Association for Free Research and International Cooperation

Les droits de l’enfant africain bafoués dans des contextes de crise

18.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
L’enfant est une source de richesse dont dépend l’avenir d’une nation. Célébré chaque 16 Juin, l’enfant africain une fois de plus, a été au centre de toutes les attentions avec l’organisation sur le continent, de multiple activités permettant d’examiner de près les problèmes qui entravent son avenir et rendent difficile sont épanouissement dans la société. Si l’enfant africain est célébré chaque 16 juin, l’évènement lié à cette commémoration n’est guère réjouissant. Le 16 Juin 1976, un massacre perpétré à Soweto par le régime de l’apartheid coutaient la vie à une centaine d’élèves noirs mobilisés avec leurs camarades pour réclamer de meilleurs conditions d’éducation sans discrimination raciale. En hommage à ce drame qui révolta tout le continent, l’Organisation de l’unité africaine précurseur de l’UA, décida de faire de chaque 16 juin, la journée commémorative de l’enfant africain pour saluer le courage de ces élèves et attirer l’attention sur les conditions de vie des jeunes africains.

Un thème autour des enfants en situation de conflit

Vingt-huit ans après les évènements tragiques de Soweto, les conditions de l’enfant africain sont toujours à plaindre. Dans de nombreux pays du continent, c’est l’occasion pour les gouvernements de réévaluer la place de l’enfant dans les politiques mises sur pied et considérer les problèmes liés à l’enfance et à la jeunesse. L’Union africaine cette année, a choisi pour thème, « L’action humanitaire en Afrique : les droits de l’enfant avant tout ». L’instance panafricaine reconnaît par-là, les graves conséquences des tensions politiques, des conflits armés, des crises humanitaires et catastrophes naturelles qui affectent le devenir des enfants. L’UA a surtout voulu insister cette année sur une meilleure prise en compte des droits des enfants dans un continent qui connait une recrudescence de combats.

Plusieurs pays africains en conflit font face à une situation humanitaire préoccupante. Les enfants dans ces zones, font partie des victimes les plus vulnérables. Même si de nombreuse actions sont entreprises par l’UNICEF et des ONG pour voler à leur secours, les règles de la guerre violées leur causent du tort. Dans ces pays en guerre, les lois et les traités internationaux sont bafouées par les forces militaires qui en plus de faire usage d’armes chimiques et explosives, commettent des viols en toute impunité.

L’ONG Save the Children engagée dans une vaste campagne de sensibilisation sur le respect des droits de l’enfant a d’ailleurs dressé une liste de pays au monde où il est difficile d’être un enfant. Dans cette liste on retrouve des pays africains tels que la Centrafrique, la République démocratique du Congo, le Mali, le Nigeria et la Somalie. En manque de pédiatres, de soins médicaux adéquats et d’assistance humanitaire, les enfants en bas âge dans ces pays sont exposés à la mort et à la malnutrition aiguë. Ceux en âges pubères sont de potentiels candidats au recrutement forcé par les groupes armés lorsqu’ils ne sont pas victimes de meurtres. Les jeunes filles également ciblées par les groupes armés sont souvent réduites à l’esclavage sexuel.

A cela s’ajoutent les nombreuses attaques perpétrées sur les écoles qui entrainent la déscolarisation des enfants. Au Mali, la crise sécuritaire a occasionné la fermeture de 954 écoles et contrainte plus de 200 000 enfants à rester à la maison. Au Cameroun, la crise anglophone qui secoue les régions du sud-ouest et du Nord-Ouest n’a pas épargné les enfants. Selon le ministère de l’Education de base, près de 6.500 enfants vivant auparavant dans ces régions sont des déplacés internes. Mais face à leurs désarrois, les enfants en Afrique peuvent compter sur la bonne volonté des premières dames dont plusieurs sont engagées dans des œuvres caritatives.

Les premières dames, de véritables marraines 

En Afrique plusieurs premières dames sont engagées dans l’humanitaire. Multipliant des œuvres caritatives en faveur des enfants défavorisés elles contribuent à leur manière à leur redonner le sourire. En Guinée équatoriale, la Première dame, Mme Constancia Mangue de Obiang, présidente nationale de la Commission des droits de l’enfant dans son pays, a lors de la commémoration de la journée de l’enfant africain, réitérer les efforts entrepris par le gouvernement afin que cette année, puisse être inauguré en Guinée équatoriale, le premier Parlement des enfants.

Au Nigeria en marge des commémorations de cette journée, la Première Dame Mme Aisha Buhari a invité certaines de ses consœurs africaines dont la première dame du Tchad Inda Deby Itno, celle du Ghana Rebecca Akufo-Ado, de la Gambie Fatoumata Bah et du Niger, Lala Malika Issoufou pour l’inauguration à Yola, la capitale de l’Etat d’Adamawa, d’un complexe de maternité ultramoderne. Doté d’équipements hospitaliers aux standards internationaux, ce centre dont la construction a couté près de 11 milliards de Naira devra contribuer à réduire considérablement le taux de mortalité maternelle et infantile dans cet Etat. Les premières dames d’Afrique présentes en terre nigériane ont également pris part dans cet Etat, au lancement du programme « autonomisation de 2000 femmes et jeunes ». Au programme figurait également le lancement de l’initiative écoles vertes destinée à encourager les populations à protéger l’environnement tout en comptant sur la jeunesse. Cette série d’inaugurations, illustre l’engagement de la first lady du Nigeria, pour l’amélioration des conditions de vie des femmes et des enfants.

N’Djamena, la capitale de l’enfant africain

N’Djamena la capitale tchadienne a été choisie cette année par l’Union africaine pour abriter la commémoration continentale de la journée internationale de l’enfant africain. Au palais du 15 janvier où de nombreuse personnalités se sont réunies, dont la première dame Inda Deby Itno, les officiels sont revenus sur les différentes activités initiées dans le cadre de cet évènement notamment la formation organisée en faveur des enfants ressortissants de la RDC du Congo, du Soudan, du Tchad et de la RCA. Les participants ont également reçu des enseignements au sujet de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Leur implication à abouti au terme de cette cérémonie, à une déclaration publique pour une meilleure valorisation des droits des enfants dans un contexte marqué par l’aggravation des conflits. La Directrice des affaires sociales de l’Union africaine, Mme Cissé Mariama a lors de sa prise de parole interpellé la communauté internationale pour une meilleure prise en compte des mesures de protection des enfants vivant en situations de crise.

Selon l’UNICEF, un enfant sur quatre dans le monde, vit dans les pays en proie aux crises humanitaires, ce qui occasionne des atteintes à leurs droits. Sur le continent noir avec la célébration de la journée de l’enfant africain, le drame de Soweto cesse d’être un évènement qui renvoie à la rancœur pour devenir l’opportunité de délivrer des messages d’espoir, d’amour et de paix afin que nos sociétés prennent en compte les droits de l’enfant.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image/illustration

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