Association for Free Research and International Cooperation

Le phénomène grandissant de l’anorexie sexuelle

14.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
L’exercice de certains métiers contraint parfois certaines personnes à faire d’énormes sacrifices sur le plan nutritionnel. Le cas le plus patent est l’exemple du mannequinat où l’on observe qu’il faut avoir le plus souvent un poids très limité pour pouvoir se faire une place dans la profession. Dans cette optique, certaines personnes font alors délibérément le choix d’être sous alimentées au point de parfois développer une maladie connue sous le nom de l’anorexie. Connu comme le refus actif ou passif de se nourrir, l’anorexie, au départ mentale, a développée des extensions dans d’autres domaines comme la sexualité au point où on parle aujourd’hui de la maladie d’anorexie sexuelle comme un phénomène de plus en plus grandissant dans le monde.

Encore connue sous le nom d’anaphrodisie ou de désir sexuel inhibé, l’anorexie sexuelle est un trouble du désir qui se caractérise par une absence d’intérêt pour la sexualité ou encore par une libido très faible chez un individu. Comprendre le phénomène de l’anorexie sexuelle n’est pas évident même si ses causes et caractéristiques sont connues et que des solutions de traitement existent désormais auprès de personnes spécialisées.

Comprendre le phénomène de l’anorexie sexuelle ?

Pour le Docteur Drew Pinsky, expert en dépendances, il s’agit bien d’une maladie car les gens qui ont des troubles de l’intimité ne supporte pas le contact physique et ont besoin d’être traités différemment. Mais, cette opinion est très controversée par d’autres médecins qui estiment que les hauts et les bas de la libido sont normaux et qu’il n’existe pas une telle maladie. Alors, pour trancher ces distensions entre le corps des médecins, des préalables aboutissant au diagnostic et à l’acceptation du phénomène comme maladie ont été fixés.

Pour que celle-ci soit diagnostiquée, les symptômes doivent avoir duré au moins 6 mois et ils doivent provoquer un mal être cliniquement significatif chez la personne souffrante. Ces critères de ce diagnostic sont connus et ils concernent un intérêt absent ou réduit pour l’activité sexuelle, des fantaisies et pensées sexuelles ou érotiques absentes ou réduites, un démarrage réduit ou absent de l’activité sexuelle et non-réception habituelle des tentatives du partenaire tendant à provoquer l’autre, une excitation ou un plaisir sexuel absent ou réduit et enfin des sensations génitales ou non génitales absentes ou réduites pendant l’activité sexuelle.

Généralement, sa fréquence varie en fonction de l’âge et de la gravité des symptômes. Les chiffres de progression  de la maladie ont été révélés dans une étude menée en 2008 par Nathalie Bajos et Michel Bozon. D’après eux, la maladie toucherait entre 1 à 3% des hommes de moins de 50 ans, contrairement à des chiffres de 8 à 13% chez des femmes du même âge. Et pour les personnes âgées de plus de 50 ans, ils varient de 2,5 à 15% chez les hommes contre 10 à 30% chez les femmes.

Qu’est ce qui peut causer une telle maladie ?

Pour les spécialistes comme le Docteur Ghislaine Paris, sexologue, la cause la plus connu de l’anorexie sexuelle est l’abus sexuel physique ou psychologique dans le passé. Les abus ont cette particularité qu’ils poussent parfois certaines personnes à se renfermer sur elles même tout en rejetant systématiquement toute approche du sexe opposé. Pour  les personnes victimes de cette maladie, l’acte sexuel est trop souvent perçu comme une torture au lieu d’être vécu comme un plaisir.

À côté des abus sexuels, le stress occupe également une place très importante dans les causes de l’anorexie sexuelle. Il peut déclencher des dysfonctionnements érectiles, l’impuissance ou encore l’anorgasmie. Il ne faut pas oublier les domaines religieux, politiques et cultures qui, peuvent attaquer directement la libre expression sexuelle au point de la réprimer. Cette répression se trouve pour certains cas dans l’éducation sexuelle non appropriée au cours de l’enfance ou de l’adolescence.

Comment en guérit-on ?

Pour sortir de ce phénomène névralgique qui affecte de plus en plus un nombre grandissant de personnes et qui met franchement en échec le monde de la médecine, des solutions de traitement basées sur l’individualisation, le relationnel, la découverte avec l’autre de son univers ont été élaborées. Les psychologues sont les personnes les plus indiquées pour apporter leur soutien au malade. Les sexologues ayant suivi une formation en psychologie peuvent également apporter leur concours à la résorption de la maladie, car dans la majeure partie des cas, elle provient d’abord d’un état psychologique, comme le traumatisme où les victimes se sentent le plus souvent écrasées par la culpabilité. Pour le Docteur Meunier, fondateur de l’association la Note Bleue, un travail doit être mené également avec une psychomotricienne pour faire retrouver à l’anorexique une image objective de son corps. Lors des journées thérapeutiques, des techniques mentales comme la méditation intérieure ou l’autohypnose sont enseignées pour lutter contre le refoulement des désirs sexuels. Il faut alors entamer une thérapie, même si après celle-ci certaines séquelles sont parfois visibles.

Les séquelles de l’anorexie sexuelle

Les séquelles peuvent se situer dans des reliquats de symptômes comprenant l’histoire personnelle de la personne atteinte mais aussi ses expériences de vie. Beaucoup de séquelles peuvent être réversibles à la guérison et d’autres malheureusement pas. Cela peut alors dépendre de beaucoup de facteurs comme l’âge d’entrée dans la maladie, la sévérité des troubles provoqués, le fonctionnement individuel de l’organisme du malade ou encore la durée de la maladie.

Chez les femmes par exemple, on peut observer des cas patents de séquelles comme la perte temporaire ou définitive des menstruations (règles). Ce cas touche dans une plus grande échelle les femmes au cycle irrégulier. Une autre séquelle est le risque d’entrée plus rapidement dans la ménopause qui correspond à la fin de la période reproductive de la femme, provoquant ainsi une incapacité de concevoir. Chez les hommes aussi on observe des cas de séquelles. Les plus connus d’entre eux sont les problèmes rénaux, les troubles métaboliques ou encore l’infertilité.

Article de la rédaction AFRIC

Credit image: google image/illustration

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