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Nouvelle crise au sein du football Camerounais après l’échec de la CAN 2019

23.07.2019
Article de la rédaction AFRIC
L’élimination prématurée des Lions Indomptables de la Coupe d’Afrique des nations 2019 est une pilule amère à digérer pour le Cameroun. Si son arrivée en terre égyptienne avait été retardée par des problèmes de primes, c’est en queue de poisson que l’effectif conduite par Clarence Seedorf a quitté le pays hôte de la compétition au lendemain de l’échec essuyé en huitième contre le Nigeria. Le Cameroun tenant du titre, bien qu’étant la bête à abattre, n’a pas été selon de nombreux supporters camerounais à la hauteur des attentes du peuple qui espérait mieux qu’un retour aussi précipité. Dans une compétition où des pays tels que Madagascar et le Benin ont créé le sensationnel en tenant tête à de grandes nations du football africaines, les Lions Indomptables malgré leur qualification en huitième, font partie des grosses déceptions de ce tournoi au même titre que le vice-champion et pays organisateur l’Egypte.

Au pays de Roger Milla, les langues se délient, sur les plateaux télé, dans la rue, les bars, les taxis et même sur la toile, chacun y allant de son analyse pour désigner les auteurs de cette forfaiture. Les premiers à en payer les frais sont les néerlandais Clarence Seedorf et Patrick Kluvert dont les limogeages ont été annoncés via un communiqué du président de la fédération camerounaise de football Seidou Mbombo Njoya.

Un coaching manqué

Cette décision qui dans le fond n’a pas surpris de nombreux camerounais, est une suite logique pour ceux qui connaissent l’anarchie qui règne au sein du football camerounais.  Bien avant le communiqué du président de la FECAFOOT, le ministre des sports Kombi Mouelle dans une intervention télévisée avait déjà annoncé la couleur en faisant état de conclusions accablantes d’un rapport d’experts ayant suivi la compétition de l’intérieur et qui ne plaidait pas en faveur du duo néerlandais. Le professeur des universités agrégé en droit qui s’est revendiqué être à l’ère de la transparence, dans cette prise de parole aux allures de déballage est aller plus loin en informant au grand publique que Clarence Seedorf avant l’entame de ses fonctions à la tête des Lions indomptables du Cameroun avait déjà perçu l’intégralité de son salaire en une année. A savoir la somme de 750 millions de FCFA soit 1 million 145 mille euro.

Le groupe ayant pris part à l’aventure égyptienne est assailli de critiques. Les camerounais dans leur ensemble ne sont pas satisfaits des performances de leur équipe nationale qui a très vite abandonné sa couronne. Les critiques qui vont de l’attaque à la défense jugées faibles et inefficaces, n’épargnent pas le coach Seedorf dont les choix opérés durant les quatre matchs disputés par les Lions indomptables sont restés incompris.  Aux commande de l’équipe fanion depuis Aout 2018, le néerlandais avec au total 10 matchs disputés s’en tire avec un bilan de 3 victoires, autant de défaites et 4 matchs nuls. Mais l’élément déclencheur de son éviction reste la CAN 2019 marqué par un coaching manqué. Il lui est reproché à l’issue de ce rendez-vous, l’incapacité à aligner une équipe type. L’ancien joueur de l’AC Milan, a présenté quatre équipes différentes en quatre rencontres disputées en terre égyptienne et opéré des remplacements surprenants. Des signes peu rassurants qui lui donne l’image d’un coach peu sûr de lui et qui ont laissé présager l’existence d’une éventuelle ingérence externe dans la tanière.

 Ingérences externes dans la tanière

Les choix surprenants de l’entraineur Seedorf ont éveillé des soupçons sur l’existence d’éventuels influences qui lui imposeraient des choix. Sur les réseaux sociaux le nom de Samuel Eto’o revient en boucle dans les conversations et les coups de gueule. Le quadruple ballon d’or qui serait à l’origine de la venue au Cameroun des deux anciens internationaux néerlandais et de la négociation de leur contrat, seraient à en croire certaines indiscrétions parmi ceux qui tiraient les ficelles dans l’ombre. Il est reproché à l’ex barcelonais d’avoir imposé des choix à Clarence Seeforf sur la base de certaines affinités avec des joueurs précis. Au lendemain de l’élimination du Cameroun par le Nigeria, un enregistrement vocal attribué à Olivier Boumal recalé de la liste définitive pour la CAN, a circulé sur les réseaux sociaux. Sur un ton revanchard, le joueur qui soutient ne pas comprendre sa mise à l’écart du groupe choisi pour défendre la couronne en Egypte, accuse ouvertement le goleador camerounais d’exercer une forte influence sur le coach Clarence Seedorf qui selon lui est nul et manque de charisme.

Si les raisons évoquées dans le communiqué du président de la FECAFOOT pour expliquer la rupture de contrat de Clarence Seedorf et de Patrick Kluvert restent flous, les propos d’Olivier Boumal trouvent une certaine cohérence avec ceux du ministre des sports qui lors de son intervention sur les antennes de la télévision nationale avait laissé entendre que les jours de Seedorf dans la tanière étaient comptés. Kombi Mouelle avait alors souligné pertinemment que les rapports d’expert mis à sa disposition faisaient état de « classements hasardeux, remplacements peu pertinents, choix tactiques inefficaces et peu cohérents, système de jeu contreproductif, incapacité à maintenir la cohésion et la discipline au sein du groupe et influences externes.  Des propos qui prouvent clairement que la sélection nationale une fois de plus est victime d’ingérence. Comme lors des précédentes crises qui ont ébranlé l’équipe fanion, le staff technique sensé tenir le bâton de commandement a été confronté à des influences externes qui ont ouvert la voie à la rébellion et au clanisme au sein du groupe sensé rester soudé. Les résultats obtenus sur le terrain ne sont donc que la suite logique de ce triste feuilleton qui est loin de son dernier épisode à deux ans de la CAN que doit abriter le pays.

Sans leader et avec des joueurs plutôt moyens comparés à ceux de la génération dorée de 2000, l’équipe nationale de l’avis de nombreux camerounais, amoureux du football, a besoin de stabilité. Virer chaque entraineur après des rendez-vous ratés n’est pas dans ce cas de figure la solution idoine pour résoudre l’équation. Bien au contraire cela conduit à un perpétuel recommencement. Rattrapé par ses vieux démons, le football camerounais gagnerait à résoudre dans le fond le problème d’ingérence qui a souvent pollué l’environnement au sein des Lions envenimant les relations entre joueurs, encadreurs, membres de la fédération et du ministère des sports.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image : Google images/illustration

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