Association for Free Research and International Cooperation

La gratuité de l’éducation une arme contre le sous-développement en Afrique

07.10.2018
L’Afrique est selon l'UNESCO le continent où l'on retrouve le plus d'analphabètes au monde. Dans un de ses rapports l'organisme va plus loin et indique qu'en 2015 près de 58 millions d'enfants africains n'avaient pas accès à l’éducation. La situation est plus alarmante dans les pays d'Afrique Subsaharienne ou la moitié des femmes ne savent ni lire, ni écrire.

Soucieux de l’importance que revêt l’éducation dans une société qui souhaite se développer et être maitre de son destin, plusieurs dirigeants africains ont décidé de faire de l’éducation pour tout un défi majeur en lui accordant une place de choix dans leur programme politique. Le Kenya, la Tanzanie, le Benin, la Sierra Leone, le Cameroun font partie de la longue liste de pays africains qui ont décidé de suspendre les frais de scolarité dans les écoles publiques. Dans certains pays la mesure ne concerne pas uniquement le primaire mais touche également l’enseignement secondaire.

GRATUITE DE L’ENSEIGNEMENT : LA TANZANIE PARMI LES BONS ELEVES

Souvent présentée en Afrique comme un modèle en matière d’éducation, la Tanzanie a fait depuis plusieurs années de « l’éducation  pour tous » un défi majeur. Julius Nyerere, le premier président tanzanien étant lui-même  un instituteur, avait compris que le développement de son  pays devait impérativement passer par l’éducation. Pendant des années ce pays a multiplié les reformes et investi d’importantes sommes  d’argent pour alléger la tache aux parents en les dispensant de tout frais de scolarisation pour l’inscription de leur enfants dans les écoles publiques du pays . Ces mesures ont très vite porté des fruits car la gratuité de l’enseignement a occasionné un veritable changement notamment dans le primaire le taux d’inscription estimé à  59 % en 2000 est passé à 94 % en 2011 une fois que la gratuité de l’école primaire instaurée. Parmi les résultats satisfaisants on note également l’augmentation du nombre d’enseignants et d’infrastructures de qualité.

LA GRATUITE DE L’EDUCATION : L’EXEMPLE DU KENYA

Au Kenya l’instauration en 2003  de  la gratuité de l’éducation est  l’initiative du président  Mwai Kibaki . Cinq  ans après sa mise en application cette mesure s’est étendue aux écoles du  secondaire. L’objectif visé ici était de rendre l’éducation accessible aux enfants issus des milieux défavorisés estimé alors à trois millions et demi dans le pays. Dans son initiative de rendre l’éducation accessible à tous, le gouvernement kenyan en plus de débourser d’importantes sommes d’argent a bénéficié de nombreuse aides extérieurs notamment de L’UNICEF  du  Royaume-Uni de la Suède mais également d’organismes tels que la Banque mondiale et l’OPEP. La Tanzanie et  le Kenya  ne sont pas des exemples isolés, ils s’ajoutent  juste à une longue liste de pays d’Afrique  Australe et de l’Est  ayant bien avant eux décidé  d’abolir les frais de scolarisation. Parmi ces pays ont compte notamment l’Ouganda, le Malawi et l’Ethiopie. Des pays qui ont  compris que la pauvreté pèse de son poids sur la non scolarisation des enfants en âge d’aller à l’école.

L’ECOLE GRATUITE : LA SIERRA LEONE EMBOITE EGALEMENT LE PAS

Aujourd’hui d’autres pays  tels que la Sierra Leone sont entrés dans la mouvance.  Le président Julius Maado Bio dès sa prise de fonction en avril 2018 avait promis d’instaurer à partir de  la prochaine rentrée scolaire la gratuité de l’éducation dans le primaire et le secondaire  dans ce pays de 6,3 millions d’habitants  la grande majorité d’adolescent est analphabète selon un rapport de l’Unesco qui date de  2015.Le président Julius Maado Bio qui a recommandé aux parents de continuer à fournir à leurs progénitures chaussures et uniformes tout en poursuivant leur rôle  d’encadreurs à la maison s’est résolu lui même à financer son programme éducatif en puissant les fonds dans son salaire . Julius Maado Bio compte aussi sur le soutien  de quelque partenaire au développement et du  secteur privé. Les parents refusant  d’envoyer leurs enfants à l’école malgré la gratuité de l’éducation, sont quant à eux soumis à des menaces d’amendes et  même d’emprisonnement.

Si l’élimination  des frais de scolarisation a crée un véritable boom du nombre d’enfants scolarisés dans les pays qui l’ont adopté, quelque défi reste à relever notamment dans la mise en place de mesures visant à gérer le flux d’inscriptions. Un accent doit également être mis sur la qualité de l’enseignement prodigué aux élèves dans les écoles du publique. Des mesures de suivie s’imposent aussi pour qu’un nombre important de jeunes filles aient accès à l’éducation. Ces dernières en zone rurale étant souvent confinées aux corvées domestiques.

L’éducation reste un enjeu incontournable de développement .Promouvoir l’éducation s’est s’engager dans la lutte contre  le sous-développement  et les réductions  des inégalités sociales entre autre. L’Afrique qui  peine encore à accélérer sa transformation économique gagnerait beaucoup à développer davantage l’éducation tant au niveau primaire, secondaire que  supérieur. Ne dit on pas  qu’ «Un peuple libre est un peuple éduqué » !

article de la rédaction AFRIC

 

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