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Afrique : quand les anciens présidents ghanéens montrent l’exemple

27.07.2019
Article de la rédaction AFRIC
La distance qui sépare les présidents en exercice et anciens présidents des pays du continent africain et le peuple ressemble très souvent aux longues files d’attente. Pendant que certains d’entre eux brillent quasi unanimement, par leur caractère distant vis à vis de la population, beaucoup d’autres, dans le temps, essaient de rétablir l’équilibre et briser les mythes autour des « présidents-demi-dieux ». pour nombre d’habitants sur le continent africain, les seules occasions de voir ou d’entendre leur président s’apparentent à des moments de discours officiels bien définis dans le calendrier présidentiel et à des moments de sortie médiatiques concernant les sommets régionaux, continentaux et internationaux. Bien trop de présidents et d’anciens présidents africains continuent encore de glorifier la fonction ; profitant de leur situation privilégiée alors que de plus en plus les populations aspirent à une saine, active et participative communion avec les hommes présents et anciens hommes d’État. L’exemple sur le continent, d’anciens présidents qui mettent à contribution leur ancien statut au service des populations les plus démunies est venu du Ghana.

Dans ce pays, la dynamique s’est considérablement inversée, les anciens chefs d’État devenant des citoyens lambda et qui, à chaque occasion n’hésitent pas à faire font parler d’eux en effectuant les plus petites tâches pour le bien de tous. Ces derniers sont désormais considérés comme des hommes à part entière du peuple.

Même s’ils ne sont pas encore du niveau des plus illustres anciens chefs d’État passés maître au rang de serviteur de la population dans une modestie inégalée, les anciens présidents ghanéens essaient avec beaucoup de convictions de montrer le bon exemple. Ces derniers s’inscrivent ainsi dans la dynamique de José Mujica, « le président le plus pauvre du monde », ancien fleuriste et homme fort de Montevideo qui, aujourd’hui vit dans sa petite cabane de 45 m2 et qui du temps de son mandat reversait plus de 90% de son salaire mensuel soit 9.300 euros à des formations caritatives et de Nelson Mandela, « le modèle de grandeur, d’humilité et de compassion », qui avait donné 27 ans de sa vie pour que les choses puissent changer en Afrique du sud. Par leurs actions passées et présentes, ces derniers se forgent un peu plus chaque jour une place immense dans le cœur des africains et des ghanéens en particulier.

Un respect total de la démocratie et la constitution

Alors que sur le continent plusieurs présidents ont été coutumiers du fait de changer la constitution pour se maintenir au pouvoir, les anciens présidents ghanéens depuis la quatrième république ont toujours fait montre d’n respect total pour la constitution. Des actions patriotiques qui, jusqu’aujourd’hui sont mises à leur crédit alors qu’ils ne sont plus en fonction car, favorisant l’alternance des parties politiques au sommet de l’État.

  • sur le nombre de mandat à la tête de l’État : par le respect du nombre de mandat à la tête de l’État, les anciens présidents malgré les bilans mitigés pour certains, occupent une grande place dans le cœur des ghanéens. Depuis l’avènement de la quatrième république du Ghana en 1993, aucun de ces derniers jusqu’à l’actuel Nana Akufo-Addo n’a dérogé à la règle. La constitution ghanéenne est claire sur ce point : c’est un mandat de quatre renouvelable et puis s’en va comme aux États-Unis. Que ce soit Jerry Rawlings (1993-1997 / 1997-2001), John Kufuor (2001-2005 / 2005-2009), John Atta Mills (2009-2012) ou John Dramani Mahama (2012-2013 / 2013-2017), aucun d’eux n’a tenté de modifier la constitution pour se maintenir au pouvoir. Un contexte somme toute favorable à l’émancipation de la démocratie et des partis politiques.
  • Sur l’alternance des partis politiques au sommet de l’appareil étatique : depuis 1993 et la prise de pouvoir de Jerry Rawlings au Ghana, deux chapelles politiques se partagent constamment le pouvoir. Cette situation, qui confirme à suffisance une réunion des conditions du jeu démocratique par les anciens présidents, permet de se concentrer, pendant les périodes électorales, exclusivement sur son offre politique que sur des revendications de textes consensuels comme on peut le remarquer ailleurs. Dans ces circonstances, les deux principales chapelles politiques du pays ont alterné à plusieurs reprises déjà. Le NDC de Jerry Rawlings et John Atta aux affaires de 1993 à 2001 et de 2009 à 2017 et le NPP de John Kufour et Nana Akufo-Addo de 2001 à 2009 et depuis 2017.

