Association for Free Research and International Cooperation

Couture ambulante : Un métier qui nourrit malgré tout.

05.08.2019
Article de la rédaction AFRIC
La situation alarmante de l’emploi en Afrique a favorisé un esprit entrepreneurial jeune dans le rafistolage afin de contribuer à leur manière au développement social et économique du pays.

Selon Wikipédia, la couture est un assemblage de deux ou plusieurs pièces à l’aide de fil à coudre, soit manuellement avec une aiguille, soit  en utilisant une machine à coudre ou une surjeteuse.  Ils sont nombreux ces tailleurs à part entière qui jonchent les moindres recoins des artères des villes du continent , il est quasiment impossible de ne pas rencontrer certains d’entre eux, portant sur leur épaule des machines à coudre, tenant une paire de ciseaux qui sert d’alarme pour attirer la population. D’aucuns vont même dans les domiciles afin de proposer leur service.

En fait, la couture est un métier mais aussi un loisir. Seulement au Cameroun et dans plus d’un pays africain, la couture ambulante a muté dans la débrouillardise. Certains jeunes surtouts en provenance de la partie septentrionale du pays, ont choisi  de militer dans ce domaine en se déployant à travers les ruelles de Yaoundé. L’objectif étant évidemment de subvenir à leurs besoins individuels et familiaux.

10 000 à 15 000 francs sont en moyenne le revenu journalier de ces couturiers. Pour Abbo, jeune homme à peine la trentaine entamée, ce montant oscille vers le néant, par rapport à ce qu’il gagnait il y’a un an. Selon lui, c’est tellement insuffisant pour pallier aux multiples difficultés qui l’accablent au quotidien. « A l’entame de cette activité c’est-à-dire en novembre 2008, je me retrouvais parfois à 20 000 francs par jour. Mais depuis un moment, je suis en deçà de ce montant. Je broie le noir », s’est-il plaint.

Contrairement à Abbo, Ousmanou la quarantaine sonnée, se taille la part belle. A l’en croire, cette activité a instauré le bonheur au sein de son foyer. La preuve, il réussit à combler les exigences de sa progéniture grâce à ce métier qui ne semble pas être accessible à tous « Je suis marié à une étudiante avec deux enfants dans des établissements privés. Il est certes vrai que rien n’est facile comme boulot, mais au moins avec mon petit revenu, je m’efforce à mettre ma maison à l’abri de soucis financiers », s’est-il confié.

Malgré cette divergence d’opinions, ce métier réduit tant bien que mal les dépenses et le trajet du lieu où l’on se trouve pour rallier un atelier de couture, dont le prix du raccommodage est parfois onéreux. De ce fait, la clientèle se réjouit de la proximité de ces tailleurs. De plus, elle se dit satisfaite du travail juste abattu sur des vêtements que l’on imaginait plus revoir leur éclat. C’est d’ailleurs le cas de Raïssa Ngono étudiante, qui admire le talent de ces jeunes débrouillards « Je me suis achetée une robette un peu grande sur moi à cause de la couleur qui m’a plu. Ces gars me l’ont retouché exactement à ma taille sans avoir pris mes mesures. J’étais toute émue », a-t-elle déclaré.

L’idée selon laquelle, il faudrait déporter sa machine à coudre d’un point à un autre est un acte qui ne date pas de longtemps. Cette manière de faire aujourd’hui affiche tant bien que mal un avenir reluisant du secteur, dans la mesure où l’on peut se faire coudre une tenue sans dépenser le moindre centime pour le taxi.

Par contre la qualité de la couture joue un rôle très prépondérant sur le service rendu par ricochet, sur le tissu et les regards. Il est certes vrai que parmi ces tailleurs à part entière, se retrouvent des professionnels du métier, dont leurs clients s’en sortent satisfaits. Simplement parce que les œuvres démontrent à suffisance l’expertise du tailleur dans la conception et l’assemblage du vêtement.  Contrairement à ceux qui n’ont pour objectif premier subvenir aux besoins de leurs familles. C’est pourquoi l’on a souvent tendance à se retrouver avec un vêtement mal dimensionné ou encore peu satisfaisant.

Historiquement, la couture remonte à l’ère Paléolithique, à la fin du solutréen et au magdalénien, il y’a des centaines d’années, quand se répand l’usage des aiguilles en ivoire. La couture servait habituellement à lier point par point des peaux animales dans le but de concevoir des vêtements ou des abris. Plus tard, la couture s’est associée aux tissages de feuille en Afrique pour créer des paniers.

De nos jours, chacun confectionne ou rafistole un vêtement sans toutefois tenir  compte des règles architecturales précises. Conséquences l’on assiste à des scènes peu catholiques et même à des plaintes.  Pour  contrecarrer ce phénomène, « il n’appartiendra qu’aux marchands maitres tailleurs, de faire et vendre toutes sortes d’habits et accoutrements généralement quelconques à l’usage d’hommes, de femmes et d’enfants », dixit les statuts des tailleurs de 1660, dans Wikipédia.

Bref, subvenir aux besoins collectif et individuel est le moins que l’on puisse faire pour son bien-être. Mais, rendre un service avec amour et surtout professionnalisme est encore meilleure, afin d’établir une coopération gagnant-gagnant.

Article de la rédaction AFRIC

Photo credit : google images

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