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FATOU BENSOUDA : Un bilan peu élogieux pour l’Afrique a 02 ans de son départ

12.08.2019
Article de la rédaction AFRIC
Elu procureur général de la cour pénale internationale en 2011, l’avocate gambienne Fatou Bensouda fera ses adieux à la haute juridiction dans deux ans. Avec son départ de la Haye c’est une page qui se tournera. Depuis son arrivée à la tête de cette cour, l’Afrique jusqu’ici ne garde que très peu de bons souvenirs alors que sa nomination avait suscité de nombreux espoirs. Avec Fatou Bensouda aux commandes de la CPI, c’était d’abord l’image de la femme africaine qui était rehaussée. Et avec elle, celle d’un continent tout entier, terres de pires autocraties, injustices et barbaries, mais pourtant assoiffée de justice.

Les africains ont adhéré en masse au statut de Rome. Mais la CPI sous l’ère de Fatou Bensouda n’a pas été exempt de critiques. Elle qui a l’origine s’est donnée pour vocation d’engager des poursuites judiciaires contre les personnes responsables de crimes internationaux, de génocides, de crimes contre l’humanité est présentée comme un tribunal partial qui exerce une justice à deux vitesses. Malgré la nomination de l’ex ministre gambienne de la justice comme procureur général à la cour pénale internationale, de nombreuse poursuites ont été lancées contres des ex chef d’Etats et présidents africains en exercice dont le soudanais Omar El Béchir, l’ivoirien Laurent Gbagbo, le kenyan Uhuru Kenyatta et son vice-président William Ruto.

Affaire Gbagbo, un acharnement surprenant   

A peine nommé à la tête de la juridiction internationale, l’avocate gambienne a hérité de son prédécesseur d’un dossier brulant. Celui de la crise ivoirienne. Poursuivis pour crimes contre l’humanité au lendemain de la crise postélectorale de 2011/2012 qui a couté la vie à près de 3000 personnes, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et de son ministre de la jeunesse Charles Ble Goudé se verront inculpés par cette dernière et incarcérés à la prison de la cour au Pays Bas.

Malgré les actions menées par de nombreuse ONG et associations pour réclamer la relaxe de Gbagbo et celle de Ble Goude, Fatou Bensouda restera inflexible. Pourtant les 80 témoins de l’accusation qui défilent à tour de rôle à la barre, peinent à tenir des discours cohérents prouvant la culpabilité de l’ancien président et de son collaborateur qui plaident tous deux non coupables.  Cette affaire qualifiée de « procès de la honte », exposera au grand jour la partialité de la cour critiquée par plusieurs ONG dont Amnesty International qui parlera de « loi des vainqueurs » pour discréditer le travail élaboré par la CPI en Côte d’Ivoire.

Fatou Bensouda a continué son acharnement contre l’ex président ivoirien et son ministre de la jeunesse en dépit de la demande en liberté de ces derniers formulée par un collège de juge. Malgré la décision prise le 15 Janvier 2019 d’acquitter Laurent Gbagbo au même titre que Ble Goudé de toutes les charges retenues contre lui par manque de preuve, c’est encore Fatou Bensouda qui en faisant appel de cette décision retardera sa relaxe pourtant tant attendue, la réduisant en une remise en liberté conditionnelle. L’acharnement contre Laurent Gbagbo s’est faite alors que dans le camp des pro Ouattara personne n’a jusqu’à ce jour fait l’objet d’une quelconque interrogation au sujet des violences perpétrées au lendemain de l’élection présidentielle de 2010. Gbagbo est devenu le premier chef d’Etat à être jugé par la cour alors que d’autres anciens dirigeants à l’instar l’ex président américain Georges Bush Junior et l’ancien premier ministre britannique Tony Blair n’ont jamais été interpellés. Tous deux pourtant font l’objet d’accusations de crimes commis en Afghanistan et en Irak.

Parmi les plus virulentes reproches faite à la procureure gambienne, figure celle d’être une marionnette à la merci des occidentaux. La Gambie pays dont est originaire Fatou Bensouda a pris en 2016, la décision de se retirer de la Cour pénale internationale emboitant le pas au Burundi et à l’Afrique du Sud qui avaient adopté des positions similaires. En prenant cette décision, le pays dirigé par Yayah Jammeh accusait la juridiction dirigée par Fatou Bensouda d’être un objet de persécution envers les africains et en particulier leurs dirigeants. Par la voix de son ministre de l’information elle indiquait qu’au moins 30 pays occidentaux sont auteurs de crimes de guerre depuis sa création.  Ses nombreuses demandes formulées pour que soient poursuivis les pays européens pour la mort de milliers de migrants africains dans les eaux de la Méditerranée se sont toujours soldées par des échecs. La décision prise il y a 03 ans par la Gambie de quitter la CPI avait d’ailleurs été perçue comme un revers personnel pour Fatou Bensouda originaire de ce pays.

Dans une tribune publiée sur Facebook et intitulée Fatou Bensouda la honte de l’Afrique, l’essayiste et écrivaine camerounaise Calixthe Beyala avait en des termes rudes exprimé son mécontentement quant au rôle joué à la Haye par Fatou bensouda qu’elle qualifiait de marionnette.

« Fatou Bensouda apparait chaque jour un peu plus comme une pauvre chose, une africaine au cerveau encerclé de chaines, au pied liés, pliés sous le poids des coups de fouet donnés par le maitre. Elle obéit au doigt et à l’œil à tous les décideras de ceux qui piétinent et avilissent l’Afrique. Il est à crainte qu’elle serait prête à brader son pays, à soumettre son peuple si l’autre le lui demandait…

Et la voilà à harceler Laurent Gbagbo parce qu’ainsi le veut le maitre, à vouloir le garder en prison, parce que le maitre souhaite se débarrasser de tous les negrillons empêcheurs d’exploiter en toute quiétude …

Et la Bensouda, croit qu’elle existe alors qu’en réalité elle n’est rien d’autre qu’une esclave, une contremaitresse des prisons pour nègres. Elle se donne des airs, la pauvresse. Elle se dit que si le maitre est content, alors tout va bien dans le meilleur des monde… »

Mise en cause dans son pays par deux témoins devant la commission vérité, réconciliation et réparation dans une affaire de torture sous le régime de Jammeh qu’elle a servi durant six ans, Fatou Bensouda doit quitter ses fonctions le 15 Juin 2021 selon un communiqué de la juridiction internationale qui a lancé un avis de vacance pour le poste du nouveau procureur de la cour. Son bilan au terme de ce mandat non renouvelable ne laisse rien présager d’élogieux pour de nombreux africains qui jugent qu’il serait aussi piètre que celui de son prédécesseur Luis Moreno Ocampo qui a contribué tout comme elle à faire douter de l’indépendance de la cour.

Article de la rédaction AFRIC

Photo credit : google image/illustration

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