Association for Free Research and International Cooperation

Les femmes casques bleus, des amazones au service de la paix

24.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
Elles sont des femmes et ont décidé comme leurs confrères masculins de s’engager dans les troupes de l’ONU pour des opérations de maintien de la paix dans les régions du monde en crise. Malgré les nombreux risques qui entourent le métier de soldat (éloignement familiale, morts, blessures, fractures…) elles restent de véritables guerrières qui ne reculent devant rien pour contribuer à leur manière au retour à la stabilité là ou sévit la guerre. Comme les amazones des troupes d’élite du Dahomey au temps du roi Béhanzin, les femmes casques bleus sont des combattantes dont l’apport est d’une grande importance d’où l’augmentation au fil des ans de leur nombre dans les effectifs des forces de l’ONU. Contrairement aux hommes qui ont été ces années au centre de nombreux scandales d’abus sexuels, les femmes casques bleus ont une réputation irréprochable dans les différents pays où elles sont envoyées en mission. Les opérations de maintien de la paix de l’ONU ayant de plus en plus une approche humanitaire, elles apportent une touche particulière par leur manière spécifique de concevoir la paix. Ce qui rend impératif leur recrutement.

Il y a de cela 20 ans, les femmes n’étaient que peu représentées dans les effectifs des forces de maintien de la paix de l’ONU. L’organisation internationale qui encourage l’engagement des femmes dans les forces de police et dans l’armée de ses effectifs doit néanmoins se conformer à la volonté des Etats membres à qui incombent la responsabilité de décider du nombre de femmes en uniforme à déployer dans les contingents militaires de l’ONU. Sur le terrain, le personnel féminin joue le même rôle que les hommes, remplissant les mêmes taches et ce dans des conditions souvent difficiles tout en assumant parfois des hautes fonctions hiérarchiques.

Les femmes et les enfants au centre des préoccupations

Parce que les guerres et les conflits affectent les femmes et les filles d’une manière disproportionnée, les casques bleus de sexe féminin sont bien placés pour protéger leurs droits et les aider à se reconstruire. Face à la domination masculine dans certaines régions en crise, elles sont de véritables modèles pour les femmes qui n’osent pas s’impliquer dans les processus de paix et préfèrent laisser les hommes prendre les devants. Elles les encouragent à s’affirmer et à réclamer leurs droits. Durant la période d’après-guerre, elles orientent les femmes combattantes ayant servi dans les groupes armés dans le processus de réinsertion afin qu’elles puissent s’intégrer à nouveau dans la société, retrouver leur autonomie et avoir une assistance matérielle. Elles sont mieux placées pour comprendre leurs préoccupations et pour défendre leurs intérêts durant le processus de démobilisation.

L’apport des femmes casques bleus est également d’une grande importance face aux femmes ayant subi des viols ou ayant été traitées comme des esclaves sexuelles durant la guerre. Elles sont chargées d’interroger celles qui souhaitent se confier sur les bavures sexistes dont elles ont été victimes. La présence des femmes dans les troupes de l’ONU créer également un environnement sûr qui encourage les femmes à avoir moins peur et à s’exprimer. Le personnel féminin des casques bleus travaille aussi à ce que ces femmes fragilisées puissent bénéficier d’un appui psychologique. Les femmes soldats onusiennes se préoccupent aussi de la situation des enfant en sécurisant cette frange de la population vulnérable en temps de conflits et en leur apportant une aide médicale.

Des actrices majeures dans la consolidation de la paix

Pendant les processus de paix lors des missions de l’ONU, la présence des femmes apaise les tensions et favorise le dialogue avec les différents acteurs impliqués dans la guerre. Elles sont de ce fait, des agents actifs lors des pourparlers de paix engagés durant les conflits armés. La résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité de l’ONU reconnait  les terribles conséquences des conflits armés sur les femmes et les filles, raison pour laquelle elles  souligne le rôle majeur que peuvent jouer les femmes dans la prévention et la résolution des conflits ainsi que dans  la consolidation de la paix. L’ONU pour cela travaille afin d’assurer aux femmes enrôlées dans les rangs de ses troupes une meilleure formation dans le domaine du maintien de la paix et les encourage à s’impliquer dans la société civile et à mieux gérer la question des genres lors des accords de cessez-le feu , les processus de désarmement,  démobilisation et réintégration et la prévention des conflits. Leur implication accrue permet de prendre en compte les priorités et les besoins des femmes et des filles lors des opérations de maintien de la paix. Considérées comme des modèles elles encouragent la participation de la gent féminine aux affaires politiques ainsi que leur implication lors des processus électoraux.

Le nombre de femmes intégrées dans les forces de l’ONU a progressé ces dernières années.  Elles représentent aujourd’hui 5% des troupes et 8% des contingents de police. Si leur rôle et la valeur ajoutée qu’elles apportent est selon le conseil de sécurité de l’ONU incroyable, beaucoup reste à faire afin que les Etats contributeurs assument leur responsabilité en garantissant une meilleure féminisation des contingents impliqués dans les opérations de maintien de la paix. La participation des femmes soldats n’étant uniquement pas qu’une affaire de quotas, leur implication qui est vivement recommandée lors des processus de paix devrait davantage se ressentir.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image/illustration

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