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Qui succèdera à Mohamed Ould Abdel Aziz à la tête de la Mauritanie ?

23.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
Plus d’un million et demi de Mauritaniens élisent leur nouveau président. Un éventuel deuxième tour est prévu début juillet . Les Mauritaniens se sont  rendus aux urnes ce samedi pour désigner le successeur du président Mohamed Ould Abdel Aziz au pouvoir depuis 11 ans. Il ne peut plus se représenter selon la constitution du pays et devra donc quitter le pouvoir au mois d’aout prochain.

La Cour constitutionnel a validé les six dossiers de candidatures déposés.  Parmi ces prétendants, un fait figure de grand favori et selon beaucoup d’observateurs, il sera très certainement élu. Il s’agit du général Ould Ghazaouani très proche du président sortant.  Cet ancien militaire qui a d’ailleurs participé au coup d’État ayant porté le président actuel au pouvoir en 2008 défendra les couleurs de l’Union pour la république (UPR), le parti présidentiel. Âgé de 62 ans, Ould Ghazaouni a fait toute sa carrière au sein de l’armée et se voit attribuer en grande partie la stabilité en matière de sécurité dont jouit le pays contrairement à ses voisins. C’est à l’académie militaire de Meknes au Maroc qu’il rencontrera celui dont il est le dauphin aujourd’hui. Ses adversaires lui reprochent d’ailleurs d’être une marionnette du président sortant.

Les autres prétendants au pouvoir 

Face donc au dauphin désigné de Ould Abdel Aziz, 5 autres candidats. D’abord celui qui fut chef du gouvernement de transition entre 2005 et 2007, Sidi Mohamed Ould Boubacar. Il est soutenu par la principale force de l’opposition le parti islamiste Tewassoul et d’autres petits partis autour d’une coalition. Sidi Mohamed Ould Boubacar, lui aussi 62 ans , apparait comme le plus expérimenté des autres candidats. En plus d’avoir été chef de gouvernement à deux reprises, il fut ministre des finances et plusieurs fois ambassadeurs en France, en Égypte et aux États Unis. Pour Sidi Mohamed Ould Boubacar, il est impossible que le candidat du pouvoir remporte cette élection. « Je reviens d’un long périple, j’ai vu que les Mauritaniens ont soif de changement, surtout les jeunes. Donc, si les élections sont transparentes, il ne sera pas possible pour un candidat du régime d’obtenir la confiance des populations. Je dénoncerai toutes les fraudes et tous les vices qui viseront à confisquer leur vote » dit-il.

Le militant anti esclavagiste Biram Ould Dah Abeid arrivé deuxième lors de la dernière présidentielle tente à nouveau sa chance. Très engagé pour la cause des descendants d’esclaves dont il est issu lui-même, il a été emprisonné à plusieurs reprises pour ses prises de positions virulentes à l’égard des autorités.

L’Union des forces du progrès (UFP) sera defendu par son chef Mohamed Ould Mouloud. Ce dernier bénéficie du soutien de l’opposant historique Ahmed Ould Daddah leader du Rassemblement des forces démocratiques (RFD). S’il est élu, Mohamed Ould Mouloud entend tout faire différemment que le président actuel. « D’abord, il faut établir des priorités, telles que la lutte contre la pauvreté, l’accès à l’eau, la jeunesse, la santé, l’éducation, l’élimination des obstacles à la cohésion nationale, l’abattement des barrières de castes ou encore l’éradication de l’esclavage. La différence entre ce pouvoir militaire et moi, c’est la vision : il n’en a pas et ne cherche pas à en avoir. » déclarait-il dans une interview à Jeune Afrique.

Enfin les deux autres candidats en lice sont le journaliste Hamidou Kane et Mohamed Lemine El Mourteji El Wavi un cadre de la finance mauritanienne.

La Ceni cible des critiques

Le discours rassurant de la Commission électorale au sujet de son indépendance et de sa capacité à organiser un vote transparent ne conviant pas l’opposition. Les cinq candidats de l’opposition accusent la Ceni d’être sous les ordres du pouvoir. Ils soupçonnent le gouvernement de préparer un hold up électoral en faveur du candidat Ould Ghazaouani. « La composition de la CENI est illégale parce qu’elle est déséquilibrée, et l’écrasante majorité des membres sont des soutiens du parti au pouvoir », a déclaré l’opposant Sidi Oul Boubacar à la BBC. Il ajoute aussi que « le refus du pouvoir d’inviter des observateurs internationaux, y compris l’Union européenne, dénote également un manque de transparence, une volonté de fraude ». En clair, pour les opposants Mauritaniens une victoire du candidat au pouvoir ne sera que la preuve d’une Ceni à la solde des autorités.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image/illustration

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