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Bénin : La santé de Boni YAYI sur la pente

13.06.2019
Article de la rédaction AFRIC
La santé de l’ancien président Thomas Boni YAYI est de plus en plus inquiétante d’après ses avocats qui étaient face à la presse le samedi 08 juin 2019 à Cotonou. Ils dénoncent entre autres l’assignation à résidence de leur client, et l’impossibilité de ce dernier à avoir accès à ses médecins ni à ses médicaments, mais également le blocus autour de son domicile par les forces de l’ordre.

Les avocats de l’ex président dénoncent le traitement affligé à leur client qui n’est pas un citoyen ordinaire. Notamment sur sa santé frêle. « Ce qu’il faudrait savoir, à la date d’aujourd’hui, Monsieur Yayi Boni, sa santé c’est sérieusement dégradé. Il a une tension de 17/10.Aujourd’hui ses médicaments sont épuisés. Tous les jours à partir de 4heure du matin, monsieur Yayi ne dort plus, la crise sciatique. Mais on ne se soucie  pas de ça et on dit il faut aller l’entendre » a pour sa part dévoilé Maitre Kota Atita l’un des avocats de l’ancien président.

En effet, le juge d’instruction a été dépêché par le régime en place, au domicile de l’ancien président le vendredi 7 juin pour une audition qui n’a eu lieu à cause de la dégradation de la santé de Boni Yayi. Il a par ailleurs obtenu les fiches de santé de ce dernier. Le jour suivant, les avocats de l’ancien président ont fait un examen détaillé de ses fiches de santé devant la presse. Une manière d’appeler à la conscience du pouvoir en place de lui rendre ses libertés et droits fondamentaux en tant que citoyen béninois atypique.

D’après Me Renaud Agbodjo, le certificat médical qui a été adressé en copie jointe au juge d’instruction, il est indiqué que l’ex président Thomas Boni Yayi, suivi par son médecin depuis plus de 4ans est porteur d’une lombosciatique hyper allergique actuellement en crise et invalidante. Une information censée être secrète mais donnée publiquement devant la presse béninoise.

Le domicile de Boni Yayi sous surveillance depuis près de deux mois

La résidence de l’ancien chef d’Etat béninois est sous garde constante des forces de l’ordre depuis plus d’un mois. Personne ne l’a vu depuis le 1er mai de l’année en cours. Il a depuis lors été en quelque sorte assigné à résidence. Mais aucun membre du gouvernement n’a fait mention de cela dans une communication officielle à la nation. Chose qui parait tout à fait illogique dans le système gouvernemental béninois qui est connu depuis toujours comme étant un « modèle » en termes de transition démocratique. Une situation qui laisse à s’interroger sur la position de la justice béninoise, comment qualifie-t-elle cette situation, ou est-elle sous les roues du maitre ?

Dans un Etat de droit comme le Bénin, le traitement affligé à Monsieur Yayi est perçu comme un règlement de comptes. Car pour sa personne, un ancien président qui a concédé le pouvoir et a décidé de vivre sa retraite politique dans son propre pays, ce traitement est inapproprié. Puisque personne ne durera éternellement au pouvoir, il sied pour l’actuel premier citoyen Béninois de prendre des mesures pour rendre n’office que la dignité et le respect dû à l’ancien président. Le péché mignon de Thomas Boni Yayi a été d’avoir tenu des écarts de langage à l’endroit du pouvoir en place. D’où une assignation à résidence lui a été infligée.

La justice béninoise est-elle instrumentalisée ?

La justice béninoise ne s’est toujours pas prononcée sur la situation de l’ancien président et on s’interroge pour comprendre si elle ne joue pas en faveur du pouvoir en place. Car pour un pays comme le Bénin qui prône la justice et la démocratie depuis des décennies, la situation actuelle du pays est catastrophique. Le système en place doit redonner à monsieur Yayi tous ses droits d’accès à la santé avant de passer à une quelconque procédure judiciaire, sinon un interrogatoire par un organe de la justice ou de la sécurité publique.

Aussi démocratique et sympa qu’il pouvait paraitre dès son arrivée au pouvoir, le président Patrice Talon se devrait de jouer les bonnes cartes afin d’éviter une situation dramatique comme cela a été le cas en République démocratique du Congo avec le premier président Joseph Kasavubu qui après une longue période d’assignation à résidence perdit la vie car il n’avait pas eu accès aux soins de santé. La justice pour sa part devrait être à la hauteur de sa mission et publier un rapport stipulant les raisons pour lesquels l’ancien président serait tenu de rester dans sa résidence sous surveillance des forces de l’ordre afin de sortir les pros Yayi de cette impasse.

La situation politique au Bénin

La situation socio-politique au Bénin s’est sérieusement dégradée du fait des élections législatives non inclusive du 28 avril dernier, et la crise post-électorale qui s’en ai suivie. Plusieurs organisations de la société civile ouest africaine donnent de la voix en appelant les acteurs politiques béninois à la retenue et interpellent la CEDEAO en vue de l’instauration d’un dialogue entre acteurs politiques au Bénin.

L’actuel président démocratiquement élu en 2016 pour un quinquennat promettait de révolutionner les choses positivement dès son arrivée à la tête de la magistrature suprême. Il avait aussi promis de faire un seul mandat unique. Tiendra-t-il ce bras de fer ?

Article de la rédaction AFRIC

Credit image : google image/illustration

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