Association for Free Research and International Cooperation

Kenya : La guerre contre les « paris foot »

20.07.2019
Article de la rédaction AFRIC
Le Kenya durcit les règles du jeu. Le ministre de l'intérieur a ordonné l'expulsion de 17 directeurs étrangers, responsables et propriétaires des sociétés de pari d’argent à l’instar de paris foot, soccer bet parmi tant d’autres. Cet arrêté d’expulsion est la dernière mesure la plus stricte, prise par le gouvernement kenyan, vu l’ampleur de ce phénomène aux conséquences lourdes dont la perte d’argent.

La mesure semble être la première sur une liste de plusieurs sanctions qui pourront s’en suivre afin de mettre un terme à ce phénomène. Le Kenya prévoit introduire de nouvelles réglementations sur les jeux d’argent, y compris l’interdiction de la publicité à l’extérieur et sur les médias sociaux. Les kenyans qui détiennent des portefeuilles mobiles ou des comptes auprès d’entreprises de paris par l’intermédiaire d’entreprises de télécommunications (mobilemoney), ont retiré la totalité de leur argent.

Le phénomène des « paris foot » est récurrent en Afrique, notamment dans les pays subsahariens. Ce jeu du hasard est devenu le quotidien de plusieurs africains, jeunes ou vieux. Si certains en tirent profit alors d’autres en payent les prix. Parier sur l’équipe sportive qui pourrait gagner est une grosse affaire au Kenya, en Afrique et dans le monde entier. D’ici 2022, le marché mondial des jeux de hasard pourrait atteindre 635 milliards de dollars, selon un rapport d’enquête conduite à Dublin en Irlande.

« Un de mes amis devait une facture de 40 000 shillings soit 345 euros à l’hôpital. Il a parié 150 shillings, environ 1,30 euro, et en a gagné 115 000 shillings, ce qui vaut 990 euros. ! Non seulement il a pu payer l’hôpital, mais il lui restait encore de l’argent », précise Jonah Kobale, 56 ans, témoin d’une aventure parifoot.

Rien qu’au Kenya, l’industrie du pari génère 2 milliards de dollars chaque année. Les kiosques de loteries, des paris sportifs, des machines à sous, des jeux de casino sont davantage présents dans les grandes villes et villages à travers l’Afrique. Les détracteurs des paris affirment qu’ils attirent plus d’un participant grâce à leur rhétorique. Ces derniers en deviennent vite dépendants et y misent tout leur revenu en écoutant les témoignages positifs des autres. Ces faits laissent dubitatives les autorités kenyanes qui enquêtent également la possibilité que des sociétés de paris aient facilité le blanchiment d’argent.

Les paris foot, business ou loisir ?

Les amoureux des paris considèrent cette activité comme un loisir qui offre aux jeunes chômeurs des opportunités de miser sur leur potentiel, de canaliser leur énergie, tout en se faisant de l’argent. Ces revenus qui aident au quotidien, permettent de payer les taxes et factures de l’Etat. Les paris foot, loin d’être une escroquerie offrent aux jeunes la possibilité de gagner l’argent qu’ils veulent. Tout ce dont un parieur a besoin, c’est d’un téléphone intelligent avec internet, ou d’entrer physiquement dans l’un des kiosques et acheter son ticket. L’argent gagné est automatiquement versé sur le compte du participant qui peut le retirer quand il veut.

Enjeux des paris foot

Pour les autorités kenyanes, les paris foot sont une distraction, une situation inquiétante, une occasion de chute, et un réel problème pour la société. Les jeux d’argent rendent les jeunes paresseux et désobéissants. Ces derniers deviennent auto-dépendants et ne font plus de bons rendements à l’école pour certains, et au travail pour d’autres. Cette dépendance au parisfoot fait perdre le boulot à plus d’un, et occasionne l’augmentation du taux de chômage dans le pays.

Il faut reconnaitre que les paris foot ont un impact considérable sur l’économie d’un pays. Ils créent l’emploi pour le personnel y travaillant et font tourner les fonds. Le gouvernement peut tirer profit derrière les paris foot et en même temps mettre un terme à son inquiétude. Ceci étant, une règlementation des sociétés de paris pourrait jouer en faveur de l’Etat, si les législateurs des jeux et loteries appliquent la loi.

Les autorités devraient accompagner les entreprises de paris et travailler en synergie avec ces derniers. Si la crainte du gouvernement est de voir les mineurs parier, alors une nouvelle mesure peut être prise ensemble avec les compagnies de télécommunications, afin de désabonner tous les jeunes mineurs mais aussi  les empêcher d’entrer leur identifiant dans la machine à sous.

Pour ce qui est des shops, et kiosques, le personnel y opérant devra être strict, et exiger une carte d’identité à tout participant avant de lui laisser se glisser dans le shop. Il doit y avoir une alerte qui détecte et empêche les jeunes de moins de 18 ans de parier. Comme en RDC avec les débits de boissons, le gouvernement Kenyan peut également restreindre les paris à des heures particulières, pendant lesquelles tout le monde peut parier, afin d’éviter que les boutiques soient toujours remplies de monde même pendant les heures de travail, ou les heures de classe.

Les entreprises de paris devraient assumer une plus grande responsabilité dans l’atténuation de la dépendance et d’autres effets négatifs de leurs activités et devraient y pallier. Ils doivent respecter les règles établies et les mettre en pratique pour une bonne marche. Les parents devraient veiller à ce que les paris ne deviennent pas le quotidien de leur enfant. Quoi que certaines personnes aient construit des immeubles grâce au jeu du hasard, plusieurs personnes se font avoir, se font abuser par les faux détracteurs.

Toutefois, le Kenya n’est ni le premier ni le dernier pays à bannir les jeux d’argent comme les paris foot. La restriction de l’octroi de licences et des opérations des sociétés de paris a été mise en œuvre dans d’autres pays d’Afrique de l’est, notamment en Ouganda et au Rwanda.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image/google image

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