Le retour des dividendes de la démocratie

Depuis 1983, période durant laquelle l’économie ghanéenne avait connu un effondrement drastique, avec un PIB réel par habitant qui avait chuté d’environ 40% et pendant laquelle sa monnaie ne valait plus rien, le Ghana a connu une évolution avec une reprise durable. Les premiers bénéficiaires de cette croissance étant les administrés qui s’étaient pendant longtemps serrés la ceinture. Depuis lors, et sous la direction des anciens présidents de la quatrième république, le Ghana est devenu l’un des pays les plus prospères du continent tout en étant un excellent modèle de croissance.

Avec un point d’honneur qui n’est pas le commun des présidents du continent, les anciens présidents du Ghana, depuis l’avènement de la quatrième république et ceux avec la reprise de la santé financière du pays ont à chaque fois lutter pour le bien de leur population. Contrairement à plusieurs de leurs confrères, ils ne se sont pas attarder sur la besogneuse tâche consistant à se remplir les poches en regardant le peuple mourir de faim et de soif. À ce sujet, sur les vingt derniers classements des présidents les plus riches du continent, aucun d’eux n’a jamais occupé une place de choix. Le retour de tous ces dividendes de la démocratie a alors permis d’attirer de nombreux investissements, multipliant les exportations et favorisant l’accroissement de revenu par habitants qui a grandement augmenté pour atteindre les 1.400 USD.

Des modèles d’intégration dans la société

À l’exemple de José Mujica et Nelson Mandela, les anciens présidents ghanéens, après leur passage au sommet de l’État, sont devenus pour plusieurs des modèles d’intégration dans la société. En témoigne les différentes actions qu’ils ont mené en terme d’humilité et de serviteur des plus vulnérables. Illustratif à cet égard est la plus grande leçon d’humilité que trois d’entre eux avaient servie lors du jubilé de l’ancien capitaine de l’équipe nationale du Ghana, Stephen Appiah. Au cours de ce match de football en guise d’au revoir pour l’ancien capitaine des Blacs Stars qui, tirait officiellement sa révérence en tant que joueur, étaient présents les anciens présidents Jerry Rawlings, John Kufour et John Dramani Mahama. Assis ensemble près de la foule sans protocole, ni gêne, exit les tribunes présidentielles, était de savourer le match de gala qui leur était offert. Cette image des trois présidents, assis côte à côte, avait alors rapidement fait le tour de la toile et, certains internautes n’hésitaient pas à interpréter cela comme une pique envoyée aux autres anciens présidents du continent et même ceux encore en fonction comme le burundais Pierre Nkurunziza par exemple.

Ce dernier, après un match de football qui s’était déroulé le 3 février dans la commune du nord du Burundi, avait fait écrouer deux responsables de son administration parce qu’ils avaient des réfugiés congolais malmener physiquement au cours dudit match de football.

Un autre fait d’arme encore plus récent de l’humilité des anciens présidents et leur engagement permanent sans complaisance au service du peuple avait été le fait du président Jerry Rawlings. Tombé dans un embouteillage sur le boulevard d’accra plus précisément à Prapam, ce dernier était alors sorti de sa voiture pour réguler lui-même la circulation, montrant par-là l’exemple à suivre. Et, ce n’est que quand les bouchons s’étaient décantés que ce dernier était reparti après avoir serré quelques poignées de mains de citoyens étonnés du geste. Cela s’était passé le lundi 25 févier 2019.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image : Google images/illustration

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