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Le Niger au Conseil de sécurité des Nations Unies

17.06.2019
Le Niger occupe depuis le 8 juin dernier un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies et va abriter le prochain sommet de l’Union africaine. Alors que se profile l’élection présidentielle de 2021 sans l’actuel président, le pays continue de lutter contre le terrorisme

Il est bien loin le temps où le Niger s’illustrait sur la scène internationale par les coups d’État à répétition. Pour la deuxième fois de son histoire, le pays va siéger au conseil de sécurité des Nations Unies au titre de l’Afrique ; la première était de 1980- 1981. Pour cette deuxième élection, Niamey a obtenu 191 voix sur 193 pour représenter la zone Afrique. La candidature du Niger était d’ailleurs soutenue par l’Union Africaine. Le représentant du Niger aux Nations Unies Abdallah Wafy s’est réjoui de cette élection en parlant de plébiscite pour son pays. Le ministre nigérien des Affaires Étrangères a affirmé de son côté que son pays défendra les intérêts internationaux en mettant l’accent sur les questions régionales qui selon lui ont un impact sur le Niger.  « L’engagement du Niger aux côtés des autres Nations du monde est unanimement reconnu. L’accession du Niger au conseil de sécurité en qualité de membre non permanent permettra de consolider ses acquis et de faire avancer les préoccupations spécifiques à l’Afrique et au reste du monde affecté par des situations défavorables à leur épanouissement économique et social », a déclaré le chef de la diplomatie nigérienne Kalla Hanhouraou.

En plus de cette élection, le Niger va accueillir au mois de juillet le nouveau format du sommet de l’UA baptisé « sommet de coordination ». A Niamey la capitale, les réunions préparatoires de ce sommet se multiplient déjà et les rues commencent à être nettoyées selon l’Agence nigérienne de presse.

De nouvelles élections en 2021

Les grandes manœuvres pour la présidentielle de 2021 à laquelle ne participera pas le président actuel Mahamadou Issoufou ont déjà commencé. En effet, l’actuel président va se retirer en raison de la limitation des mandats. Son parti le PNDS (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme) a désigné l’actuel ministre de l’intérieur Mohamed Bazoum comme candidat pour la course à la présidentielle.

En janvier dernier, le nouveau code électoral a été adopté par le Conseil national du dialogue politique sans l’opposition. Les opposants nigériens avaient boycotté la réunion ayant débouchée sur cette adoption. Ils avaient conditionné leur participation à cette réunion par la « reprise du dialogue et la création d’un climat apaisé à l’organisation d’un dialogue inclusif en présence des témoins nationaux et internationaux, à la mise en place d’un dispositif de suivi des décisions du dialogue et à l’adoption d’un code électoral consensuel ». Le nouveau code électoral disqualifie le principal opposant Hama Amadou arrivé deuxième lors de la présidentielle de 2016. En effet l’article 8 du nouveau code interdit de candidature toute personne ayant fait l’objet d’une condamnation or Hama Amadou aujourd’hui en exil a été condamné à un an de prison dans le cadre d’une affaire de trafic de bébé. Le Candidat du PNDS au pouvoir a un boulevard devant lui pour être élu en 2021. Sauf énorme surprise donc, le prochain président nigérien sera Mohamed Bazoum.

La secte Boko Haram toujours active

L’armée nigérienne mène depuis plusieurs années des opérations aériennes et terrestres contre les islamistes de Boko Haram qui sévissent dans les zones marécageuses du Lac Tchad. Ces islamistes lancent régulièrement des assauts contre les positions des soldats nigériennes mais aussi des attaques contre les civils. Selon le Bureau des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha), rien que pour le mois de mars, « vingt-et-une attaque contre des civils et les forces militaires ont été enregistrées dans la région avec un bilan de 88 morts parmi les civils ». Ces attaques ont provoqué « un mouvement de 18.480 personnes en direction de la ville de Diffa (capitale régionale) et quelques grands villages », souligne Ocha. Au mois d’avril dernier, un camp de la gendarmerie de la ville de Diffa près de la frontière avec le Nigeria a été attaquée par des combattants appartenant toujours à Boko Haram. Dans sa lutte contre les islamistes, Niamey bénéficie d’un important soutien américain. En effet début février les États-Unis ont offert au Niger un bâtiment abritant une base de communication et de transmissions militaires d’une valeur de 16,5 millions de dollars. Auparavant, Les États-Unis avaient déjà offert au Niger deux avions de type Cessna C-208 pour surveiller son vaste territoire, ainsi que des véhicules blindés de transport de troupes et des petits bateaux à moteur. Aussi la ville nigérienne de Agadez dans le nord abrite une grande base de drones construite par les américains pour une surveillance accrue des activités des terroristes. Le Niger fait partie également de la force du G5 Sahel destinée à lutter contre le terrorisme dans la région.

Article de la rédaction AFRIC.

Crédit image/google images

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