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Tunisie : ces favoris de la présidentielle

13.08.2019
Lire l'original de l'article sur: voaafrique.com
98 personnes se sont portées candidates à la présidentielle. Le 14 août, l'Instance supérieure indépendante électorale (Isie) publiera la liste des candidatures retenues. Ce score spectaculaire de , quatre-vingt-dix-huit candidatures, le sera beaucoup moins après examen des dossiers par l'Isie. Une source interne estime que « moins de vingt candidats » rempliront les conditions nécessaires. Certains ne se cachent pas de faire acte de présence. À l'issue du dépouillement, ils seront quelques poids lourds. Voici les principaux.,

Youssef Chahed, chef du gouvernement en campagne

Il se présente sous la bannière « Tahya Tounes » (« Vive la Tunisie »), créée pour lui. Comme Nidaa Tounes avait été créée en 2013 pour Béji Caïd Essebsi. À 42 ans, cet ingénieur agronome a été propulsé en politique par BCE. Ministre en 2015, puis président du gouvernement en 2016. Les deux hommes se sont sérieusement heurtés durant la dernière année. Il argue d’un long travail de redressement économique afin de contrecarrer la mauvaise humeur nationale. L’inflation atteint 6,5 % (juillet) et le chômage ne diminue pas. Il est crédité de 8 % d’intentions de vote. Un pari risqué pour cet homme qui n’a jamais été candidat.

Nabil Karoui, le magnat des déshérités

À 56 ans, il est le joker des élections. Homme de communication, fondateur de la chaîne privée Nessma, il bat campagne depuis deux ans et demi. Après la mort de son fils Khalil, il s’est lancé dans le caritatif, soutenant l’association Khalil Tounes qui offre soins de santé, produits de première nécessité et autres services aux populations déshéritées. Des dizaines de milliers de repas ont été distribués cet été, des iftars pour le ramadan. Cette activité est retransmise sur Nessma depuis 2017. Activité qui n’a pas provoqué un émoi politique avant la publication de sondages début mai créditant le candidat Karoui de 30 % d’intentions de vote.

Abir Moussi, la femme qui regrette Ben Ali

Cette avocate a de la cohérence dans les convictions. Benaliste un jour, benaliste toujours. Elle a pour principale proposition de mettre en prison tous les membres du parti Ennahdha. Comme Ben Ali l’avait fait en 1991. Lors d’une discussion au Point, à Kairouan, en 2014, elle estimait que « la révolution était un complot des Européens et des sionistes » et que, « sous Ben Ali, il n’y avait ni chômage ni pauvreté », c’était « une invention des Américains, des Européens et des sionistes ». Elle a été condamnée en justice pour ses agissements sous l’ancien régime. Elle incarne le front des nostalgiques de la dictature. Conservatrice, elle est hostile à l’égalité hommes-femmes devant l’héritage. Elle ne reconnaît pas la Constitution de 2014.

Abdelkarim Zbidi, le médecin devenu militaire

le discret Zbidi a commencé sa carrière politique après la révolution. BCE l’a appelé. Très méfiant, si ce n’est plus, envers la classe politique, il a finalement accepté de se présenter à la présidentielle après un intense lobbying politique et une importante campagne en sa faveur sur les pages Facebook. Peu disert, peu éloquent, il est le candidat de Nidaa Tounes, d’Afek Tounes (le parti libéral mené par Yassine Brahim) et d’autres personnalités, ministres des précédents gouvernements.

Abdelfattah Mourou, le candidat islamiste

Il est le candidat d’Ennahdha, mais sa feuille de route est de « ne pas gagner » pour ne pas subir les soupçons d’hégémonie islamiste. Le parti est au pouvoir depuis 2011, avec une pause en 2014 pour cause de gouvernement technocratique sous la présidence de Mehdi Jomaa. Le bilan économique n’est pas bon, mais « celui des acquis démocratiques l’est », résume un dirigeant. Mourou peut séduire. Mais il « ne peut gagner ».

Mohamed Abbou, le candidat anticorruption

La lutte contre la corruption est une de ses priorités. Raisonnable, il ne souhaite pas chambouler la société tunisienne en un mandat. Son parti, le Courant démocrate, vise un bloc parlementaire. Sans réels moyens financiers, les hommes d’affaires n’appréciant guère son combat contre les rentes et la corruption, ce mouvement a su s’imposer au Parlement par ses apostrophes à l’égard des ministres du gouvernement, ex-solides piliers de Ben Ali (notamment l’actuel ministre de l’Éducation nationale Hatem Ben Salem). La gauche et l’extrême gauche ayant volé en éclats pour des considérations politiciennes. Son parti incarne la quasi seule opposition au parlement depuis l’élection législative de 2014.

Kaïs Saïed, le Robocop de la constitution

Il s’est imposé en intervenant dans les journaux télévisés sur les sujets liés à la Constitution et à l’Assemblée des représentants du peuple, ARP, qu’il souhaite remplacer par une assemblée des élus locaux. Sur les questions de société, c’est un conservateur avéré, antihomosexuel et antiégalité hommes-femmes devant l’héritage. Il joue la carte de l’intégrité, voyage en transports en commun. Il n’a autour de lui que de jeunes sympathisants, profils éduqués. « C’est Robespierre sans la guillotine », disait de lui Hassen Zargouni, le président de Sigma Conseils. Saïed a indiqué que « ni lui ni sa femme ne voteraient pour lui ». Sec dans un costume bleu marine, il a réussi à candidater malgré « le piratage de ses parrainages ». Raison pour laquelle il a présenté sa candidature le dernier jour. Il est le premier ou le second dans les sondages, selon les instituts.

Lire l’original de l’article ici.

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