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Gabon : Ali Bongo un comeback remarquable sur la scène politique

15.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
Comme un phénix qui renait de ses cendres, le président gabonais Ali Bongo fait un comeback remarquable dans la vie politique de son pays. Rare depuis son accident vasculaire du 24 octobre dernier en Arabie saoudite, le chef de l’Etat multiplie ces derniers temps des entretiens avec ses homologues africains qui se succèdent au palais présidentiel du bord de mer pour s’enquérir personnellement de son état de santé. Son retour le 23 mars à Libreville après des mois passés à l’étranger pour convalescence, qui avait été qualifié de « définitif » semble de plus en plus une évidence.

Au soir du 08 Juin, date marquant les commémorations du 10e anniversaire du décès de son père, les gabonais ont eu droit à un discours qui annonce un ménage en profondeur au sein de la classe politique et qui en croire le chef de l’Etat, n’épargnera ni sa propre équipe gouvernementale encore moins les membres de l’opposition dont l’égocentrisme de certains est décrié.

Solidarité des chefs d’Etats africains

Ali Bongo qui continue de faire face à la pression exercée par certains leaders de l’opposition favorables à une vacance du pouvoir devant ouvrir la voie à sa succession, n’est pour autant pas lâché par ses pairs africains. Loin des grincements de dents de ses adversaires qui jettent du discrédit sur ses capacités à gouverner le Gabon, le palais présidentiel du bord de mer connait depuis un mois un véritable balai diplomatique ouvert le 07 mai par le président togolais Faure Gnassingbé. Le chef de l’Etat togolais qui a évoqué des questions de sécurité sous régionale avec son homologue gabonais, au sortir de cet entretien s’est dit soulagé et rassuré de l’avoir trouvé en forme. Un discours optimiste qui se rapproche des remarques également faites par Alassane Ouattara, Macky Sall, Paul Kagamé et Felix Tshisekedi qui se sont succédés auprès de celui qu’ils qualifient tous de « frère et ami ». D’autres présidents à l’instar d’Idriss Deby Itno, Theodoro Obiang Nguema Mbasogo, Ibrahim Boubacar Keïta, Denis Sassou Nguesso et Faustin Archange Touadera ont profité des commémorations du 10e anniversaire de la mort d’Omar Bongo Ondimba pour exprimer leur soutien au president toujours convalescent.

Ali Bongo qui n’a pas pris de parole en public durant ces festivités, a réservé le meilleur pour la fin en livrant dans la soirée un discours à la nation transmis sur les ondes de la télévision nationale. Cette allocution, la deuxième depuis celle du 31 décembre 2018 à Rabat au Maroc sonne la fin de la recréation et un retour aux valeurs républicaines.

Menaces de sanctions et remaniement en cours

Au Gabon, ceux qui réclamaient un discours du president de la république pour évaluer sa capacité à diriger le pays ont été servi au soir des commémorations du 10e anniversaire du décès d’Omar Bongo. Cette prise de parole public de 08 minutes qui intervient après six moi d’absences a été l’occasion pour Ali Bongo de revenir sur sa maladie, une période qu’il a qualifié de difficile mais aussi sur sa détermination à poursuivre ses aspirations et en finir avec la corruption, la mauvaise gestion et la mauvaise gouvernance qui gangrènent les institutions du pays. Le président qui n’a pas oublié de rendre hommage à son père dont il a salué le pragmatisme et la ténacité a également annoncé un remaniement ministériel en cours dont l’objectif sera de constituer une nouvelle équipe « plus restreint, constitué d’hommes et de femmes qui vivent la chose publique comme un sacerdoce, prêts à donner la priorité́ a l’intérêt général, et capables de faire preuve d’exemplarité́, de probité́, d’éthique ».

Par cette annonce Ali Bongo reste sur sa logique. Celle de sonner le glas de l’impunité qui a régné au sein du gouvernement durant sa longue absence. Un premier balayage depuis son retour a d’ailleurs occasionné la chute il y a deux semaines du vice-président Pierre Claver Maganga Moussavou et du ministre des Forêts Guy Bertrand Mapangou impliqués dans le scandale du trafic du Kevazingo, un bois précieux.

Les remontrances du president gabonais contre l’incivilité au sein de la classe politique n’ont pas épargné l’opposition. Qualifiant certains adversaires politiques de personnes égoïstes focalisées sur leurs carrières et leurs enrichissements personnels au détriment du bien de la population, il a promis une riposte d’envergure pour faire taire leur désir de nuisance. Si du côté de sa formation politique on applaudit cette prise de parole du « chef » qui prouve qu’il reste le capitaine du bateau, du côté de l’opposition l’on martèle qu’il faut bien plus qu’un discours de huit minutes pour rassurer le peuple après huit mois d’absence.

Le silence du president Ali Bongo après l’AVC dont il a été victime à Ryad avait a suscité de vives tensions au sein de la classe politique gabonaise. L’opposition qui réclamait à maintes reprises que soit proclamée la vacance du pourvoir conformément à l’article 13 de la constitution, s’était heurtée au refus catégorique de la cour constitutionnelle qui avait plutôt opté pour un Transfer de certains pouvoirs du chef de l’Etat au vice-président et au premier ministre. De retour au pays pour restaurer son autorité contestée Ali Bongo a revêtu ses armures de chef. Ceux qui en son absence ont commandité des coups d’Etats, multiplié des discours de haine à son égard et incité le peuple à la révolte n’ont qu’à bien se tenir !

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image/illustration

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