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Assailli de critiques le Burundi crie au complot

10.07.2019
Article from AFRIC Editorial
Les autorités burundaises rejettent en bloc les nombreuses critiques émanant des rapports qui mettent en doute le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans le pays. Bujumbura qui manifeste son ras le bol face à cet acharnement, dénonce l’existence d’un agenda caché dont l’objectif serait de saboter les efforts entrepris par le gouvernement pour assurer la relance économique, la cohésion nationale, la paix et la consolidation de la démocratie au Burundi. A l’approche des élections générales de 2020, le gouvernement voit d’un mauvais œil les déclarations de certains émissaires affiliés à des organisations internationales dont Doudou Diène le président de la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi et de Smaïl Chergui, le commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine. Leurs rapports sur l’état de droit au Burundais à en croire le pouvoir ne sont qu’un ensemble de mesures déstabilisatrices visant à ternir à l’étranger l’image du Burundi, un pays pourtant stable et en paix contrairement à bien d’autres en Afrique en proie à des troubles et violences de tout genre.

Alors que les dernières élections de 2015 se sont déroulées dans un contexte tendu marqué par un coup d’état manqué visant l’actuel dirigeant, le Burundi ne voudrait pas sombrer à nouveau dans la déchéance.  A la veille du scrutin de 2020 qui conduira au départ du président Pierre Nkurunziza au pouvoir depuis 2005, les autorités crient à l’ingérence et appellent la population à la vigilance.

Des rapports accablants

En s’exprimant le 14 Juin 2019 devant le conseil de sécurité de l’ONU au sujet de la situation au Burundi, Smaïl Chergui, le commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine a suscité l’ire de Bujumbura.  Le diplomate algérien a déclaré devant les membres du dit conseil, qu’« il n’y a pas d’autres alternatives, le dialogue inter burundais inclusif doit reprendre dans les plus brefs délais car il constitue sans aucun doute, le seul moyen susceptible de promouvoir et renforcer la cohésion nationale, permettant ainsi la restauration de la paix, de la sécurité durable et de la réconciliation dans ce pays ».

Dans une déclaration, le gouvernement qui a réagi aux propos de Chergui, qualifie ces affirmations de mensongères, vicieuses et tendancieuses. S’il souligne que l’objectif inavoué ici est de converger vers un coup d’Etat manqué comme celui de 2015, il s’étonne de la remarque faite par le diplomate sur la nécessité d’organiser un dialogue inter burundais. Selon les autorités burundaises, le dialogue inter burundais recommandé par Smaïl Chergui existe bel et bien et est suivi par une Commission Nationale qui de surcroit a parcouru tout le pays et est aller à la rencontre de plusieurs Burundais issus de diverses couches sociales y compris ceux de la diaspora. Les doléances recueillies durant ces concertations populaires, ont d’ailleurs été introduites dans la nouvelle Constitution votée en 2018 par référendum.

Via un communiqué rendu public, l’Etat burundais a surtout voulu alerter la communauté internationale et l’opinion publique sur les intentions de Smaïl Chergui jugées malsaines. Il souligne que le diplomate n’est pas à sa première tentative de complot contre les institutions burundaises. Rappelant qu’à la veille du scrutin de 2015, le même Smaïl Chergui était à la manœuvre pour faire échouer le bon déroulement des élections en soutenant qu’il était préférable pour le pays de passer par un régime de transition en lieu et place d’élections prévue cette année-là.

Le gouvernement qui condamne les démarches dites « déstabilisatrices » du commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine, appelle la Commission de l’organisation panafricaine à regarder d’un œil vigilent les agissements du diplomate algérien. Tout comme Smaïl Chergui, le sénégalais Doudou Diène est également appelé par Bujumbura à la retenu. Le président de la Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi, est à l’origine d’un rapport présenté au Conseil des droits de l’homme à Genève qui émet des craintes sur un éventuel enlisement du pays dans la violence avant les échéances de 2020.  L’expert onusien qui plaide pour une campagne électorale ouverte aux médias indépendants se dit également préoccupé par le financement par la population, des élections de 2020, une initiative du gouvernement. Le rapport de Diène, fait également mention de la traque et de la maltraitance des opposants ainsi que des personnes soupçonnées d’avoir voté « non » lors du référendum constitutionnel du 17 mai 2018.

Rassurant que l’espace politique est apaisé, le pouvoir qui balaie d’un revers de la main toutes ces allégations, soutient que tout le processus devant aboutir à des élections calmes et apaisés en 2020 est lancé.

Le Burundi veut assoir sa souveraineté

Malgré les nombreuses critiques qui visent son pays, le président Pierre Nkurunziza qui a engagé une série de réforme pour assoir la souveraineté du Burundi, compte terminer les réalisations qu’il a entrepris avant la fin de son dernier mandat. Son désir est surtout de permettre à la population de participer au pouvoir sans compter sur des aides matérielles ou financières venant de l’étranger et qui selon lui ne contribuent qu’à dépouiller les burundais de leur dignité.

Les prochaines élections générales organisées pour le renouvellement des institutions du pays en 2020, seront financées par des fonds burundais tout comme l’a été le référendum sur la Constitution du 17 mai 2018. Le budget pour l’organisation de ces joutes électorales a d’ailleurs déjà été bouclé grâce à l’engagement des burundais qui ont répondu favorablement à l’opération de quête lancée par le gouvernement sur toute l’étendue du territoire national. En 2015, le Burundi dépendait de l’extérieur pour 52 % de son Budget national. Aujourd’hui selon la loi portant fixation du Budget Général de l’État exercice 2019-2020, 84% de ce budget seront collecté dans le pays. L’objectif pour le gouvernement est que dans trois ans, le Burundi puisse générer lui mêmes 100% de son Budget national.

Le président Pierre Nkurunziza qui veut une transition démocratique dans son pays en 2020 lors de son départ du pouvoir, reste convaincu que les évènements de 2015 portent la marques des néo-colonialistes dont l’objectif a toujours été de diviser le peuple burundais pour piller par la suite ses richesses.

Article from AFRIC Editorial

Photo Credit :google image/illustration

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