par la suite à une tentative de coup d’Etat le 07 Janvier 2019. Au Nigeria les séjours répétés à Londres en 2018 du président Buhari pour examens médicaux ont fini par créer un climat d’inquiétude au sein de la population qui a encore en mémoire la mort le 05 mai 2010 du président Umaru Yar’Adua alors en plein mandat. Egalement inquiète des coûts financiers des déplacements de son dirigeant, elle avait exigé de lui  plus d’éclaircis sur ses dépenses prises en charge par l’argent du contribuable. Dans la même mouvance, l’universitaire Tahiru Azaaviele Liedong via un article publié par un media britannique faisait des révélations fracassantes en affirmant que la facture du stationnement de l’avion du président Buahari pendant les 3 mois passés à Londres pour consultation médicale avait couté à l’Etat la modique sommes de 420 000 euros. Une somme faramineuse qui correspond à environ 0,07% des 304 milliards de naira alloué chaque année à la santé publique au Nigeria.

Ces longs séjours hors du pays des présidents africains, très médiatisés par les médias étrangers exposent ces derniers au ridicule, prouvent aux yeux du monde leur dépendance aux systèmes de santé étrangers et leur manque de confiance en leurs établissements sanitaires pour la plupart defaillants.

Des hôpitaux publics en état de délabrement total

En Afrique pendant que les responsables politiques se font soigner à l’étranger dans des hôpitaux à la pointe de la technologie, la population, elle doit faire au quotidien avec des centres de santé en mauvais état. Selon l’OMS, les hôpitaux en Afrique subsaharienne ont en moyenne 02 médecins et 15.5 lits pour 10 milles personnes. Un triste constat qui prouve que les officiels en Afrique ont du mal à soigner leurs propres ressortissants. Alors que les nantis se font soigner hors du pays, les pauvres eux, meurent dans des hôpitaux publics fautes d’argent, de médicaments et de soins de qualité. Cette situation est une réalité au Cameroun, au Sénégal, au Burkina Faso au Congo et dans bien d’autres pays où les hôpitaux de l’Etat sont de véritable mouroirs.

Pour limiter les séjours à l’étranger de leurs administrateurs, les Etats africains doivent investir dans la qualité des hôpitaux et les soins de santé prodigués aux malades.  Ils doivent également bien rémunérer les médecins et spécialistes locaux pour empêcher leur exode massif vers des pays développés. Un accent doit aussi  être mis sur l’éducation afin d’avoir des professionnels de la santé bien formé. En prenant la décision de restreindre les déplacements à l’étranger des ministres et élus, le gouvernement nigérien souhaite que les prestations médicales de ces derniers soient désormais fournies par le nouvel hôpital général de référence construit à Niamey. A la pointe de la haute technologie, ce centre hospitalier est pressenti pour être le plus grand de la sous-région ouest africaine.  Avec un matériel sophistiqué et des spécialistes venus de divers pays, cet hôpital selon le ministre nigérien de la santé est à mesure de traiter les différentes maladies qui poussent les hauts fonctionnaires de l’Etat à se faire traiter hors du pays. L’Ouganda qui a également recommandé à ses officiels de mettre un terme à leurs séjours médicaux à l’étranger, va inaugurer en 2020, un hôpital au standing élevé. Pour s’assurer le bon fonctionnement des établissements sanitaires du pays, le président Yoweri Museveni a pris l’habitude d’effectuer ces derniers temps des visites surprises sur le terrain. Un exemple que devraient suivre ses pairs africains.

Le ministre sud-africain de la santé Aaron Motsoaledi dont le pays est une référence en Afrique en matière d’infrastructures sanitaires avait déclaré lors d’un sommet régional organisé par l’OMS que le continent noir est le seul dont les dirigeants ont recours aux services médicaux hors de leur pays. Un tourisme sanitaire dont les africains selon lui, devraient en avoir honte.

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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