Association for Free Research and International Cooperation

L’éducation reste bloquée dans les régions sous tension du Cameroun

30.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
Un enfant sans éducation est susceptible et risque de tomber entre les mains des rebelles lorsque la guerre prive les enfants de leur droit à une éducation adéquate. Ce phénomène semble être inévitable dans les pays qui ont connu des troubles civils au fil des ans. Les enfants du Yémen, de la Syrie, de l'Afghanistan, du Pakistan, de la République démocratique du Congo et de la République centrafricaine se sont vu refuser le droit à l'éducation en raison des combats sans fin dans ces pays.

La République du Cameroun est un cas rare en Afrique centrale où l’éducation est restée un trésor mais cette réalité n’est plus vraie dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays. À la suite d’un conflit qui dure depuis  trois ans les régions anglophones de cet État d’Afrique centrale il est devenu très difficile pour les  corps éducatif d’assure la scolarisation des populations.

Plus de 80% des écoles ont été fermées dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Dire que l’éducation est condamnée dans les zones majoritairement anglophones ne sera pas une exagération, car plus de 80% des écoles ne sont pas fonctionnelles depuis l’insurrection qui a éclaté entre les combattants indépendantistes et les militaires camerounais. Selon une récente publication du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), plus de six cent mille (600 000) enfants ont été privés du droit à l’éducation en raison de la détérioration de la sécurité dans les régions fragiles. Selon les statistiques de l’UNICEF, quelque 74 écoles ont été détruites. Toby Fricker, porte-parole de l’UNICEF, a récemment déclaré: «Pour de nombreux enfants, cela fait trois ans que leur dernier pas est arrivé dans une salle de classe. À la suite d’une interdiction d’éducation par des groupes armés non étatiques et d’attaques, plus de 80% des écoles ont été fermées, touchant plus de 600 000 enfants. Au moins 74 écoles ont été détruites, tandis que des étudiants, des enseignants et du personnel scolaire ont été exposés à la violence, à des enlèvements et à des actes d’intimidation. Depuis 2018, plus de 300 étudiants et enseignants ont été enlevés. Après des expériences traumatisantes, ils ont tous été relâchés ».

Les effets les plus dévastateurs des troubles au Cameroun sont les attaques contre l’éducation. Les enfants ont perdu leur droit fondamental à l’éducation. Imaginez ce que l’avenir réserve au Cameroun lorsqu’une population importante, en particulier des jeunes, a été prise dans la guerre. Les étudiants et les instructeurs ont subi une série d’enlèvements. L’interdiction des indépendantistes a laissé l’avenir de toute une génération sans destin.

Selon un enseignant, qui a refusé d’être nommé pour des raisons de sécurité, bien que l’éducation soit classée sous deux formes: formelle et informelle, les deux sont pertinentes pour le développement d’un individu et d’une nation; par conséquent, la fermeture des écoles signifie l’absence d’éducation formelle pour les jeunes. Nous étiquetons comme « leaders de demain ». Quel leadership attendons-nous qu’ils exercent sans acquérir les compétences qui contribueront à forger les compétences innées qu’ils ont déjà? L’éducation informelle ne peut à elle seule garantir cela. Il est donc nécessaire de trouver une solution rapide aux troubles civils apparemment sans fin dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun.

Suite à la récente sortie du porte-parole de l’UNICEF Toby Fricker le 21 juin 2019, lorsque les enfants ne sont pas scolarisés, ils deviennent très vulnérables. Selon un dicton, «un esprit oisif est un atelier du diable», alors ne pas aller à l’école expose les enfants à tant de choses négatives. Ceux-ci incluent les suivants:

  • Un risque plus élevé de recrutement par les groupes armés
  • Beaucoup de jeunes filles sont plus susceptibles d’être exposées au mariage d’enfants et aux grossesses précoces
  • Les taux d’analphabétisme augmentent
  • Traumatisme et souffrance émotionnelle persistante chez les jeunes.

Selon le responsable de l’UNICEF, environ 1,3 million de personnes, dont environ 650 000 enfants inclus, ont un besoin urgent d’aide, principalement de l’aide humanitaire dans les régions anglophones du Cameroun. Les gens vivent dans des conditions très déplorables avec peu ou pas de sécurité garantie. Environ 450 000 de ces personnes, dont la moitié sont des enfants, sont déplacées à l’intérieur du pays.

L’année scolaire 2018-2019 a culminé sur tout le territoire national, les inscriptions ont déjà commencé dans les huit autres régions du pays, mais l’histoire n’est pas encore claire dans les régions agitées d’expression anglaise. L’éducation a été totalement détournée par les soi-disant combattants d’Ambazonia, laissant des milliers de personnes en particulier aux personnes à faible revenu qui n’ont pas les moyens de s’installer dans les limbes. Une autre année scolaire commence en septembre 2019, mais l’histoire changera-t-elle dans les régions touchées par la violence? La guerre est un phénomène provoqué par l’homme et l’homme peut toujours l’emporter.

Les communautés locales et internationales ont intensifié leurs appels au gouvernement du président Paul Biya et aux groupes armés pour qu’ils s’engagent dans le dialogue et mettent fin à la guerre. L’avenir des jeunes Camerounais ne peut être compromis.

Rétrospection

En réfléchissant à la genèse de la crise anglophone et à la manière dont elle a englouti les deux régions du Cameroun, on commence à se lamenter. Certaines forces de destruction ont profité des griefs des avocats et des enseignants en octobre 2016 pour placer le pays dans la situation actuelle. Avant 2016, le Cameroun était l’un des pays les plus pacifiques d’Afrique centrale, mais l’égoïsme et la cupidité associés à des forces de déstabilisation ont immobilisé le pays. La crise socio-politique dure depuis trois ans maintenant. Les efforts déployés par Yaoundé pour faire face à la crise sont restés vains, les soi-disant combattants d’Ambazonia continuant de réclamer leur indépendance. Réitérant que la guerre est une guerre créée par l’homme et pouvant être volontairement arrêtée par l’homme, le défi revient maintenant à Yaoundé, aux combattants de l’indépendance et aux autres personnes bénéficiant de la guerre pour la faire cesser.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image/illustration

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