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Saray N’kusi Khumalo, la première femme noire africaine au sommet de l’Everest

09.08.2019
Article de la rédaction AFRIC
Les exploits ont ceci de grandiose qu’ils peuvent transcender un pays, une génération et même tout un continent. Le plus souvent, ils sont la réalisation d’un obstacle majeur ou d’une difficulté jugée infranchissable. Devant la difficulté, nombreux sont ceux qui renoncent. Mais, pour ceux qui vont jusqu’à bout, leur exploit devient parfois une appropriation où une source de stimulation pour des masses de personnes. C’est de ce genre d’énergie, de ce genre de personnes qui n’abandonnent jamais dont le continent africain a besoin ; jugeait en son temps le président Burkinabé Thomas Sankara. Ces forces vives, qui permettent aux africains de se surpasser en s’encourageant mutuellement ont fait dire à l’enseignant camerounais Jerry William Talla que : « l’exploit d’un homme est l’encouragement d’un autre ». Si le sens de la personne invoqué dans cette citation joint à la fois le sexe masculin et le sexe féminin, cela fait aussi de la femme africaine la plus grande fierté du continent dans ce sens que plus rien ne lui est interdit, plus aucun objectif ne lui paraît insurmontable. Ce décloisonnement a ainsi permis à plusieurs africaines d’afficher haut et fort leurs objectifs. Dans leurs rangs, figure désormais Saray Khumalo, la première africaine noire à franchir le mythique sommet de l’Himalaya.

Originaire de la Zambie, Saray Khumalo, 47 ans, qui s’inscrit dans la lignée des personnes comme le Sud-africain Sibusiso Vilane,  premier homme noir à gravir l’Everest, est devenue la première africaine à monter sur le toit du monde dans le milieu de l’alpinisme. Redoutable cheffe d’entreprise dans son pays l’Afrique du Sud, Sarah Khumalo a toujours vécu pour son autre passion : franchir les monts les plus hauts sommets qui existent dans chacun des sept continents. Partie pour l’ascension du mont Everest au Népal, la Sud-Africaine, après plusieurs échecs, a réussi le 16 mai 2019, le pari de gravir le pic de 8.848 mètres d’altitude. Dans la quête de l’atteinte de ses objectifs, la Sud-africaine, essaie avec sa modestie habituelle d’inciter les africains à fournir beaucoup plus d’efforts devant les difficultés. La réalisation de ses obstacles pouvant alors aider à favoriser l’insertion et l’intégration de plusieurs autres africains, condamnés à la misère et la pauvreté.

Un modèle d’ascenseur émotionnel pour tout un continent

L’exploit de Saray Khumalo n’est pas seulement celui de sa nation, il est celui de tout un continent qui, désormais croit en la réalisation même des causes les plus perdues. Par son exploit, l’alpiniste appelle les africains à ne jamais abandonner et à pouvoir apprendre de leurs erreurs dans tous les domaines confondus, tant que ceux-ci pourront contribuer au rayonnement et au développement de l’Afrique. Juste après la réalisation de son exploit, celle qui n’avait pas rechigner devant les difficultés déclarait alors qu’elle a passé beaucoup d’années à venir, à essayer et à ne pas abandonner. Pour elle, ce qui a fonctionné en sa faveur, c’est l’apprentissage qu’elle a tiré de chaque sommet, de chaque interaction avec les sherpas présents sur les multiples pistes menant au somment de l’Himalaya. La réalisation d’un tel objectif avec les conditions qui l’ont accompagné prouve alors aux africains, en proie à tous les maux qui ravagent le continent, qu’abandonner n’est jamais une option parce que chaque sommet franchi pourrait n’être que la prochaine étape.

Un exemple de persévérance pour les africains

Les difficultés sur le chemin de Saray Khumalo étaient pourtant nombreuses. Même pour celle qui avait déjà gravi le Kilimandjaro en Tanzanie, l’Aconcagua en Argentine et le mont Elbrouz en Russie, la marche était haute. Face à tous ses obstacles, l’alpiniste avait déjà connu plusieurs échecs dans le passé. Saluant les exploits de la sportive et appelant les africains à suivre de tels exemples pour le développement du continent, le président Sud-africain Cyril Ramaphosa parlait d’un courage et d’une persévérance qui permettent de réaliser les plus grandes ambitions

S’étant fixé pour défi de gravir les plus hauts sommets de tous les continents, les trois premières échecs de Saray Khumalo étaient pourtant non intimement liés. Mais pour autant, elle a toujours voulu essayer en donnant son maximum pour envoyer aux africains un signal fort, comme quoi tout est encore possible avec la volonté, le courage et la persévérance. Pour sa première tentative en 2014 par exemple, elle avait par exemple dû faire face à une avalanche qui avait tué 16 guides et avait obligé toutes les cordées en route vers le sommet à rebrousser chemin devant la contrainte.

Un an plus tard en 2015, sa deuxième expédition avait été annulée après le grand tremblement de terre qui avait secoué le Népal. Et, deux après pour sa troisième tentative infructueuse en 2017, Saray Khumalo avait dû renoncer à quelques mètres à cause de forts vents et d’engelures. Ce dernier échec lui avait permis de se réinventer avant d’atteindre son exploit.

Une excellente promotrice pour l’éducation en Afrique

Aujourd’hui encore au 21e siècle, le constat selon lequel l’Afrique est mal outillé dans le domaine de l’éducation est aussi vrai que les multiples maladies qui minent le continent. Face à la difficulté, il est alors indéniable que chacun doit apporter sa pierre à l’édifice. Si l’Afrique veut avoir le meilleur des peuples, il lui faut indéniablement avoir les meilleures écoles.

En  baptisant son initiative sous la construction linguistique de « sommets ayant un but », l’alpiniste se décide alors d’escalader les sept sommets que compte le monde et, utiliser l’escalade pour faire une différence, construire des bibliothèques et emmener les enfants à l’école. Pour ce faire, Saray Khumalo utilise la publicité de ses expéditions pour lever des fonds qui servent à financer ces bibliothèques pour des enfants défavorisés du continent. Dans cet élan, son rêve est d’aller toujours plus haut et toujours plus loin aussi longtemps qu’elle vivra ; tout ceci afin de tracer la route de ses enfants et des gens ordinaires pour qu’ils prennent conscience et acceptent que des gens ordinaires peuvent atteindre des sommets insoupçonnés.

Alors, à terme avec son initiative, Saray Khumalo pourra peut-être apparaitre dans l’avenir  comme une de ceux qui auront participé à déconstruire l’adage selon lequel, « pour cacher quelque chose à un africain il faut le mentionner dans un livre ».

Article de la rédaction AFRIC

Photo Credit : google image/illustration

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