Association for Free Research and International Cooperation

Log in Join the community

Quand les déchets plastiques dictent leur loi

13.07.2019
Article de la rédaction AFRIC
Malgré les dispositions prises par les pouvoirs publics pour contrecarrer cette gangrène, les déchets non biodégradables continuent de préserver leur peau dure et créent par là des effets indésirables sur la couche d’ozone.

Dans nos sociétés africaines, la situation s’aggrave. Les déchets inertes sont devenus un véritable casse-tête. Aujourd’hui au Cameroun tout comme au Sénégal, et dans bien d’autres pays, plus un pas sans plastique. Ils jonchent les artères et les moindres recoins des rues et font parfois mis chemin aux piétons.

D’aucuns estiment que c’est normal car les agents d’hygiène et salubrité doivent justifier leur salaire. D’autres partisans du sous-développement rejettent les ordures ménagères dans les caniveaux. Plus loin dans les cours d’eau on a seulement envie d’écraser une larme. Tout porte à croire que les usines d’assemblage des plastiques non biodégradables ont élit domicile à ces endroits. Ou alors qu’une nouvelle forme de décoration a vu le jour.

C’est qu’en Afrique, on a pris pour habitude de jeter les ordures ménagères derrière les concessions ou alors en forêt. Sans toutefois mesurer l’ampleur des dangers que ces plastiques inertes causent sur la faune et la végétation voire de la flore aquatique pour ceux qui les déversent dans des rivières. Selon Greenpeace, sur les 100 millions de tonnes de plastique, 10% s’en vont dans les océans et 70% s’enfoncent dans la terre. Au Sénégal, selon notre consœur Aminata Diene, le rapport d’importation direct du plastique mis à la disposition par la douane indique qu’entre 2010 et 2013 plus de cinq milliards de Fcfa ont été dépensés pour l’importation de ce dernier. Ce qui représente 5553 tonnes de plastique.  De nos jours au Cameroun, cette prolifération des plastiques est renforcée par un autre phénomène : la vente de l’eau en sachet. Ce business a affaibli les autorités administratives. Tant de décisions prises mais jamais appliquées. Au contraire, de nouvelles marques voient le jour. On peut lire çà et là eau pure, royal water, Audrey, etc…

Et pendant la saison pluvieuse, les riverains payent cash les conséquences des partisans du sous-développement. Les inondations sont au rendez-vous avec pour motif les caniveaux plein de déchets.  Leur incinération par contre provoque des fumées très toxiques qui touchent l’environnement, mais qui sont également néfastes pour les poumons et les voies respiratoires de l’homme.

Sanctions gouvernementales

Vu la vitesse de l’incivisme, certains pays ont commencé à frapper le point sur la table. L’Afrique du Sud a été le premier pays du continent à déclarer la guerre aux plastiques, notamment en faisant payer les sacs en plastique bio dans les supermarchés. Des encouragements vont également à l’endroit des autorités rwandaises de l’aéroportuaire et l’Office Rwandais de Gestion de l’Environnement (ORGE), qui ont condamné l’importation et la production des sachets en plastique au détriment des sacs en papier. Les contrevenants encourent des amendes allant de 1 à 5 millions de francs rwandais (1 700 à 8 500 dollars us). Au Gabon, lors d’une interview, le président Ali Bongo Odimba avait annoncé que son gouvernement n’admettrait plus de sacs en plastique sur son territoire pour des raisons écologiques et sanitaires (Dougueli 2010). Il y a aussi les chercheurs, les privés et les ONG environnementales qui ne cessent de battre campagne pour promouvoir le bien-être de l’humanité en luttant contre les déchets plastiques.

Le Cameroun aussi en son article 82 de la loi cadre n°96/12/05 de 1996 relative à la gestion de l’environnement, stipule qu’« il est puni d’une amende de 1 à 5 millions de Fcfa et d’une peine de six mois à un an d’emprisonnement ou l’une des deux peines seulement, toute personne qui pollue, dégrade les sols, les sous-sols, altère la qualité de l’air ou des eaux, en infraction des dispositions de la présente loi. En cas de récidive, le montant maximal des peines est doublé ».

Le Congo kinshasa a également élaboré plusieurs lois dont l’Ordonnance du 10 mai 1929 instituant la direction technique des travaux d’hygiène et service d’assainissement et l’ ordonnance 74-345 du 28 juin 1959 sur l’hygiène publique dans les agglomérations. Ces différents textes légaux se rapportant à l’hygiène et à la salubrité publique faisaient référence dans leurs articles aux déchets dégradables, à l’instar des matières plastiques.

De très bonnes initiatives judiciaires pourtant. Mais la démographie galopante et l’urbanisation anarchique de certains pays africains aussi le laxisme des gouvernants ont rendues ces dispositions désuètes. Tout le monde vit et se comporte à sa guise. On a qu’à observer notre entourage pour en illustrer davantage. Comme quoi, l’accord signé entre la société d’hygiène et de salubrité du Cameroun Hysacam et l’Etat a été inutile. Les chaussées sont transformées en véritables dépotoirs.  Cette pollution visuelle a fini par détériorer le caractère esthétique des villes. C’est le cas de Kinshasa, du Sénégal, de Yaoundé, Douala pour ne citer que celles-là.

Gestion des déchets dangereux

Certes les autorités compétentes et les comités de nettoyage font des prouesses pour le développement urbain et esthétique des villes à l’instar des usines de recyclage. De surcroît la fabrication des meubles avec des bouteilles et la commercialisation des emballages biodégradables tels que le papier et les plastiques bio. Mais avouons-le beaucoup restent à faire. Ainsi pour une gestion durable des matières plastiques, il serait judicieux d’adopter et d’appliquer les textes qui devront régir la participation des populations à l’hygiène et à la propreté. De même réinstaurer le concours du quartier le plus propre dans les villes afin d’inciter les populations à s’investir avec beaucoup d’intérêt dans l’assainissement urbain. Sensibiliser les populations et les industriels sur le principe « pollueur-payeur » (qui génère la saleté paye l’évacuation) et sanctionner les rebelles par de fortes amendes sont entre autres des mesures pour une salubrité effective.

Article de la rédaction AFRIC

Crédit image/google images

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community