Association for Free Research and International Cooperation

Ghana / Côte d’Ivoire : La vente du cacao suspendue jusqu’en 2020

19.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
Telle est la décision qui ressort des deux jours de réunion, tenue les 11 et 12 juin dernier à Abidjan entre producteurs, négociateurs et responsables politiques.

Selon Joseph Boahen Aidoo, directeur général du Ghana Cocoa Board, le prix du cacao dépend des revendeurs depuis des années. Aujourd’hui, le coût revendiqué est de 2600 dollars soit  1 .526.000 Fcfa la tonne. Sauf que sur 100 milliards de dollars que représente le marché mondial du chocolat, seulement 6 milliards reviennent aux agriculteurs. Un partage qui indigne le vice-président Ghanéen Mahamudu Bawumia et le qualifie d’ailleurs d’absurde. Ce prix a été approuvé sur le principe par les participants-producteurs et négociants, a précisé Joseph Boahen Aidoo.

C’est que le précieux sésame brun qui représente effectivement 10% du PIB de la Côte d’Ivoire, est à peine moins pour le Ghana. Il est à noter que les prix ne sont suspendus que pour la période de négociation. Toutefois, une flambée des coûts serait nécessaire. En cause, d’après l’analyste spécialisée sur le cacao à Commodafrica à Paris, « on se trouve devant une demande mondiale forte alors que l’offre Ivoirienne pour la campagne prochaine est hésitante. On ne sait pas trop s’il ne va pas y avoir une baisse de production due à la sécheresse sur la campagne principale », a-t-elle tenu à expliquer.

Certes à l’heure actuelle, le carquois est encore plein de cacao pour répondre à la demande. Mais compte tenu du temps de suspens qui sera d’un an, il sera fort probable que les prix rechutent, fustige Casper Burgering, analyste matières premières pour Abn, Amro, approché par l’Afp.

Il faut également souligner que cette réunion a participé à l’augmentation du prix du cacao, qui a malheureusement atteint mercredi dernier 2.552 dollars en tonne à New York aux Etats Unis. Mais elle pourrait être temporaire comme le rassure Casper Burgering.

Pour ainsi inverser la courbe, les deux grands producteurs de cacao ont pris la ferme résolution de suspendre la vente des récoltes de 2020/2021 jusqu’à nouvel avis, afin de mettre cette mesure en application. Autant de tractations et d’échanges qui ont motivé Joseph Boahen Aidoo à saluer cette concertation et de la voir sous un prisme historique.

Equité dans les transactions 

Contrairement aux opinions venues d’horizons diverses, l’organisation internationale du Cacao (Icco), par le biais de Michel Arrion, directeur exécutif de l’instance faitière indique que le consensus a été mis en place pour insinuer que les prix du cacao sont relativement bas. Et depuis trente ans, le prix en dollars a été divisé en quatre. La Côte d’Ivoire est la victime concrète de cette baisse. Et en marge de la rencontre, Yves Koné, a expliqué qu’il s’agit ici « d’obtenir des industries et des autres partenaires de la filière, un prix qui puisse rémunérer le travail de l’homme décemment ». Et quand les prix oscillent, les conditions de vie suivent. Du coup, si le prix revendiqué n’est pas respecté, les producteurs ne bénéficieront pas de leur labeur.

C’est pour cette raison que les deux gouvernements se sont mis d’accord pour palier à l’injustice à laquelle les agriculteurs sont confrontés au quotidien, eux les principaux récipiendaires de cette matière première et dont les pays pays importateurs dépendent du fruit du travail de leurs mains.

En rappel, le Ghana et la Côte d’Ivoire sont les principales sources de production et  d’approvisionnement en terme de matières premières à l’instar du cacao sur toute la planète. Le cacao qui est premier revenu et qui fait couler beaucoup d’encre et de salive est la fève de cacaoyer qui après broyage se transforme en poudre. Cette opération permet également d’extraire la graisse que l’on appelle beurre de cacao. La pâte de cacao quant à elle est produite à partir de fèves de cacao fermentées et torréfiées. C’est elle qui est à la base du chocolat.

Par ailleurs pour ses aspects positifs surtout, le beurre de cacao contient de la vitamine E qui possède des effets antioxydants. De plus, il peut aussi nourrir la peau précisément les lèvres et stimule la synthèse du collagène redonnant élasticité et tonus à la peau. Les produits cosmétiques tels que les crèmes, les laits de toilette, ne sont pas de trop.

Pour les gourmands, on peut confectionner des plaques ou de confiseries de chocolat blanc, noir et bien d’autres. Au regard donc de toutes ces vertus ci énumérées, et pour augmenter l’hégémonie de leur économie voire leur émergence, «  Un juste prix des fèves de cacao serait une grande aide pour accompagner les financements de l’Etat pour l’avancement infrastructurel par ricochet urbain des zones rurales et pour améliorer leur condition vie », dixit Mahamudu Bawumia.  Ainsi pour plus d’équité, le Ghana et la Côte d’Ivoire vont procéder à des élections en 2020. En prélude, une seconde concertation est prévue pour le 3 juillet prochain à Abidjan pour une mise en application de ladite mesure.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image/illustration

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