Association for Free Research and International Cooperation

Football Africain : dans l’enfer du paiement des primes en Équipe nationale

25.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
Si le football était une langue, tous seraient unanimes pour dire que ce sport serait la langue le plus parlée en Afrique. Les africains, pour la plus grande majorité, sont toujours fiers quand il s’agit du football et de la représentation de leurs équipes nationales. En 1990 par exemple, l’équipe nationale de football du Cameroun avait été la plus grande fierté du continent au mondial organisé en Italie en disputant le tout premier quart de finale de coupe du monde pour un pays africain. Elle avait alors plongé tout le continent dans une extase inouïe qui jusqu’aujourd’hui traîne encore avec elle une grande côte de popularité. En 2002 et 2010, c’était successivement au tour Sénégal et du Ghana de faire conjuguer la même langue à tout le continent après les quarts de finale disputés respectivement contre la Turquie et l’Uruguay.

Comment comprendre alors que malgré tout ce que le football africain peut drainer de positif, on soit toujours en train de lutter contre l’épineuse question du non-paiement ou du paiement tronqué des primes de participations des joueurs à des compétitions continentales ou mondiales ? Le manque de vision prospective de nos dirigeants ou encore la mauvaise organisation de notre football ont toujours eu une place de choix à cet effet. On se souvient tous de cette scène ahurissante des joueurs de l’équipe nationale du Cameroun trimballant partout avec eux des valises remplies de cash lors de la coupe du monde 2014 au Brésil comme prime de participation après le bras de fer engagé avec la fédération ou encore de la scène surréaliste de la disparition de certaines primes des éléphants de la Côte d’Ivoire lors de la CAN 2015.

Avec la première Coupe d’Afrique des Nations à 24 organisée en Egypte,  plus personne ne pensait que cette question douloureuse qui avait déjà affecté de grandes nations du football comme le Togo, la Côte d’Ivoire, le Ghana ou encore la Nigéria pouvait à nouveau faire surface. C’était sans compter sur les équipes nationales du Cameroun, malgré toute son expérience et ses multiples participations à des compétitions africaines et du Zimbabwe, qualifiée pour la 4e fois dans la compétition après les participations de 2004, 2006 et 2017.

Place à l’amateurisme et à la prévarication

Le dilemme des primes n’a jamais disparu de l’ordre du jour des fédérations africaines. A la veille de certaines compétitions, de la Côte d’Ivoire au Sénégal ou du Nigéria au Cameroun, plusieurs fédérations se sont coltinées ce problème. Hors, pour chaque qualification à une compétition,  l’instance organisationnelle verse aux différentes fédérations d’équipes qualifiées une prime de qualification. C’est cette prime le plus souvent, plus la prime top sponsor versée par les équipementiers qui servent généralement à désintéresser les joueurs et les différents membres du staff de leur prime de participation. Sauf que l’amateurisme et le caractère de prévarication entraînent souvent certaines fédérations à retarder l’échéance de désintéressement jusqu’à la veille de la compétition ; ce qui dans certains cas a laissé naître des brouilles entre les joueurs, les fédérations et parfois aussi les gouvernements.

L’amateurisme dans la préparation des compétitions et le caractère prévaricatif des dirigeants qui animent le continent fait ressortir aux yeux du monde tous les déboires de la mauvaise organisation du football africain. Pour la CAN Egypte 2019, Pendant que certaines fédérations comme celle du Bénin, qualifiée pour sa première participation à une CAN depuis 9 ans, ont su gérer habilement le problème des primes à allouer à leurs joueurs de telle enseigne que les chiffres étaient connus de tous bien des jours à l’avance, d’autres fédérations elles, continuaient de jouer au chat et la souris avec les primes des joueurs et n’ont attendu que les dernières minutes pour dévoiler le montant à allouer aux joueurs. Cette situation constante donne l’impression que rien ne veut être fait comme il faut.

Pour le cas de la CAN Total 2019, deux cas de figures constatant l’amateurisme lié aux problèmes des primes des dirigeants ont été descellés. Le cas du Cameroun où les joueurs ont d’abord refusé de prendre le départ pour l’Egypte tant que leurs réclamations ventilées à hauteur 40 millions ne seraient pas satisfaites alors que la fédération leur proposait plutôt 20 millions et celui du Zimbabwe où les joueurs ont menacé de ne pas disputer leur premier match, boudant même leur entraînement de veille de match si leurs primes n’étaient pas payées.

On se demande encore comment un pays comme le Cameroun peut à nouveau se retrouver dans cette situation pourtant les jurisprudences en sa défaveur dans le domaine sont légions. On se souvient que pour les coupes du monde 2002 au Japon, 2014 au Brésil et la CAN 2017 au Gabon,  la sélection avait déjà eu des problèmes de primes. Très récemment encore ce sont les lionnes indomptables du Cameroun qui ont eu maille à pâtir  avec leur fédération. Là où les joueuses réclamaient 50 millions pour pouvoir prendre part à la coupe du monde organisée en France, la fédération ne leur en offrait que 15 millions.

Que disent les statuts de la FIFA et de la CAF?

Le sempiternel problème lié aux primes trouve pourtant un encadrement bien règlementé dans les textes de la FIFA et de la CAF. Ceux-ci prévoient notamment que les primes de joueurs doivent être fixées trois mois à l’avance pour ce qui concerne la coupe d’Afrique des nations et 6 mois à l’avance quand il s’agit de la coupe du monde. Pourtant certaines nations africaines ont toujours fait fi de ces dispositions sans jamais pouvoir être inquiétées ou sanctionnées par les instances du football mondial.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image :google image/illustration

To view full news and leave comments you must be logged in. Please join the community