Association for Free Research and International Cooperation

CAMEROUN : Une trentaine de militants du MRC libérés

15.07.2019
Article de la rédaction AFRIC
Après six mois passés derrière les barreaux, une trentaine de militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) ont retrouvé la liberté dans la nuit de Vendredi à Samedi. Leur arrestation remonte à Janvier à l’issue de marches pacifiques organisées à travers le pays, dont le but était de revendiquer la supposée victoire de Maurice Kamto lors de la présidentielle d’octobre 2018. Si Olivier Bibou-Nissak le porte-parole du parti fondé par l’ancien ministre camerounais de la défense salue cette remise en liberté, il rappelle cependant que d’autres membres du MRC dont le président de la formation politique restent en détention. Pour ce dernier, le non-lieu prononcé à l’endroits des militants du parti est une victoire contre le régime en place, et la procédure judiciaire en cours totalement politique.

Malgré cette victoire partielle, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun, ne compte pas baisser l’échine. Tiriane Noah, la 2e vice-présidente du parti a fait savoir devant les médias, quelques heures après la libération des 39 militants du parti, que le combat continue jusqu’à ce que le dernier des prisonniers soit libéré. Originaire de la région du centre, la militante a été propulsée à la tête du parti après les arrestations du président national Maurice Kamto et du 1er vice-président Mouhamadou Mota.

 

Maurice Kamto toujours en détention

Le président du MRC Maurice Kamto, ne fait pas partie des opposants libérés récemment par la justice camerounaise. Le candidat malheureux à la dernière présidentielle avait fait l’objet d’une arrestation le 28 Janvier 2019 à Douala, au domicile d’Albert Dzongang l’un de ses alliés, soit deux jours après les marches pacifiques organisées à l’initiative de son parti à travers le territoire national et interdites par le gouvernement camerounais. Tout comme le président du MRC, Albert Dzongang, Alain Fogue le trésorier du parti, Célestin Djamen, l’artiste Valsero et Paul Éric Kingue l’ancien directeur de campagne de Maurice Kamto ont également fait été arrêtés par les forces de l’ordre camerounaises. La marche pacifique du MRC du 28 Janvier, avait également pour but de demander le retour de la paix dans les deux régions anglophones en crise du pays et de dénoncer le gaspillage des fonds publics dans le cadre de la préparation de la CAN 2019 finalement retirée au Cameroun par la CAF. Interdites par les autorités administratives, la manifestation du MRC a néanmoins eu lieu dans trois villes du Cameroun, à savoir Douala, Yaoundé et Bafoussam. Pour justifier l’arrestation des militants du MRC, le ministre camerounais de l’administration territoriale Paul Atanga Nji, avait déclaré qu’en organisant ces marches pacifiques dans plusieurs villes du pays, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun devenu le principal parti de l’opposition au lendemain du scrutin présidentiel d’Octobre 2018, venait de franchir la ligne rouge et déborder le seuil de l’intolérance.

 

Arrivé deuxième avec 14,23 % des suffrages exprimés selon les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel, l’opposant Maurice Kamto qui évoque un « hold up électoral », revendique toujours la victoire de ce scrutin qui a abouti à la réélection du président Paul Biya pour un huitième mandat de sept ans. Son avocat soutient qu’avec 103 autres personnes toujours en détention, ce dernier devra encore comparaitre devant le tribunal militaire de Yaoundé.

Le MRC au centre de nombreuse polémiques

Le parti fondé par le professeur Maurice Kamto malgré les idéaux qu’il affirme défendre est au centre de nombreuse critiques. Dans les cercles du pouvoir et sur les réseaux sociaux, il est reproché à la formation politique d’avoir bâti une grande partie de son électorat autour d’un discours tribal et de ne pas être soumis aux autorités. Autre reproche faite au MRC, celui d’avoir des liens avec la brigade anti sanrdinard, un mouvement animé par des membres de la diaspora camerounaise hostiles au régime de Yaoundé. Le parti par la voie de son trésorier national Alain Fogue Tedom s’est d’ailleurs désolidarisé de manière formelle de ce mouvement en soutenant que le professeur Maurice Kamto n’est en aucun cas responsables des initiatives entreprises par le dit mouvement. Le groupe d’activistes qui a décidé de boycotter en Europe tous les concerts des artistes camerounais ayant soutenu la candidature du président Biya, est à l’origine du saccage en Janvier dernier de l’ambassade du Cameroun à Paris au cours duquel des documents importants et la somme de 49 millions de FCFA (75 000 euros) avaient disparus. La BAS comme on l’appelle communément a également a été au centre d’une saga médiatique durant le mois de Juin à la suite d’altercations avec des éléments chargés de la sécurité du président Biya alors en cours séjour privé en Suisse plus précisément à l’hôtel intercontinental. Très dynamique sur les réseaux sociaux, l’organisation issue de la diaspora qui soutient défendre les intérêts du peuple camerounais, est perçue par le régime en place comme un mouvement violent, tribaliste qui véhicule la haine et la division. Des valeurs contraires au patriotisme et à l’amour du Cameroun.

Engagé dans un bras de fer avec le parti au pouvoir depuis la dernière présidentielle, le MRC malgré l’incarcération de son leader et de plusieurs membres influents du parti, assure continuer son combat. Celui de la libération du Cameroun d’un système qui a prouvé ses failles et qui peine aujourd’hui à répondre aux aspirations du peuple.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image/google images

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